Fibre Excellence, leader français de la pâte à papier, va-t-il être sauvée ? Matthieu Pigasse a mis sur pied un plan à 90 millions mais demande "un effort" à l'Etat

Fibre Excellence, leader français de la pâte à papier, va-t-il être sauvée ? Matthieu Pigasse a mis sur pied un plan à 90 millions mais demande "un effort" à l'Etat

Fibre Excellence, leader français de la pâte à papier, va-t-il être sauvée ? Matthieu Pigasse a mis sur pied un plan à 90 millions mais demande "un effort" à l'Etat

Publié aujourd'hui à 18h59

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À trois jours de la décision du tribunal de commerce de Toulouse, le financier Matthieu Pigasse appelle l'État à soutenir son offre de reprise de Fibre Excellence, numéro un français de la pâte à papier. Malgré un projet de 90 millions d'euros bâti avec deux régions et des investisseurs, le repreneur conditionne son plan à des aides publiques sur l'électricité, le bois et les quotas carbone. Pour l'heure, Bercy juge l'offre insuffisante pour sauver les 545 salariés concernés.

Le financier Matthieu Pigasse a demandé ce vendredi 24 juillet "un effort" au gouvernement pour soutenir son projet de reprise du fabricant de pâte à papier Fibre Excellence sur lequel doit se prononcer lundi le tribunal de commerce de Toulouse.

"On a construit en six semaines avec (...) les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, les syndicats et un certain nombre d'investisseurs un projet industriel et social de long terme" susceptible de "sauver cette entreprise et les emplois", a déclaré M. Pigasse à l'AFP.

"Cette offre mobilise au total plus de 90 millions d'euros (...) Elle repose sur un certain nombre de conditions. Il y a les engagements que nous prenons et elle demande à l'Etat un effort sur trois sujets: le coût de l'électricité, l'approvisionnement en bois ONF et les quotas carbone (...) Il appartient à l'État de dire s'il veut remplir ces conditions", a-t-il ajouté.

"Je ne veux pas faire de politique"

M. Pigasse fait allusion au tarif de rachat de l'électricité produite par Fibre Excellence, à l'approvisionnement en bois aidé par l'Office national des forêts (ONF), alors que le cours de cette matière première a grimpé, mettant l'entreprise en difficulté, et à la réintégration du fabricant de pâte à papier dans le système européen des quotas carbone.

"Je ne veux pas faire de politique et je ne veux pas créer de polémique", a encore affirmé M. Pigasse, alors que le ministre de l'Economie, Roland Lescure a estimé mardi que son offre de reprise "n'est pas au niveau".

Fibre Excellence, qui possède les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne, 270 salariés) et Tarascon (Bouches-du-Rhône, 275 salariés), a été placée en redressement judiciaire fin avril.

Le groupe du financier Matthieu Pigasse a déposé auprès du tribunal de commerce de Toulouse une offre de reprise, associé à deux fonds gérés par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais il avait prévenu début juillet que "rien n'[était] encore acquis, parce que l'État doit être au rendez-vous".

Outre la pâte à papier, dont il est le numéro 1 en France, Fibre Excellence produit de l'électricité à partir de bois et de copeaux, dont le cours a augmenté de 50% sur le marché français ces dernières années.

Les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côtes d'Azur, et les syndicats CGT, CFDT et FO ont demandé mercredi au président Emmanuel Macron de "garantir la viabilité" de l'offre de reprise de M. Pigasse. Des salariés occupent depuis lundi le site de Saint-Gaudens dans l'attente de la décision de lundi prochain, a fait savoir la CGT.