Fiscalité. Dette : la France risque d'être « étranglée » par les taux, alerte la Banque de France
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Dette : la France risque d’être « étranglée » par les taux, alerte la Banque de France
Alors que le taux d'emprunt à dix ans atteint un niveau inédit depuis 2002, Emmanuel Moulin appelle à « redresser les finances publiques ».
La rédaction avec AFP -
Hier à 23:25
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La France risque d'être « étranglée par les taux d'intérêt » si elle ne redresse pas ses finances publiques. L'avertissement vient du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, dans un entretien au Financial Times publié lundi. « Nous devons rester maîtres de notre destin », a-t-il insisté. « Si nous n'agissons pas, il y a effectivement un risque d'être progressivement étranglés par la hausse des taux d'intérêt. »
Cette mise en garde intervient quelques jours après la présentation par le gouvernement de son projet de budget pour 2027, qui vise à ramener le déficit public à 5 % du PIB, contre 5,4 % attendu cette année. À la tête de l'institution depuis juin, Emmanuel Moulin estime que la France peut encore regagner la confiance des investisseurs, malgré des mouvements « sérieux et préoccupants » sur le marché de la dette ces derniers jours.
Emmanuel Moulin estime que la France peut encore regagner la confiance des investisseurs, malgré des mouvements « sérieux et préoccupants » sur le marché de la dette ces derniers jours. Photo Sipa/Stéphane Lemouton
« La France n'est pas la Grèce »
Le taux d'emprunt à dix ans de la France est resté perché à un haut niveau lundi, à 4,86 %, contre 3,49 % pour son équivalent allemand. Ces taux, jamais vus depuis 2002, pèsent lourd sur les finances publiques : selon les prévisions du gouvernement, la charge des intérêts de la dette pourrait bondir de 12 milliards d'euros l'an prochain, pour dépasser 91 milliards. La hausse des taux est mondiale depuis la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Iran, mais la France est particulièrement exposée, les investisseurs doutant de sa capacité à maîtriser son déficit.
Le gouverneur se veut toutefois rassurant. « La France n'est pas la Grèce au moment de la crise de la zone euro », tempère-t-il, jugeant qu'il n'est pas l'heure d'évoquer une intervention de la Banque centrale européenne (BCE), comme l'ont fait certains analystes. Le projet de loi de finances sera examiné à partir de mercredi par la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Faute de majorité pour le gouvernement, son parcours parlementaire s'annonce difficile, et certaines mesures, comme le gel des salaires des fonctionnaires ou celui des pensions au-delà d'un certain montant, pourraient susciter la colère des oppositions.