Gaza: malgré les prix, les déplacés construisent des maisons mobiles en bois comme alternative aux tentes

Gaza: malgré les prix, les déplacés construisent des maisons mobiles en bois comme alternative aux tentes

Quelque 1,4 million de personnes sont toujours déplacées à Gaza après la guerre menée par Israël au lendemain des massacres du 7 octobre 2023. Dans l’enclave palestinienne, un entrepreneur fabrique des maisons mobiles en bois, une alternative aux tentes, dans le quartier de Sheikh Radwane, près de la ville de Gaza.

Publié le : 21/09/2026 - 19:34

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Avec nos correspondants à Gaza, Rami El Meghari, et à Jérusalem, Frédérique Misslin

Penché sur son établi, le menuisier Ammar Abu Shareq prend les dimensions d’une construction en bois de 21 mètres carrés. Des barres de fer et un plafond métallique permettent de stabiliser la structure.

Mais en raison des pénuries, les matériaux sont vendus à des prix très élevés : « J’achète ce bois auprès d'entreprises qui s'approvisionnent chez les bénéficiaires de l'aide humanitaire. Chaque panneau revient très cher, beaucoup plus que sa valeur initiale : 10 fois plus et il faut 1 000 pièces comme ça pour une caravane », explique Ammar Abu Shareq. « Ce panneau-là vaut 100 shekels, 10 shekels par latte de bois. Une latte mesure 1,20 mètre sur 8 cm, elle coûte donc presque 3,50 », détaille-t-il.

Une caravane à 12 000 dollars

Hussein, déplacé avec sa femme et ses deux enfants, a décidé d’investir tout son argent dans cette construction. « Avec la guerre, j’ai quitté ma maison et je me suis installé dans une tente avec ma famille. Là nous avons dû faire face au problème des rongeurs, à la rigueur de l'hiver et à la poussière », raconte-t-il.

Sa fille étant malade, les conditions de vie sous la tente étaient particulièrement difficiles. « J’ai une fille malade qui ne supportait ni le froid, ni les rats, ni tout le reste. L’idée de la caravane m’est donc venue comme une alternative. Il a fallu 20 jours pour la construire et cela m’a coûté environ 12 000 dollars », poursuit Hussein. Pour payer cette somme, il a rassemblé tous ses biens et vendu les bijoux de son épouse.

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