"Force est de constater que cela a fonctionné" : Willy Demeyer défend les mesures prises à Liège contre les violences

"Force est de constater que cela a fonctionné" : Willy Demeyer défend les mesures prises à Liège contre les violences

Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer a défendu lundi soir, devant le conseil communal, l'interdiction des rassemblements de plus de trois personnes appliquée du 8 au 16 octobre sur le territoire communal. Il a fait état de 327 arrestations depuis le 1er octobre, de 43 commerces touchés et de 44 policiers blessés.

Le conseil est appelé à confirmer l'ordonnance prise le 7 octobre, après plusieurs journées de troubles dans le contexte des mobilisations étudiantes contre les mesures gouvernementales.

Évoquant des violences croissantes ayant culminé avec des scènes d'émeutes et de pillage, le bourgmestre a défendu une réponse "proportionnelle et graduelle". L'interdiction visait à empêcher la constitution de groupes de plusieurs centaines de personnes. "Force est de constater que cela a fonctionné", a-t-il affirmé.

Bruxelles et Liège ont vécu un week-end de violence

Les dégâts au mobilier communal sont évalués à 200.000 euros, soit l'équivalent du budget annuel consacré à ce poste, hors dommages aux équipements de JCDecaux et Letec. Dix véhicules de police ont également été endommagés, selon le bilan présenté.

Caroline Saal, cheffe de groupe Vert Ardent, a demandé des réponses aux témoignages faisant état de pratiques policières abusives. Elle a notamment interrogé l'utilisation des gaz lacrymogènes et des autopompes, évoquant les conséquences pour les mineurs et les passants. Elle a également réclamé un guichet unique pour accompagner les commerces touchés.

Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB, a dénoncé l'insuffisance des réponses politiques aux revendications des jeunes, notamment en matière de transports en commun, et appelé à les écouter. Diana Nikolic, cheffe de groupe MR, a exprimé son soutien aux forces de l'ordre et au bourgmestre.

Le conseiller communal PS+ François Schreuer a également demandé des éclaircissements sur plusieurs faits rapportés, dont la non-information de parents de mineurs arrêtés, des refus d'accès à un médecin et de possibles contrôles au faciès. Il a insisté sur les revendications étudiantes et la "maturité" des jeunes rencontrés, estimant que les violences ne pouvaient justifier de ne pas les écouter. Il a aussi dénoncé le manque de dialogue des gouvernements face aux inquiétudes concernant l'accès aux études, au logement et aux services publics.

Contestation du secteur de l'enseignement: une trentaine de manifestants encerclés par la police place Saint-Lambert à Liège

Willy Demeyer a, lui, regretté que des personnes étrangères aux troubles aient pu être touchées et s'est engagé à recevoir celles contestant les conditions de leur interpellation. Reconnaissant que la confrontation avec la police pouvait être traumatisante, il a toutefois assumé les décisions prises.

À l'issue des débats, le conseil communal a confirmé l'ordonnance par 28 voix pour, 14 contre et une abstention. Cette confirmation porte sur l'interdiction des rassemblements de plus de trois personnes appliquée du 8 au 16 octobre sur le territoire liégeois, désormais expirée.