Face à la forte dégradation des finances publiques, Emmanuel Macron défend son bilan budgétaire

Face à la forte dégradation des finances publiques, Emmanuel Macron défend son bilan budgétaire

Après plus de 9 ans passés à l’Élysée, Emmanuel Macron a justifié, jeudi, les dépenses engagées sous ses deux mandats. Le chef de l’État assume notamment le "quoi qu’il en coûte", mais reconnaît des regrets sur les réformes qui n’ont pas abouti.

Radio France

Publié le 25/09/2026 08:05

Temps de lecture : 2min

Emmanuel Macron arrive à Saint-Pierre le 19 septembre 2026, au début d'une visite de trois jours dans la collectivité d'outre-mer française à statut particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon. (LUDOVIC MARIN / AFP)
Emmanuel Macron arrive à Saint-Pierre le 19 septembre 2026, au début d'une visite de trois jours dans la collectivité d'outre-mer française à statut particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Dix ans à l’Élysée et une facture qui s’est envolée : près de 1 400 milliards d’euros de déficits publics cumulés entre l’État et la Sécurité sociale. Sans parler du niveau de la dette, qui atteint désormais 3 500 milliards d’euros, soit 121 % du PIB. Jeudi 24 septembre, lors de son interview sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron s’est justifié sur l’état des finances publiques, qui se sont fortement dégradées sous ses deux mandats.

À cela s’ajoutent des taux d’intérêt qui s’envolent. La France emprunte désormais à plus de 4,7%, le niveau le plus élevé de la zone euro, devant la Grèce ou l’Italie. Ce sont donc des milliards d’euros supplémentaires qu’il faut trouver pour le prochain budget, presque une dizaine de plus. Tous les voyants sont au rouge.

Emmanuel Macron l’a expliqué jeudi soir : la France a payé les crises, du Covid à l’inflation qui a suivi l’invasion de l’Ukraine. Une partie de l’argent est allée dans le fameux "quoi qu’il en coûte", que le président dit ne "pas du tout" regretter. Selon lui, ces milliards d’euros dépensés, ce "pognon de dingue", ont permis de protéger les Français.

Le chef de l’État a détaillé cette dépense en trois tiers. Le premier a permis de défendre le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises, en supprimant des impôts, comme la taxe d’habitation ou l’ISF, l’impôt sur la fortune, mais aussi en versant des aides. Le problème, c’est que l’exécutif a ensuite eu du mal, une fois les crises passées, à stopper ces soutiens tous azimuts et à ne pas céder aux oppositions qui réclamaient toujours davantage d’aides. Emmanuel Macron a d’ailleurs rappelé que, pendant les crises, aucun responsable politique ne lui demandait de limiter ces soutiens.

Un autre tiers est allé aux services publics, assure Emmanuel Macron, qui cite notamment les crédits alloués aux armées et aux hôpitaux, via le Ségur de la santé. Malgré cela, qui trouve, dans ce pays, que les services publics se sont améliorés ? Enfin, le dernier tiers de cette dépense a servi à financer notre modèle social.

C’est justement sur ce dernier tiers qu’Emmanuel Macron reconnaît quelques regrets. Il dit notamment regretter de ne pas avoir obtenu de consensus politique pour mener certaines réformes, à commencer par celle des retraites. "Je le prends pour moi. Je n’ai pas réussi à convaincre les forces", a-t-il reconnu jeudi soir. La réforme a été adoptée dans la douleur, après plusieurs manifestations et le recours au 49.3, avant d’être suspendue lors du dernier budget.

Les retraites constituent certes le premier poste de dépense du pays, mais elles ne sont pas le seul chantier. Emmanuel Macron n’a pas non plus réformé l’État comme il s’y était engagé : les effectifs de la fonction publique ont continué à progresser ces dernières années. Il n’a pas davantage réformé l’école en profondeur ni investi dans les grands chantiers de demain.

