Essai Peugeot e-208 GTI : le retour de la joie

Essai Peugeot e-208 GTI : le retour de la joie

Ajouter Paris Normandie sur Google Plus rien ne sert de résister, même les sportives ont opéré leur transition électrique. Avec plus ou moins de réussite. Et notre avis sincère est que la petite Peugeot se place plutôt du bon côté des choses. Il suffit de garder l’esprit ouvert. Lisez plutôt.

Oui, d’accord, c’est difficile à avaler. Et croyez bien que ça l’est particulièrement pour l’auteur de ces lignes, qui est un véritable amoureux de la 205, sous toutes ses formes. Mais votre serviteur a découvert ces dernières années que certains ingénieurs avaient particulièrement bien compris comment réinjecter le fun et la passion de la conduite dans des voitures électriques. Notamment chez les constructeurs qui participent à l’émergence de ce qu’il convient d’appeler les « néo-GTI ». Et cette nouvelle catégorie est déjà riche de petites perles. Alpine A290, Cupra Raval VZ, Lancia Ypsilon HF : autant de boules de nerfs dont la vitesse n’est pas l’argument majeur. Non, c’est leur agilité, et leur caractère joueur, à différents degrés, qui en font de dignes héritières des GTI originelles. Mais c’est vrai, pour la marque qui a livré l’une des deux GTI les plus emblématiques, l’exercice est délicat, l’échec est interdit. Verdict ?

Le look qu’il faut

Pour commencer, cette version GTI de la 208 électrique a le look qu’il faut. Elargisseurs d’aile, jantes expressives, posture plus proche du sol et petits logos de-ci de-là, la Française dose joliment, comme le faisait la légendaire aïeule. A bord, le dosage de l’ambiance est tout aussi équilibré, et les sièges sport au maintien parfait donnent tout de suite envie de partir à la rencontre des virages. Quelques regrets tout de même : la 208 reste la 208 née en 2019. Non pas qu’elle donne une impression d’obsolescence, mais on sait depuis cette époque que les places arrière sont à la limite du symbolique, et surtout que la première version i-Cockpit peut poser des problèmes de lisibilité des compteurs à ceux qui aiment un volant en position haute. A part ça, on apprécie le bouton unique pour désactiver les aides à la conduite les plus intrusives, et les affichages de quelques manomètres sur l’écran central qui, eux aussi, participent à l’ambiance sportive.

Puissance et maîtrise

Sur le plan « mécanique » (encore un peu de mal à ne pas mettre les guillemets quand il s’agit de moteurs électriques), la Peugeot e-208 reprend exactement la recette de ses nombreuses cousines : Alfa Junior Veloce, Abarth 600 Scorpionissima, Lancia Ypsilon HF, et Opel Corsa GSE. A savoir un moteur électrique envoyant 280 ch et 345 Nm dans le train avant, via un véritable différentiel autobloquant mécanique de type Torsen, et des suspensions à butées hydrauliques. Laissons de côté les Alfa et Abarth qui sont des petits SUV. Ca laisse donc trois voitures à la fiche technique identique, mais ça ne dit pas tout. Ce qui compte, ce sont les réglages.

Au volant, la première chose à dire (ou à redire) est que malgré cette puissance bien supérieure à celles des rivales (226 ch pour la Cupra, 220 ch pour l’Alpine A290 GTS), la Peugeot fait preuve d’une motricité phénoménale, grâce bien sûr à son différentiel. C’est idéal pour les accélérations sur un sol humide, mais ça procure des sorties de virage nettes et explosives sur sol sec. Le train avant est tout simplement diabolique d’efficacité et… c’est là qu’on commence à percevoir les spécificités de chacune des cousines. Ceux qui connaissent les Peugeot depuis longtemps retrouveront ici cette direction précise, à la fermeté subtile et au toucher de route très communicatif. La Peugeot est incisive sans être tranchante, si la nuance vous parle.

Mais les plus anciens d’entre vous le savent. Ce n’est pas à l’avant que se joue le plus l’âme d’une GTI. C’est à l’arrière. Le plaisir des bombinettes des années 80-90, c’était d’attaquer une courbe sur les freins, ou de lâcher les gaz en plein appui, et de voir danser le train postérieur. Notez que cette caractéristique avait déjà été considérablement gommée sur les dernières GTI thermiques de la marque, notamment la 308 sortie du catalogue en 2020. Ce serait exagéré d’affirmer qu’elle est de retour dans la e-208 GTI. Mais son train arrière est loin d’être inerte pour autant. On sent qu’il « enroule », qu’il participe activement à l’inscription de la voiture en virage, et c’est vraiment réjouissant. Et oui, les plus enthousiastes réussiront, moyennant la bonne provocation, à faire dériver ce train arrière, toujours de façon très prévisible, grâce à un ESP plus conciliant en mode Sport. Non, hélas, l’ESP n’est pas entièrement déconnectable.

Simple

Cette remarque nous amène à une dernière qualité de la Peugeot : sa simplicité. Elle ne propose que trois modes de conduite, Eco, Normal et Sport. Et elle n’a qu’une seule ambiance sonore, qui ne cherche pas à imiter le thermique, mais reste évocatrice sans jamais devenir fatiguante.

Bref, nous avons beaucoup aimé cette e-208 GTI, qui a énormément de plaisir à offrir, même aux plus exigeants. Certes, on l’aurait aimé un brin plus « danseuse », mais on le répète, elle l’est déjà plus que les dernières Peugeot sportives à essence, et puis elle prouve que Stellantis n’a pas répété trois fois la même recette. Entre la Lancia fondamentalement joueuse, elle, et une Opel qui mise plus sur la rigueur et la stabilité, la Peugeot trouve sa place, en se montrant assez fidèle à son héritage. Alors arrêtez de ronchonner contre les voitures électriques, et ne passez pas à côté d’une vraie voiture plaisir.

La Peugeot e-208 en quelques chiffres

Moteur : électrique ; 281 ch ; 345 Nm

Transmission : aux roues avant (différentiel autobloquant mécanique)

Boîte : automatique à 1 rapport

L/l/h (mm) : 4.100/1.771/1.405

Poids à vide (kg) : 1.535

Volume du coffre (l) : 309

Batterie (kWh) : 51 (utiles)

Autonomie (km WLTP) : 352–375

0 à 100 km/h (s) : 5,5

Vitesse maximale (km/h) : 180

Prix : 40.899

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