Hausse des prix des carburants : sans « paix » au Moyen-Orient, les prix resteront « tendus », selon le patron de Coopérative U
Les prix du carburant sont au coeur d’une réunion ce mercredi 9 septembre à Bercy, mais le PDG de Coorpérative U, Domainique Schelcher a d’ores et déjà prévenu : ils resteront « tendus » tant qu’il n’y aura pas la « paix » au Moyen-Orient.
Alors que le baril de pétrole Brent a atteint les 100 dollars mercredi pour la première fois depuis fin juillet, jusqu’où ces prix peuvent-ils monter ? « Personne ne peut le dire », a répondu Dominique Schelcher sur BMTV/RMC.
Mais la situation sera « tendue » tant « qu’il y aura des perturbations comme cette nuit », a ajouté le patron du quatrième distributeur alimentaire français, en référence aux nouvelles frappes aussi bien américaines qu’iraniennes ayant notamment ciblé des pétroliers au Moyen-Orient. « Le carburant, c’est une chaîne logistique mondiale qui est complexe », et « cette chaîne, elle est perturbée », a-t-il rappelé.
« Il y a des capacités de raffinage qui sont moins fortes qu’avant » et des « routes maritimes » perturbées par les attaques de bateaux, dont l’assurance « coûte plus cher », a détaillé le PDG de Coopérative U.
« Tant qu’il n’y aura pas de la sérénité, la paix, en fait, et de la tranquillité pour de la circulation normale, on aura des prix tendus. »
« C’est extrêmement tendu »
Interrogé sur le fait de savoir si le prix des carburants pourrait atteindre 2,40 euros le litre, M. Schelcher s’est refusé à tout « pronostic », constatant « seulement que c’est extrêmement tendu ».
Le gouvernement a réuni mercredi à Bercy les distributeurs de carburants pour « suivre la situation », selon Dominique Schelcher, qui a rappelé que son secteur pratiquait des « marges plus réduites que jamais » sur ce « produit d’appel ».
À l’inverse, « au niveau du raffinage, les marges ont fortement augmenté, fois trois, fois quatre », a-t-il relevé, estimant que ce « maillon » peut « peut-être aujourd’hui faire un effort ».
En outre, le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies, à la fois raffineur et distributeur, s’apparente à une « concurrence déloyale », a-t-il de nouveau estimé.
Cela explique en partie, avec le « changement de comportement des Français », la baisse « inédite » de vente de carburant en volume chez Coopérative U, de 7% « depuis le début de l’année » par rapport à l’année dernière, selon lui.
Un budget mensuel trois fois plus élevé que pour les dépenses d’énergie
Le budget mensuel que les conducteurs de voitures à essence consacrent au carburant est désormais presque trois fois plus élevé que les dépenses d’énergie des propriétaires de voitures électriques, selon une analyse de Roole Data rendue publique samedi dernier.
Avec la hausse des prix pétroliers sur fond de guerre au Moyen-Orient, le coût mensuel du carburant pour une voiture à essence a bondi de 25 euros au cours du premier semestre (passant de 112 euros à 137 euros), selon cette plateforme spécialiste de l’exploitation des données publiques concernant l’automobile.