Guerre en Ukraine : Poutine évoque "une nouvelle erreur..." ce que l'on sait de l'attaque au drone explosif de l'aéroport allemand de Leipzig
l'essentiel Début août, un drone chargé d'explosifs a été découvert à l'aéroport de Leipzig, un hub logistique de l'OTAN pour l'Ukraine. Un mois plus tard, l'Allemagne a officiellement accusé la Russie d'une "attaque hybride". En réponse, Berlin ferme un consulat russe et propose de nouvelles sanctions européennes, soutenues par la France et l'UE.
Et si la charge explosive posée sur ce drone n'avait pas été victime d'un dysfonctionnement au sein de l'aéroport de Leipzig ? L'Allemagne compterait probablement plusieurs blessés, peut-être des morts. Début août, la plateforme militaire allemande, notamment utilisée pour acheminer de l'aide à l'Ukraine, avait été ciblée. Un mois plus tard, l'enquête pointe du doigt la Russie et Berlin ne s'est pas privé de le dire aux yeux du monde entier. La Dépêche du Midi fait le point.
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Avion ukrainien visé
Début août, un drone chargé d'explosifs a été découvert près de plusieurs avions-cargos dans la zone sécurisée du fret – un hub logistique clé de l'OTAN pour acheminer du matériel vers l'Ukraine –, quelques minutes avant qu'un second engin ne percute un appareil DHL.
D'après les médias allemands, qui s'appuient sur des sources proches des autorités, un troisième appareil avait été retrouvé dix jours plus tard à l'ouest du site. Une substance pouvant correspondre à environ 50 grammes d'hexogène, un explosif militaire très puissant, a été retrouvée sur place.
Accusations et réactions allemandes
Mardi 1er septembre, un mois après les faits, l'Allemagne a explicitement attribué cette "attaque hybride" à la Russie. "Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig", a déclaré Alexander Dobrindt, lors d'une courte déclaration.
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Le ministre de l'Intérieur a étayé son accusation par le fait que les "moyens d'action observés" s'inscrivent "dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe". "La configuration des drones" et l'utilisation de "divers composants, des explosifs et des dispositifs de mise à feu", renvoient à "d'autres opérations hybrides menées par la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine", a-t-il précisé.
En réponse, Berlin va fermer le dernier consulat russe du pays, à Bonn, d'ici une quinzaine de jours ainsi qu'un centre culturel russe situé dans la capitale et suspecté d'héberger des espions, a annoncé le ministre des Affaires étrangères allemand. En guise de rétorsion supplémentaire, la chancellerie allemande proposera d'ajouter de nouveaux ressortissants russes à la liste des sanctions européennes.
Macron dénonce une "ingérence"
Les responsables de l'OTAN ont quant à eux exprimé leur solidarité avec l'Allemagne. L'organisation protégera ses membres "contre toute menace, y compris les actions néfastes telles que celles qui ont eu lieu à Leipzig et ailleurs au sein de l'Alliance", a déclaré Mark Rutte, assurant que les objectifs de la Russie étaient voués à l'échec. L'UE a évoqué un acte de "terrorisme soutenu par un État".
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La France "soutient l'adoption de nouvelles sanctions européennes contre la Russie", a affirmé de son côté Emmanuel Macron, évoquant des "ingérences" et des "attaques hybrides qui se multiplient en Europe". Paris a convoqué le chargé d'affaires russe pour émettre une "protestation très vive" face à cette "attaque hybride". Le gouvernement français proposera de nouvelles sanctions européennes à l'encontre de navires de la flotte fantôme, a également averti Jean-Noël Barrot, ce mercredi.
L’Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août.
Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent rester sans réponse.
La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutient l’adoption de…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 1, 2026
Ce front uni européen et cette fermeté politique suscitent l'agacement du Kremlin. Les mesures prises par les autorités allemandes contre la Russie sont "une nouvelle erreur", a réagi Vladimir Poutine. Le président russe a tenté de contester les preuves sur lesquelles cette décision était fondée. "Je pense que c'est une nouvelle erreur grossière. Et, à mon avis, elle va clairement à l'encontre des intérêts du peuple allemand", a-t-il ajouté. Une réaction qui ne convainc personne.