Fusillade d’Aubagne : le suspect de 14 ans reconnaît les faits mais conteste « avoir voulu tuer »
À Aubagne, le mineur mis en cause dans la fusillade contre un principal et une enseignante dit avoir été influencé par la True Crime Community, sans revendiquer son geste au nom de cette mouvance.
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Le collégien de 14 ans qui a tiré sur un principal et une enseignante à Aubagne (Bouches-du-Rhône) reconnaît « la matérialité des faits » mais conteste « avoir voulu tuer les personnes ciblées », a indiqué mercredi 14 octobre 2026 le parquet antiterroriste.
Le suspect, dont la détention provisoire a été requise, est soupçonné de s’inscrire dans une mouvance fascinée par les tueries de masse.
Sous influence ?
« La perquisition réalisée à son domicile et lors de son interpellation mettait au jour l’utilisation par le mis en cause de nombreux comptes de réseaux sociaux » qui, selon « une première analyse », « révélait la probable adhésion à la True Crime Community (TCC) », décrit le Pnat.
Toutefois, s’il « admet avoir été influencé » par cette communauté, le mineur dément « avoir inscrit son action au nom de la TCC », a rapporté le Pnat. Il invoque plutôt une « volonté de vengeance en raison d’un harcèlement des professeurs et ses camarades » non corroboré à ce stade des investigations.
C’est la première fois que le lien est fait directement en France par la justice antiterroriste entre un passage à l’acte et ce type de profil de fans de tueries de masse.
C’est quoi la mouvance TCC ?
« La True Crime Community (TCC) est un réseau virtuel, fondé sur le partage de podcasts, articles, sites internet, réseaux sociaux alternatifs et publications, dont les membres sont fascinés par des meurtres et leurs auteurs », a expliqué le Pnat.
« Au sein de celle-ci, se détache une sous-communauté vouée aux tueurs de masse, qui par la diffusion massive de contenus ultraviolents tend à désensibiliser ses adeptes à la violence. Par une glorification de la violence extrême comme vecteur de lutte contre les difficultés personnelles, la TCC promeut le passage à l’acte par imitation », a expliqué le ministère public.
Une enquête ouverte
Après 48 heures de garde à vue, l’adolescent est entendu mercredi 14 octobre au tribunal de Paris lors d’un interrogatoire de première comparution, en vue de sa mise en examen.
Le Pnat a saisi trois juges d’instruction antiterroristes pour enquêter sur ce dossier sensible, avec « de très nombreux contenus numériques » à décortiquer.
À ce stade, plusieurs éléments laissent entrevoir « une entreprise » ayant pour but de terroriser la population : « la préméditation » et « l’usage d’une arme à feu au sein d’un établissement scolaire » avec des « tirs répétés en direction de la seule communauté éducative de façon indiscriminée ».
Des incapacités totales de travail de 45 jours et de 10 jours ont été prescrites au proviseur et à l’enseignante touchés par balles. « Plusieurs personnes situées à proximité immédiate des coups de feu sont particulièrement choquées », souligne le Pnat.
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