Grands Thermes de Bagnères-de-Bigorre : Des "Journées Immersions thermales" pour tester la cure

Grands Thermes de Bagnères-de-Bigorre : Des "Journées Immersions thermales" pour tester la cure

l'essentiel Les 24 et 25 octobre, les Grands Thermes de Bagnères-de-Bigorre participent aux "Journées Immersions thermales", une initiative nationale du Conseil national des établissements thermaux. Cette opération vise à promouvoir la cure thermale, gratuite pour les participants, face à une baisse de fréquentation de 10 % au niveau national.

Enfilez votre maillot de bain et laissez vos préjugés aux vestiaires pour découvrir les bienfaits de l'eau thermale à l'occasion des "Journées Immersions thermales" proposées aux Grands Thermes de Bagnères-de-Bigorre les 24 et 25 octobre prochains. Comme dans les autres établissements thermaux de France.

Un week-end pour goûter aux bienfaits de l'eau thermale.
Un week-end pour goûter aux bienfaits de l'eau thermale. Viktoria Telek

C'est une première au niveau national mais l'établissement bagnérais n'est pas à son coup d'essai. Il était même l'inspirateur de cette opération d'envergure organisée aujourd'hui à grande échelle par le Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh). "Nous avons en effet proposé, au mois de mai dernier, deux dispositifs pour inviter les non-initiés à découvrir la cure thermale : la découverte thermale, sur deux semaines, et l'expérience thermale, sur une demi-journée", explique la directrice des Grands Thermes, Marie-Hélène Blanque.

Après la crise du Covid, la crise géopolitique affecte la cure thermale

C'est ce deuxième dispositif que le CNETh a pris comme exemple pour mettre en place les Journées Immersions Thermales qui se dérouleront dans l'ensemble des établissements thermaux du pays. "L'idée est de faire découvrir la cure thermale à une patientèle de proximité (qui représente 20 % des curistes aux Grands Thermes) car comme on dit, ce sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés. C'est en général par méconnaissance de la cure thermale mais il y a aussi très peu de médecins qui la prescrivent. C'est donc l'occasion de tester et on espère convaincre. C'est entièrement gratuit pour les gens, il suffit de s'inscrire sur https://immersions-thermales.fr/ où l'on trouve également des explications sur la cure et les bienfaits de l'eau thermale", invite Marie-Hélène Blanque.

L'enveloppement de boue fait partie des soins incontournables aux Grands Thermes.
L'enveloppement de boue fait partie des soins incontournables aux Grands Thermes. Viktoria Telek

Une opération séduction donc pour contrer la baisse de fréquentation des stations thermales. Car, si la cure thermale a commencé tout juste à retrouver son niveau d'avant-Covid, le contexte national, voire international a mis un coup de frein aux cures depuis le début de l'année.

Une baisse de fréquentation de 10 %

"Il y a une baisse de 10 % de la fréquentation au niveau national. À Bagnères-de-Bigorre, la baisse est de 5,5 % par rapport à l'année dernière", explique Marie-Hélène Blanque, évoquant plusieurs facteurs intervenus depuis le début d'année : la guerre au Moyen-Orient, l'explosion du prix des carburants, les inondations puis les incendies dans l'Ouest du pays, d'où vient pourtant une part importante de la patientèle. Sans oublier les menaces de déremboursement de la cure thermale par le Gouvernement et si une première salve est passée en début d'année sans atteindre finalement sa cible (les députés ayant rejeté la proposition de loi à 167 voix contre 24), l'annonce, la semaine dernière, de la ministre de la Santé de transférer 200 M€ de la cure vers les complémentaires santé inquiète à nouveau les établissements thermaux. Et les curistes. Car la directrice le sait, de nombreux curistes ont annulé leur cure par peur de se voir contraints de payer plus de leur poche.

Lever les freins sur la cure thermale

Le CNETh évoque aussi "un paradoxe de la médecine thermale". "Les cures thermales bénéficient d’une forte légitimité médicale, mais restent encore insuffisamment intégrées aux parcours de soins. Si les Français en ont une image positive, reconnaissant à 77 % son efficacité et soutenant à 79 % son remboursement, seuls 22 % en parlent avec leur médecin", souligne le CNETh. "La médecine thermale n'est pas inconnue, elle est mal comprise. Beaucoup de Français ignorent qu'il s'agit d'une prise en charge médicale, prescrite, encadrée par un médecin thermal et dont les soins sont remboursés sous conditions", souligne son vice-président, Sylvain Serafini.

Malgré ce contexte, les établissements thermaux et le CNETh se veulent combatifs d'une part, pour remonter la fréquentation et d'autre part, pour maintenir le niveau de prise en charge de la cure. Cet événement qui se veut convivial est une invitation du CNETh "à mieux comprendre les bienfaits du thermalisme, tester gratuitement les soins, visiter les lieux, rencontrer les équipes et se familiariser avec une médecine qui se vit".