Guillaume Musso, Lilian Thuram, Chantal Thomas… On sait qui va venir au prochain Festival du livre de Mouans-Sartoux
Ils écrivent des romans à succès, racontent l’Histoire, traquent les tueurs en série, interrogent le monde contemporain ou passent du grand écran aux allées des festivals. Pour sa 39e édition, placée sous le thème de « Le monde en vaut la peine », du 2 au 4 octobre, le Festival de Mouans-Sartoux réunit une nouvelle fois des personnalités capables d’attirer les foules et, surtout, d’ouvrir le débat. Voici six noms à ne pas manquer.
Elle aurait pu rester dans les salons du XVIIIe siècle. Elle préfère passer d’une époque à l’autre. Historienne et écrivaine, Chantal Thomas s’est fait connaître avec ses travaux sur le siècle des Lumières et notamment sur Sade et Casanova, avant de conquérir un public beaucoup plus large avec Les Adieux à la reine, prix Femina en 2002, porté ensuite au cinéma. Membre de l’Académie française depuis 2021, la Niçoise écrit la liberté, le désir, la transmission.
À Mouans-Sartoux, où elle sera présidente de la 39e édition du Festival, Chantal Thomas présentera notamment Femmes sur fond azur, dimanche à 15 h. Livre de portraits de à la reine Victoria, à Marie Bashkirtseff, en passant par Katherine Mansfield, Colette… Des femmes dont la découverte de la Méditerranée a modifié le destin.
Guillaume Musso, le roi du suspense français
Il est l’un des écrivains français les plus lus. Et il revient toujours là où tout a commencé : dans le Sud. Originaire d’Antibes, Guillaume Musso a été révélé en 2004 avec Et après…, avant d’enchaîner les succès et les adaptations au cinéma. Ses romans jouent avec les codes du thriller, du fantastique et de la romance, mais leur mécanique repose toujours sur la même promesse : donner envie de tourner « juste encore une page ».
Cette année, il arrive avec Le Crime du paradis. Le décor ? Le Cap d’Antibes. Florence et Julian y voient leur destin basculer lorsque leur fils de trois ans, Oscar, disparaît… Le livre sera au cœur de sa venue à Mouans-Sartoux, où il sera présent samedi pour une longue séance de dédicaces, de 15 h à 17 h 30.
Lilian Thuram, du terrain au combat des idées
ABJ
Un champion du monde peut-il changer le regard porté sur le monde ? Lilian Thuram a choisi d’essayer. Après une immense carrière de footballeur, notamment sous le maillot de l’équipe de France, il a transformé sa notoriété en outil de transmission. En 2008, il crée la Fondation Lilian Thuram, Éducation contre le racisme. Depuis, il multiplie les interventions, les livres et les rencontres autour du racisme, des discriminations et de l’égalité. À Mouans-Sartoux, celui qui est aussi président de cette édition, vient avec Notre histoire : les étoiles d’un champion du monde. Un livre dans lequel il raconte les femmes et les hommes qui l’ont inspiré. Il sera présent samedi à 15 h 30 pour un entretien.
Franck Thilliez, le maître des nuits blanches
Audrey Dufer
Avec Franck Thilliez, mieux vaut éviter de commencer un roman à 23 heures… Ingénieur de formation, passionné de sciences et de nouvelles technologies, l’auteur cultive une spécialité : installer le lecteur dans une inquiétude grandissante, puis lui retirer méthodiquement toute possibilité de poser le livre. Train d’enfer pour Ange rouge, paru en 2004, ses séries consacrées notamment à Franck Sharko et Lucie Henebelle, tout comme son nouveau roman L’Autre moi seront au cœur
des rendez-vous qui lui sont consacrés samedi. À 10 h, il participera à un entretien collectif, puis reviendra à 14 h 30 pour présenter son livre.