Au bout du compte, le bilan budgétaire de ces dix années à l’Élysée, ce sont donc des dépenses et une dette qui ont surtout permis de boucler nos fins de mois, mais pas de préparer l’avenir. C’est peut-être ce bilan qu’Emmanuel Macron a finalement le plus de mal à assumer.

Sur le même thème

  • vidéo

    Baisse des taxes sur le carburant : "Ce n'est pas pour demain", affirme le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure

  • audio

    Les alertes contre les entreprises françaises ciblées par des puissances étrangères ont triplé en cinq ans

  • audio

    Édito

    Malgré son volontarisme, Emmanuel Macron n’a plus la main

  • Direct

    Flambée du prix des carburants : le RN opposé à l'envoi de "moyens militaires" en Arabie saoudite, LFI réclame une discussion au Parlement

  • Voie diplomatique, finances publiques, aides ciblées... Pour quelles raisons Emmanuel Macron refuse-t-il (pour l'instant) de baisser les taxes sur les carburants ?

Shorts

  • Visite d'Izmit, ville qui accueille le premier match de l'ère Zidane, en compagnie d'un ancien joueur de Ligue 1

    • 2 min

  • Afflelou, Ameli, ANTS… Un hacker raconte ses vols de données

    • 2 min

  • Simon Defrance médaillé d'argent aux Mondiaux de cyclisme

    • 1 min

  • "C'est un discours d'émotions" : les mots poignants du sénateur Claude Malhuret sur l'IVG

    • 3 min

  • Bientôt 3€90 le litre de gazole ?

    • 2 min

  • Sans Pauline Ferrand-Prévot, les Françaises visent quand même la plus haute marche sur les Mondiaux de cyclisme

    • 2 min

  • "S'il ne se passe rien, l'avenir va être compliqué" : les pompiers inquiets pour leur avenir

    • 3 min

  • Emmanuel Macron : “Ces dernières semaines, les actes hostiles en Europe se sont multipliés.“

    • 3 min

  • Un rempart gallois de plus de 2 000 ans découvert à Paris

    • 2 min

  • Le cycliste Miguel Masaisai, qui appelait à la paix en RDC, décède dans un accident

    • 2 min

  • Un élève de 8 ans agresse une enseignante

    • 2 min

  • Le programme du pape Léon XIV en visite en France

    • 3 min

  • Des dizaines de personnes quittent l'Assemblée générale de l'ONU au moment du discours de Benjamin Netanyahu

    • 1 min

  • Drones russes, provocations en Pologne

    • 2 min

  • Comment marche la distribution des films étrangers en France ?

    • 3 min

  • Les cibles de l'armée chinoise

    • 3 min

  • En Australie, le site des services de santé infiltré par l'IA d'OpenAI

    • 2 min

  • Adolf Hitler a-t-il tué sa nièce ?

    • 2 min

  • Privés d'eau potable depuis un an

    • 3 min

  • Alec, 12 ans, va nous représenter à l'Eurovision Junior 2026

    • 3 min

  • A 8 ans, il frappe sa maitresse d'école

    • 2 min

  • Paul Seixas et l'équipe de France à l'entraînement à trois jours de la course en ligne des Mondiaux de Montréal

    • 1 min

  • "J'ai découvert à 22 ans que j'étais croyant" : Joshua raconte son parcours qui l'a conduit à se faire baptiser à l'âge adulte

    • 3 min

  • Le retour du Covid

    • 3 min

  • À l'ONU, la phrase polémique d'Emmanuel Macron

    • 2 min

  • A Cuba, survivre ou partir

    • 2 min

  • Prime carburant : "refiler la patate chaude aux entreprises, c'est un peu gonflé"

    • 2 min

  • Le Stade rennais, une pépinière à jeunes talents qui alimente l'équipe de France

    • 2 min

  • Un pape américain aux racines normandes

    • 3 min

  • La sortie du jeu vidéo GTA VI va-t-elle perturber la reprise de la NBA ?

    • 1 min