Esperanzah ! ouvre ses coulisses aux jeunes et aux Haïtiens à la veille du grand départ
À la veille du grand coup d'envoi d'Esperanzah !, le site de l'abbaye de Floreffe bruisse d'une agitation toute particulière. Partout, les équipes peaufinent les derniers détails. Quelques gouttes de pluie viennent même rafraîchir les bénévoles après plusieurs jours de montage sous une grande chaleur. C'est dans cette ambiance que le réseau MJ-Music, accompagné d'une délégation du festival haïtien Les Rencontres des Musiques du Monde, découvre l'envers du décor.
Créé en 2008, MJ-Music rassemble des maisons de jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles autour d'un objectif : permettre aux jeunes de s'exprimer grâce à la musique. Cette année, une vingtaine d'entre eux participent pour la première fois à une immersion dans les coulisses d'un grand festival.
Johanne Cozier, animatrice du réseau, explique : "Nous avons participé aux Trans Musicales de Rennes l'hiver dernier. Là-bas, les jeunes découvrent les coulisses d'un festival. Nous avons voulu construire un projet similaire ici et Esperanzah ! nous a accueillis à bras ouverts. C'est un honneur et une première pour nous." Après cette visite, les jeunes poursuivront l'expérience en rejoignant les équipes de bénévoles durant le week-end.
Très vite, ils se prêtent au jeu. Les questions fusent. À la sortie d'une étape, plusieurs confient avoir été "fascinés par tout ce qu'il y a derrière un festival". Un autre résume : "C'est hyper intéressant, on ne s'imagine pas tout le travail avant l'arrivée du public."
Au cœur de la machine
Premier arrêt : le bureau de production, avant de rejoindre les loges de la grande scène où Orane, responsable depuis deux éditions, raconte son parcours. "Je suis arrivée en Belgique il y a quatre ans. J'ai commencé comme bénévole et j'ai immédiatement accroché avec les valeurs du festival."
Aujourd'hui, elle coordonne une quarantaine de bénévoles chargés d'accueillir les artistes. Les jeunes veulent tout savoir : les demandes particulières, les imprévus, les anecdotes… "Une fois, j'ai déposé un groupe au mauvais hôtel après avoir inversé deux fiches. Ils n'étaient pas ravis !" Son meilleur souvenir ? "Quand le festival commence enfin et que tout le travail effectué depuis des mois prend son sens."
Gus, leur guide, ajoute avec le sourire : "Ici, nous n'avons pas de grosses têtes d'affiche aux egos surdimensionnés. Certains artistes sont simplement tellement heureux d'être là… qu'ils fêtent un peu trop l'événement."
La délégation haïtienne retrouve aussi un visage connu. "Nous avons rencontré Arnaud, co-directeur de l'évènement lors de son passage en Haïti. Cette année, notre festival n'a malheureusement pas pu avoir lieu pour des raisons politiques, mais nous accueillons habituellement des artistes venus des quatre coins du monde."
Une passion qui se construit toute l'année
La visite se poursuit auprès de Boll, patron de Rock'n Bolle, chargé de la technique de nombreuses scènes belges. Lui aussi répond volontiers aux nombreuses questions. "Nous préparons chaque festival près de six mois à l'avance. Dès qu'un événement se termine, nous préparons déjà le suivant." À Floreffe, les contraintes sont particulières. "Nous sommes sur une abbaye, impossible d'amener tout ce que les productions souhaitent." Après 35 ans de métier, il résume sa mission en un mot : "L'accueil." Son rêve ? "Ne pas allumer une seule lumière avant le coucher complet du soleil."
Gary, représentant du festival haïtien, retrouve des valeurs communes. "Nous sommes plus petits, mais les gens viennent aussi chez nous pour l'esprit du festival, pas uniquement pour les artistes."
Une visite qui suscite des vocations
La découverte se poursuit par la salle de presse, la sécurité ou encore le pôle administratif. À chaque étape, les responsables prennent le temps d'échanger avec les visiteurs. L'intérêt des jeunes ne faiblit pas.
Pour Thomas, coordinateur de MJ-Music, l'expérience est déjà une réussite. "Aux Trans Musicales de Rennes, ce parcours existe depuis trente ans. Nous nous sommes dit : pourquoi pas chez nous ? Au départ, nous pensions venir uniquement avec les animateurs, mais les jeunes nous ont finalement accompagnés. Ils se sont immédiatement prêtés au jeu et ont multiplié les questions. Nous espérons vraiment que cette expérience pourra perdurer."
À quelques heures de l'ouverture des portes, cette immersion rappelle qu'un festival ne se résume pas à ses concerts. Derrière chaque scène, chaque loge ou chaque bar, des centaines de passionnés travaillent dans l'ombre pour faire vivre l'événement.
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