ENTRETIEN. "Plus le délai d'apparition des symptômes est long, plus c'est dangereux" : gare aux intoxications et indigestions par les champignons cet automne
l'essentiel C'est bientôt la saison des champignons. Les cueillettes sauvages vont reprendre d'ici quelques semaines en Haute-Garonne. Attention, certaines espèces peuvent provoquer des troubles digestifs, d'autres entraîner de graves problématiques au foie et aux reins. Marieke Vansteelandt, enseignante-chercheuse au département des sciences pharmaceutiques de l'Université de Toulouse et présidente de l'Association de mycologie de Toulouse, rappelle les précautions essentielles.
La saison des champignons est lancée. Au moment de la cueillette et de la dégustation, il est essentiel de redoubler d'attention. Certaines espèces de champignons ne sont pas comestibles et présentent un réel danger. Marieke Vansteelandt, enseignante-chercheuse au département des sciences pharmaceutiques de l'université de Toulouse et présidente de l'association de mycologie de Toulouse, donne ces recommandations.
À quels risques s'expose-t-on avec les champignons ?
"Les risques sont très variables selon les espèces et la quantité. Certaines provoquent essentiellement des troubles digestifs, avec des douleurs abdominales, des vomissements ou des diarrhées. D'autres peuvent entraîner des intoxications beaucoup plus graves, notamment au niveau du foie. Le syndrome phalloïdien, le plus connu, peut aller jusqu'au décès. Une cinquantaine de grammes d'amanite phalloïde ingérés peut suffire à une intoxication mortelle. Il y a aussi des champignons considérés comme comestibles mais qui sont mal tolérés par certaines personnes.
Quels sont les bons réflexes à adopter ?
Tout d'abord, il est impératif de ramasser le champignon en entier. Cela permet de conserver tous les éléments nécessaires à l'identification. Je conseille également de les photographier, et j'insiste sur le fait de prendre en photo toute la récolte, avant de les cuisiner. Il est important de faire identifier l'ensemble et pas uniquement quelques champignons en pensant que les autres sont identiques. On peut se rapprocher des pharmaciens d'officine ou de sociétés de mycologie pour faire reconnaître la récolte. Par ailleurs, il ne faut jamais consommer un champignon simplement parce qu'il ressemble à un autre.
Que faire en cas de symptômes ?
Les premiers signes peuvent être des douleurs abdominales, des vomissements ou des diarrhées, dans les cas courants. Le délai d'apparition est particulièrement important : lorsqu'ils surviennent plusieurs heures après la consommation, au-delà de six heures, cela peut être le signe d'une intoxication grave. En cas de symptômes, il faut dans tous les cas contacter un centre antipoison. Ils pourront alors demander des photos et des éléments pour l'identification. En fonction de l'espèce et de l'état de la personne, le centre antipoison orientera la prise en charge. Dans la majorité des cas, la personne peut être placée sous surveillance chez elle. Les syndromes plus graves comme le phalloïdien, par exemple, nécessitent une hospitalisation et peuvent aller jusqu'à la transplantation.