« Eric Ciotti doit choisir son camp » : une cinquantaine de militants de gauche manifestent contre l’antisémitisme et le racisme devant la mairie de Nice
L’appel avait été lancé en milieu de semaine par Julien Picot, le secrétaire départemental du Parti communiste. En réaction aux révélations de Mediapart attribuant des propos antisémites à Jordan Bardella. « Faits gravissimes », que l’élu d’opposition qui siège au conseil municipal de Nice n’entendait pas laisser passer. Surtout dans une ville ravie en mars dernier par Eric Ciotti avec l’aide du Rassemblement national.
C’est d’ailleurs devant la mairie de Nice que Julien Picot avait invité « toutes les formations républicaines », au-delà des partis et des chapelles, à se rassembler ce samedi 3 octobre à 16 heures. Au final ils étaient une cinquantaine, principalement issus des mouvements de gauche.
Presqu’aussi nombreux en réalité que le nombre de policiers municipaux et nationaux déployés pour encadrer cette manifestation. La rue de l’Hôtel de Ville avait été barrée et des barrières entouraient les locaux municipaux. Précautions vaines après une semaine agitée sur le front des revendications lycéennes. Cette manifestation contre l’antisémitisme et le racisme s’est déroulée sans incident.
Le collectif Viva a décidé de s’y associer. Une évidence pour l’insoumise Mireille Damiano ou encore le socialiste Patrick Allemand, en dépit des dissentions internes à la gauche durant la campagne des municipales. Le combat contre les idées d’extrême droite a au moins réussi à les transcender… Pas au point tout de même d’agréger au mouvement la droite républicaine.
Eric Ciotti visé
Julien Picot n’a pas manqué de souligner l’absence d’élus tels que Dominique Estrosi-Sassone, sénatrice LR, ou encore Philippe Pradal et Anthony Borré, conseillers municipaux Horizons, « qui pourtant se présentent souvent aux élections comme les remparts à l’extrême droite », aiguillonne-t-il.
Le secrétaire départemental du PCF entendait surtout adresser un message au maire de Nice : « Eric Ciotti a fait le choix de devenir l’otage du Rassemblement national. Et dans cette situation gravissime, il doit choisir son camp. Soit celui de la République, soit celui de l’extrême droite. Mais encore faudrait-il pour cela qu’il condamne les propos de Jordan Bardella. »
Loin de se laisser désarmer par cette faible mobilisation, la gauche niçoise annonce que « d’autres appels unitaires à se rassembler contre l’antisémitisme et le racisme vont être lancés ».