Les bombardements meurtriers reprennent, des familles ukrainiennes évacuées

Les bombardements meurtriers reprennent, des familles ukrainiennes évacuées

Vous avez raté les derniers événements sur la guerre en Ukraine ? 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs. Voici l’essentiel de ce jeudi 22 octobre 2026, 1.702e jour du conflit.

Le fait du jour

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky estime ce jeudi que la Russie n’avait pas « changé d’attitude », après de nouvelles frappes nocturnes qui ont tué plusieurs civils, malgré une relance de la diplomatie par les Etats-Unis cette semaine.

L’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, s’est entretenu mardi et mercredi d’abord à Oslo avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens, puis à Saint-Pétersbourg avec le président russe Vladimir Poutine pour réanimer des pourparlers de paix.

Après ces rencontres, l’Ukraine comme la Russie se sont dites prêtes à reprendre les négociations directes sous médiation américaine. Moscou a évoqué une date « vers le 10 novembre », tandis que Kiev a plaidé pour des discussions « dès que possible ».

En attendant, les deux belligérants ont mené des attaques d’ampleur contre le territoire adverse au cours de la nuit. Le bilan des victimes est d’au moins 9 morts ce jeudi dans plusieurs villes d’Ukraine. La Russie rapporte, de son côté, avoir abattu au moins 808 drones ukrainiens au-dessus d’une vingtaine de régions et de la Crimée annexée, qui ont fait plusieurs blessés.

La déclaration du jour

« Rester sur place avec des enfants représente un risque injustifiable »

Les paroles sont signées du gouverneur régional Vadym Filachkine ce jeudi. Les autorités ukrainiennes ont ordonné l’évacuation obligatoire des familles avec enfants dans l’ensemble des localités des deux agglomérations d’importance encore sous leur contrôle dans le Donbass, Kramatorsk et Sloviansk.

Ces deux villes sont les derniers bastions de l’armée ukrainienne dans la région orientale de Donetsk que le Kremlin s’est donné pour objectif de conquérir dans sa totalité. Selon Vadym Filachkine, « la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer », l’armée russe frappant les deux villes « chaque jour ».

Par le passé, les autorités locales avaient déjà ordonné des évacuations obligatoires dans plusieurs parties des agglomérations de Sloviansk et Kramatorsk, qui rassemblent ces villes et des villages alentour.

Le chiffre du jour

252. C’est le nombre de nouvelles dépouilles de militaires ukrainiens présumés tués dans le conflit que les autorités russes viennent de transmettre à l’Ukraine. De son côté, la Russie a annoncé avoir reçu 25 corps de la part de Kiev.

L’Ukraine ne reconnaît officiellement les corps rendus comme ceux de soldats ukrainiens qu’à l’issue d’un long processus d’identification.

Les échanges de dépouilles entre les deux pays ont lieu régulièrement. D’après les annonces officielles des deux camps, l’Ukraine a reçu plus de 5.300 dépouilles rien que cette année, tandis que la Russie en a récupéré moins de 300.

La tendance

Salariés, responsables politiques et syndicaux expriment leur vive inquiétude pour l’avenir des Forges de Tarbes, seule usine française encore capable de produire des fûts d’obus de 155 mm, notamment utilisés par les forces ukrainiennes. « On est dans une dégringolade qui est très, très inquiétante », résume la députée des Hautes-Pyrénées Sylvie Ferrer (LFI).

Le site industriel, qui est l’un des derniers vestiges de l’ancien arsenal de Tarbes, emploie actuellement une soixantaine de salariés produisant les fûts d’obus notamment utilisés par les dizaines de canons Caesar fournis par la France à l’Ukraine.

En 2023, le groupe Europlasma, propriétaire du site depuis deux ans, promettait une modernisation de cette usine vieillissante pour augmenter les cadences et atteindre les 15.000 obus produits par mois en 2025. « Là, je crois que pour fin novembre, ils finissent de produire 30.000 corps d’obus [prévus pour l’année 2026] et ensuite c’est l’inconnu, voilà », affirme aujourd’hui Sylvie Ferrer.