Gabrielle Hannot tuée par son fils près de Gerpinnes : l'avocat général requiert une condamnation pour parricide
L'avocat général Pierre Hustin a demandé mardi après-midi aux jurés de la cour d'assises du Hainaut, à Mons, de répondre par l'affirmative aux trois questions qui leur seront posées dans le cadre du procès de Laurent Andris, 35 ans, accusé du meurtre de sa mère Gabrielle Hannot, le 21 avril 2023 à Villers-Poterie (Gerpinnes). Ce soir-là, l'accusé avait violemment frappé sa mère avant de l'égorger.
Les questions posées au jury portent sur le meurtre, la circonstance aggravante de parricide et la détention d'un couteau. "La société ne tolère pas qu'une personne soit massacrée chez elle", a déclaré l'avocat général, rejoignant sur plusieurs points l'analyse développée par l'avocat des parties civiles.
Il a notamment insisté sur les aveux rapidement formulés par Laurent Andris. Dans le combi de police, juste après son interpellation, celui-ci avait reconnu avoir tué sa mère, des aveux réitérés lundi, devant la cour.
L'accusation estime également que l'accusé était pénalement responsable au moment des faits. Selon les experts judiciaires, il ne souffre d'aucun trouble mental susceptible d'abolir sa capacité de discernement.
Consommation de drogue volontaire
Si son état n'était pas normal au moment du crime, l'avocat général rappelle que sa consommation de stupéfiants était volontaire. Il estime dès lors qu'elle ne peut constituer une excuse. Le trentenaire connaissait par ailleurs les effets des drogues sur son comportement. Avant 2016, il avait déjà été hospitalisé à plusieurs reprises à la suite d'hallucinations liées à ses consommations. En 2016, sous influence, il avait tenté de tuer à coups de tournevis un homme surnommé "le gitan". Sept ans plus tard, il a tué sa mère, a clamé l'avocat général. Pour l'accusation, le fils doit être déclaré coupable de parricide.
La question du couteau est secondaire, selon lui. Il a abandonné cette arme, mais Laurent Andris prétend qu'il a utilisé un morceau de verre.
La peine, principal enjeu du procès
Les experts en santé mentale désignés dans le cadre de l'instruction estiment que Laurent Andris était responsable de ses actes. Un psychiatre sollicité par la défense a livré une analyse différente, mais les avocats de l'accusé ont annoncé qu'ils ne remettraient pas en cause les conclusions des experts judiciaires.
La défense plaidera ce mercredi matin. La culpabilité ne devrait pas faire
l'objet d'un véritable débat. L'enjeu principal pour les avocats de l'accusé se déplacera vers la peine, lors d'un second débat qui devrait débuter dans la foulée du verdict.