Robert Guédiguian, Marseille en ligne de mire
Sébastien Botella / Nice-Matin
Chez Guédiguian, le cinéma a toujours quelque chose à voir avec la vie. Marseille, les quartiers populaires, les solidarités qui se fissurent, les engagements politiques et les histoires d’amitié constituent depuis plus de quarante ans la matière de son cinéma. Avec Marius et Jeannette, Les Neiges du Kilimandjaro, Gloria Mundi ou plus récemment Et la fête continue !, le réalisateur a construit une œuvre portée par des comédiens fidèles, dont Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin. Il sera à Mouans-Sartoux samedi à 19 h, avec son nouveau film Une femme aujourd’hui présenté en avant-première, avec Jean-Pierre Darroussin et Marilou Aussilloux.
Kamel Daoud, première à Mouans-Sartoux
DR
C’est l’un des rendez-vous les plus attendus de cette édition : Kamel Daoud vient pour la première fois au Festival du livre. Journaliste et écrivain algérien devenu français, il s’est fait connaître avec Meursault, contre-enquête, réécriture du destin de l’Arabe tué dans L’Étranger de Camus. Le roman lui avait valu le prix Goncourt du premier roman en 2015. En 2024, son Houris est récompensé par le prix Goncourt. Il y raconte l’Algérie de la décennie noire à travers le destin d’une jeune femme.
À Mouans-Sartoux, Kamel Daoud sera notamment présent samedi à 17 h pour un entretien consacré à Houris, avant de retrouver dimanche la Scène littéraire, à 14 h.
Climat, éducation, virilisme, géopolitique : les débats qui vont compter
Outre les rencontres avec les auteurs, les films et les spectacles (celui de Mathias Malzieu ainsi que Prom 14 programmés samedi sont à ne pas manquer !), les débats animeront ces trois jours de Festival.
L’urgence climatique en ouverture
Le ton sera donné dès vendredi soir. À 20 h 30, Le Monde en vaut la peine ! De la résistance à la résilience, de Marie-Monique Robin, sera projeté au cinéma La Strada avant un débat avec la réalisatrice, Dorian Bennati, Mickaël Derangeon et Pierre Aschieri. Samedi, le climat s’invite partout. Le paysagiste Gilles Clément parlera de biodiversité et de jardin à 11 h. À 14 h, il retrouvera Marie-Monique Robin pour « Ces pesticides nous empoisonnent ! ». À 16 h, Jean Viard et le chercheur Joël Guiot se projetteront en 2050 avec « Comment habiterons-nous la Terre ? ». Delphine Batho défendra ensuite « une nouvelle écologie ». Dimanche, place à l’alimentation avec « Changer d’assiette pour le climat ! », puis à François Gemenne, à 14 h 30, pour « Parler du climat sans plomber l’atmosphère ».
Éducation, laïcité et cinéma
La question de la transmission traverse également le week-end. Samedi à 13 h, Abdennour Bidar parlera notamment de fraternité. Dimanche, à 14 h, il présentera son nouvel ouvrage avant de participer, à 16 h, au débat suivant la projection de L’Abandon, de Vincent Garenq, avec le réalisateur, Antoine Reinartz et Mickaëlle Paty.
Virilisme : les jeunes face aux nouveaux discours
Patrice Lapoirie
Samedi à 17 h, Giulia Foïs, Pierre Gault et Chloé Thibaud s’attaquent à un sujet particulièrement actuel : « Virilisme, la nouvelle offensive contre les femmes ». Une heure plus tard, la table ronde « Témoigner, détecter, protéger : quand l’intime et la technologie se répondent » prolongera la réflexion autour des violences, du numérique et des nouveaux outils de surveillance ou d’alerte.
Géopolitique, IA : le monde sous pression
Samedi, Pascal Boniface parlera de la relation Chine - États-Unis, tandis que Pascal Blanchard, Pierre Conesa et Mo Malo interrogeront « l’Amérique et le reste du monde ». Gilles Kepel s’intéressera, lui, aux failles de notre identité.
Dimanche, les tensions du Moyen-Orient seront au centre d’un débat réunissant Pascal Boniface, Mélina Huet, Edwy Plenel et Gilles Kepel. Et parce que les bouleversements ne sont pas seulement géopolitiques, l’intelligence artificielle aura aussi son espace : à 16 h, Laura Sibony proposera « Contes et légendes de l’intelligence artificielle ».