Guerre en Ukraine : la faute aux spécificités des armes utilisées par Moscou, l’Ukraine n’a pas été prévenue par ses alliés des tirs de missiles russes de cette nuit
L’Ukraine n’a pas été prévenue par ses alliés occidentaux de l’attaque aux missiles balistiques menée par la Russie sur Kyiv dans la nuit de lundi à mardi, a déclaré Volodimir Zelensky. Cette absence d’alerte intervient alors que des tensions persistent avec les États-Unis concernant les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes.
L’Ukraine n’a pas été avertie par ses partenaires occidentaux de l’attaque aux missiles balistiques lancée par la Russie dans la nuit de lundi à mardi contre la capitale Kyiv, a déclaré Volodimir Zelensky, sur fond de tensions avec les États-Unis à propos des assauts ukrainiens contre les raffineries russes.
Pour la première fois depuis que le président américain Donald Trump a surpris en annonçant dimanche une "trêve énergétique" entre Moscou et Kyiv, l’armée russe n’a pas ciblé de sites énergétiques ukrainiens. Elle a toutefois pilonné dans la nuit de lundi à mardi des réseaux logistiques et de transports, avec des missiles balistiques et des drones.
Volodimir Zelensky a déclaré mardi que l’Ukraine s’était abstenue d’attaquer les raffineries russes depuis l’annonce du président américain. Il a toutefois déploré que Kyiv n’ait reçu aucun avertissement de ses alliés – comme c’est généralement le cas – à propos de tirs russes de missiles balistiques, pour une attaque qu’il a décrite comme "particulièrement infâme".
Les sirènes d’alerte ont retenti dans la capitale ukrainienne seulement après plusieurs explosions.
"Les renseignements sur les lancements de missiles balistiques russes contribuent à sauver des vies", a écrit le président ukrainien sur le réseau social X. "Il s’agit de l’un des enjeux les plus cruciaux."
Since last evening and up to now, the Russians have attacked Ukraine with more than a hundred different weapons – jet-powered drones, loitering munitions, and ballistic missiles. A significant portion of these strike assets were shot down. But unfortunately, not all of them. An ordinary residential building was destroyed in Kharkiv; the rescue operation continued virtually all night as first responders searched for people under the rubble. Four people were killed in this strike on the building in Kharkiv. My condolences to all their families and loved ones. In Kharkiv alone, 41 people were injured in just one evening. There was also a particularly vile ballistic missile strike on Kyiv – five missiles that hit civilian infrastructure. Unfortunately, we received no early warning from our partners about this strike. Intelligence on Russian ballistic missile launches helps save lives, and this is one of the most critical issues. This is precisely what helps prevent people from being killed – when there is an early warning about ballistic missiles. Ukraine has not carried out strikes on Russian oil refineries or the energy sector in general for the two days since the American President announced an energy ceasefire. But Russia did not heed the American President. During this time, the Russians have attacked both our energy facilities and our critical infrastructure, sending absolutely clear signals that they have no intention of refraining from strikes on Ukraine. Nineteen regions of our country have come under attack in these two days alone. Our position remains unchanged: Ukraine is ready for reciprocal steps toward de-escalation, and effective pressure on Russia is needed to make de-escalation happen. Wars end when the aggressor realizes that it cannot prolong the war. Global pressure on Russia contributes to exactly that – bringing peace closer. But direct or indirect support for Russia, slowing down assistance to Ukraine, and making it harder to protect lives against ballistic missiles will certainly not help bring peace. Everyone needs peace. A strong America, a strong Europe, and strong partners are needed. Thank you to everyone who is truly helping!
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) October 13, 2026
Volodimir Zelensky n’a pas lié cette absence d’avertissement à de quelconques tensions avec Washington alors que, selon des informations de presse, l’administration Trump a menacé de ne plus fournir de renseignements à Kyiv et de ne plus permettre de livraisons d’armes si les attaques contre les raffineries russes se poursuivaient.
Experts et représentants ont souligné par le passé la grande dépendance de l’Ukraine aux renseignements des États-Unis pour avoir connaissance des lancements de missiles de la Russie.
Donald Trump a assuré mardi que Washington continuait de partager des renseignements avec Kyiv et que les efforts de son administration pour mettre fin à la guerre se poursuivaient. "Nous les aidons, et nous partageons des renseignements", a-t-il dit aux journalistes.
TRUMP DÉFEND SON ACCORD SUR LE DIESEL AVEC LA RUSSIE
Les États-Unis avaient suspendu un temps le partage de renseignements avec l’Ukraine, en mars 2025, après avoir déjà gelé alors les aides militaires, dans le sillage d’une vive altercation à la Maison-Blanche entre Donald Trump et Volodimir Zelensky et afin de pousser Kyiv à faire des concessions.
S’exprimant plus tôt mardi depuis la capitale polonaise Varsovie lors d’un forum sécuritaire, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a cherché à calmer les inquiétudes en déclarant que Kyiv recevait toujours des renseignements américains. Le retard pour avertir des tirs de missiles russes la nuit précédente est dû aux spécificités des armes utilisées par Moscou, a ajouté Andrii Sybiha.
Pour tenter d’enrayer la machine de guerre russe, aux équipements plus modernes et aux troupes plus nombreuses, l’Ukraine a adopté la stratégie de frapper des raffineries russes, poussant Moscou à suspendre ses livraisons de diesel et provoquant depuis plusieurs semaines le mécontentement de Donald Trump. Le président américain a accusé Kyiv d’être responsable, avec ces attaques, de la nette hausse des prix du carburant aux États-Unis cette année, quand bien même la plupart des analystes s’accordent sur le fait que cette inflation découle de la guerre lancée par Washington en février dernier contre l’Iran.
La flambée des prix du carburant a alimenté la frustration des Américains à propos du coût de la vie, l’une des préoccupations majeures en amont des élections de mi-mandat au Congrès ("midterms") du 3 novembre, lors desquelles les pairs républicains de Donald Trump espèrent conserver la majorité dans les deux chambres.
Désireux de rassurer les électeurs américains, le locataire de la Maison-Blanche a récemment répété que les prix du carburant diminueraient après le scrutin et a annoncé vendredi dernier un accord avec la Russie sur des livraisons de diesel. Cet accord a été dénoncé par Volodimir Zelensky comme une décision "indigne" et un "cadeau" au président russe Vladimir Poutine. Des élus du Congrès américain, tant du côté démocrate que dans les rangs républicains, ont exprimé des critiques et déclaré qu’il pourrait s’agir d’une violation des restrictions sur les importations énergétiques prises en raison de la guerre.
Interrogé mardi par les journalistes, Donald Trump a de nouveau défendu sa décision de sceller cet accord, revendiquant que cela n’était "pas pour nous, mais pour le monde". Il s’est abstenu de répondre à la question de savoir si les revenus engrangés grâce à ces exportations de diesel pourraient permettre à Moscou de renforcer son arsenal militaire.