Environnement. Financements, start-up d'État... ce que prévoit le gouvernement pour reconstruire les forêts

Environnement. Financements, start-up d'État... ce que prévoit le gouvernement pour reconstruire les forêts

À l’issue d’une réunion organisée avec les principaux acteurs du secteur ce vendredi, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté une feuille de route destinée à accélérer la restauration des forêts françaises.

Antoine Ajavon -

Aujourd’hui à 20:01

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Le chantier s’annonce colossal. Alors que les flammes continuent de ravager plusieurs massifs forestiers à travers la France, le gouvernement prépare déjà l’après avec un double objectif : reconstruire les forêts détruites et les adapter aux épisodes climatiques extrêmes. C’était l’objet d’une réunion entre les acteurs du secteur et la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, ce vendredi.

La première mesure phare annoncée à la suite de cette rencontre est la création d’une start-up d‘État dédiée à la forêt, dont la mission sera de mettre en relation entreprises, fondations, investisseurs et particuliers avec des projets de restauration forestière partout en France. Le dispositif, en cours d’élaboration, doit permettre de transformer les élans de solidarité en financements pérennes. Autre levier annoncé : une évolution du label bas carbone - qui permet de certifier des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre -, le ministère souhaitant que les revenus issus des crédits carbone profitent davantage au renouvellement des forêts françaises.

Jusqu’à 300 millions d’euros pour reconstruire les massifs

L’ampleur des dégâts se mesure aussi sur le plan financier. Selon le cabinet de Monique Barbut, « replanter un hectare de forêt coûte entre 5 000 et 10 000 euros », en fonction des territoires et des essences choisies. En début de semaine, les besoins étaient déjà estimés à plus de 150 millions d’euros. « Avec la progression et la vitesse des incendies, ils pourraient atteindre 200 à 300 millions d’euros. » Aussi, le gouvernement entend accélérer la mobilisation des financements privés. Le prochain loto Mission Nature sera entièrement consacré à la forêt afin de permettre au grand public de participer à cet effort national. Quant aux premiers appels aux dons, « plus de 800 000 euros ont été collectés par la Fondation du patrimoine pour la forêt de Fontainebleau » (Seine-et-Marne), et « plus de 170 000 euros pour les autres massifs touchés ».

Pour ce qui est des financements publics, les forêts disposeront désormais de leur propre programme budgétaire. Jusqu’à présent, les crédits forestiers étaient intégrés au budget du ministère de l’Agriculture. Une organisation qui pouvait conduire à reléguer les investissements forestiers au second plan. À partir de 2027, une ligne spécifique permettra d’identifier clairement les moyens dédiés. Le cabinet de la ministre promet également davantage de crédits pour le renouvellement forestier qu’en 2026, malgré « un contexte budgétaire contraint » et bien que les arbitrages ne soient pas encore finalisés.

Résineux ou feuillus, le débat reste ouvert

Le dispositif de renouvellement forestier va également évoluer. Les parcelles dévastées par le nématode du pin, un parasite qui menace particulièrement les forêts du Sud-Ouest, deviendront éligibles aux aides publiques. Le gouvernement souhaite aussi revoir les critères permettant de déclencher ces aides. Aujourd’hui, une forêt est considérée comme suffisamment dégradée lorsque « 20 % des arbres présentent des signes de dépérissement ». S’appuyant sur une étude récente du Département de la santé des forêts, Monique Barbut propose de porter ce seuil à 40 %, afin de concentrer les financements sur les massifs les plus touchés.

Enfin, le choix des essences qui seront replantées reste, lui aussi, au cœur des discussions. Résineux, feuillus ou mélanges d’espèces : le ministère refuse de trancher précipitamment. Les futures règles devront tenir compte des spécificités climatiques et écologiques de chaque territoire.