ENTRETIEN. Aveux de Cédric Jubillar : "Je me suis dit 'encore faire des fouilles pour rien'"... Le maire de Mailhoc raconte le choc après la découverte d'ossements dans sa commune
l'essentiel Le secret que l'affaire Delphine Jubillar gardait depuis près de six ans a peut-être été levé. Ce jeudi 16 juillet, des ossements ont été découverts lors de fouilles menées sur la commune de Mailhoc (Tarn), un tournant majeur dans l'enquête sur la disparition de l'infirmière de Cagnac-les-Mines. Prévenu à l'aube par la gendarmerie, le maire Jean-Marc Escoutes raconte le choc d'une découverte qu'il n'aurait "jamais imaginée" dans son village. Encore bouleversé, il s'est livré.
Ce matin, jeudi matin, des fouilles menées sur votre commune ont permis d'exhumer les ossements de Delphine Jubillar. Quelle a été votre première réaction ?
Ce matin (hier, ndlr), quand la gendarmerie m'a téléphoné pour me dire qu'effectivement il y avait des fouilles engagées sur la commune de Mailhoc, je n'y ai pas cru. Je me suis dit qu'ils allaient encore faire des fouilles pour rien. J'étais loin de penser qu'on allait retrouver quelque chose sur la commune. Est-ce que c'est Delphine Jubillar ? Apparemment, oui. Mais maintenant, il faut attendre que les investigations soient effectuées. C'est vraiment une surprise totale.
Quel sentiment domine aujourd'hui ?
Si c'est vraiment la dépouille de Delphine, mes premières pensées vont d'abord à la famille. Je pense que, même si cela apporte un dénouement, ça doit quand même être un choc pour les proches. Moi, personnellement, je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens. C'est de la peine, de l'amertume. Aussi, j'aurais préféré qu'on ne parle pas de Mailhoc plutôt que d'en faire la publicité pour cette raison...
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Pourquoi cette découverte vous surprend-elle autant ?
Parce que ce n'est pas un lieu qui est loin de tout. Il y a la D600 à proximité. C'est une route où ça circule pas mal. C'est aussi un lieu où, chaque année, les chasseurs font des battues. Donc je ne comprends pas qu'il y ait une dépouille qui soit restée aussi longtemps sur notre commune sans que personne ne s'aperçoive de quoi que ce soit.
Les informations qui circulent évoquent un corps qui aurait été enfoui. Cela vous surprend également ?
Oui. Quand on connaît le plateau cordais, vous avez les champs, vous avez dix centimètres de terre et les rochers dessous. Alors, enfoui... je ne sais pas. Moi, je suis surpris, car il fallait pouvoir creuser quand même, surtout en hiver. Personnellement, je me demande comment il a trouvé ce lieu et comment il a eu l'idée de la mettre à cet endroit.
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Quand avez-vous été prévenu de ces fouilles ?
Entre 7 heures et 7 h 30 ce jeudi, j'ai reçu un coup de fil du commandant de la gendarmerie d'Albi. Il m'a dit : "Monsieur le maire, il va y avoir un peu de mouvement sur votre commune. On est en train de couper la circulation sur la D600 parce qu'il y a des fouilles qui vont être entreprises dans le cadre de l'affaire Jubillar."
Vous avez entendu parler d'une maison abandonnée...
Oui. Au milieu de ce champ, il y a une bâtisse sur un terrain agricole. C'est une maison qui n'est plus habitée depuis des dizaines d'années, peut-être même soixante ans. Était-elle là ? Je n'en sais rien.
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L'histoire de Delphine Jubillar sera désormais liée à votre commune. Un hommage pourrait-il y être rendu ?
Cette décision appartient à la famille. Je ne sais pas si la famille fera une demande. Après, si effectivement il y a une demande de sa part, on l'étudiera en conseil municipal.