Foire de Libramont : Au Mecanic Show, la technologie fascine autant qu'elle inquiète
Le Mecanic Show est l'un des rendez-vous incontournables de la Foire de Libramont. Chaque jour, les visiteurs se pressent autour du grand ring pour découvrir une vingtaine de machines agricoles parmi les plus innovantes du marché. Tracteurs, ensileuses ou faucheuses de dernière génération y dévoilent leurs performances, mais aussi leurs prix, parfois vertigineux.
Pour Robert Joris, agriculteur retraité d'Hotton, le spectacle est avant tout un plaisir pour les yeux. "On vient voir toutes les nouveautés, explique-t-il. La technologie est incroyable. Avant, on travaillait davantage à l'œil. Aujourd'hui, tout est calculé : on connaît directement la bonne densité, on évite les pertes et on gagne énormément de temps". Mais ces bijoux technologiques restent, selon lui, hors de portée de la plupart des exploitants. "Ce sont des machines destinées aux grandes entreprises. Celui qui n'a que 150 ou 200 hectares ne pourra jamais rentabiliser un tel investissement".
Il aimerait être au volant de telles machines
À ses yeux, cette évolution illustre la profonde mutation du monde agricole. "Aujourd'hui, ce ne sont presque plus des fermes, mais des entreprises. Il faut des troupeaux de plusieurs centaines de vaches et des surfaces immenses pour amortir le coût de ces machines". Si ces engins offrent un confort de travail indéniable, Robert Joris s'inquiète de leur dépendance à l'électronique. "Avant, on savait souvent réparer une panne soi-même. Maintenant, il faut des spécialistes et un simple capteur peut immobiliser une machine pendant des semaines. Mais bon, ce sont de belles machines impressionnantes et bien sûr que j'aimerais pouvoir être au volant de l'une d'entre elles".
Des investissements financiers importants
À l'inverse, Nicolas Inghelbrecht, jeune agriculteur de Saint-Hubert, voit surtout dans ces démonstrations une source d'inspiration. "Les jeunes doivent découvrir les nouveautés, partage-t-il. Ces machines apportent une vraie plus-value, même si elles ne remplacent jamais l'agriculteur. Je viens pour découvrir et pourquoi pas investir".
Il reconnaît toutefois le poids financier de ces investissements. "On emprunte généralement sur quatre ou cinq ans et donc, il faut être certain de son choix. Bien que l'électronique soit importante, elle fait tout de même un peu peur. Avec la mécanique, on savait encore chipoter. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué de trouver la panne".
Entre admiration, envie et réalisme économique, le Mecanic Show met en lumière toute l'ambivalence d'une agriculture où l'innovation est devenue indispensable mais toujours plus coûteuse.
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