Fête populaire et scénarios dingues, Montmartre indissociable du Tour ? : 'Je ne sais pas si un jour, ils vont pouvoir changer' - RTBF Actus

Fête populaire et scénarios dingues, Montmartre indissociable du Tour ? : 'Je ne sais pas si un jour, ils vont pouvoir changer' - RTBF Actus

Qu’il semble loin le temps où des voix s’élevaient contre l’introduction de Montmartre. La butte et les pavés de la rue Lepic sont venus bouleverser le traditionnel rendez-vous des sprinters. Fini le défilé sur les Champs Elysées place à une course digne des classiques.

La rupture a été brutale et comme tout changement elle a fait peur. Boosté par l’engouement et la caisse de résonance des JO de Paris, ce parcours new-look a conquis le public. La rue Lepic prend des allures de col de montagne ou de berg flamand. Les spectateurs se massent le long des barrières pour voir les meilleurs coureurs du monde se bastonner sur cette langue de pavé tortueuse qui monte jusqu’au Sacré-Coeur. Après deux éditions, force est de constater que la greffe a pris. Bien sûr et comme l’an dernier, le jury – un brin frileux – a décidé de geler les temps avant la grande empoignade. Mais finalement, c’est peut-être aussi ce qui permet aux coureurs de se livrer sans arrière-pensée ou presque.

"J’avais l’impression de regarder une course d’un jour"

"C’est incroyable, j’avais l’impression de regarder une course d’un jour. Alors qu’ils ont déjà couru pendant trois semaines. On a l’impression qu’on vient de démarrer le Tour de France et qu’ils sont encore en pleine forme. C’est le cyclisme d’aujourd’hui. On ne calcule rien. Même en tant que maillot jaune on y va. C’est très beau à voir", s’enthousiasme Alana Castrique sur le plateau d’après course.

Cette "révolution" n’est possible parce que la plupart des acteurs ont décidé de se prendre au jeu. Mads Pedersen, Remco Evenepoel, Mathieu van der Poel et Tadej Pogacar ont tour après tour dynamité la course sur la rampe pavée. Voir un maillot jaune, assuré de la victoire finale, s’écharper avec quelques-uns des meilleurs spécialistes des classiques à quelque chose de magique. "Il faut quand même prendre des risques. Je pense que ce n’est plus du tout nécessaire. C’est sans doute la passion. La volonté d’être devant, la volonté de gagner sur les Champs Elysées en jaune. Ce qui n’est plus arrivé depuis Hinault", rappelle Gérard Bulens. "C’est le seul coureur du général qui a été à la bagarre jusqu’au bout", embraie Cyril Saugrain. "Remco a été flamboyant pendant un tour. J’adore le voir comme ça. Il est extraordinaire. Je pense que dans le dernier tour, il s’est dit j’arrête. Pogacar, lui, n’arrête jamais. Tant mieux pour le vélo".

A chaque fois au casting, Pogi n’a pas encore gagné sur les Champs Elysées. Il a été décramponné par Wout van Aert sous la pluie lors du premier opus. Pour l’acte 2 de la saga, il a été l’ultime et meilleur allié de Mathieu van der Poel dans final irrespirable.

Le scénario des deux premières éditions a sans doute dépassé les attentes des organisateurs. Après la réussite de l’an dernier, ASO ne se voyait pas revenir en arrière. La décision – si elle est envisagée – sera encore plus difficile à prendre après ce 26 juillet 2026. "Quel final. Je ne sais pas si un jour, ils vont pouvoir changer. S’ils vont pouvoir enlever la rue Lepic et remettre les Champs Elysées", souligne Cyril Saugrain.