"Il a largement échappé aux conséquences" : dix femmes qui accusent Donald Trump d'agressions sexuelles témoignent auprès de Ouest-France, la Maison-Blanche réagit

"Il a largement échappé aux conséquences" : dix femmes qui accusent Donald Trump d'agressions sexuelles témoignent auprès de Ouest-France, la Maison-Blanche réagit

l'essentiel Dix femmes accusant Donald Trump de comportements sexuels déplacés ou d'agressions ont témoigné auprès de "Ouest-France". Les faits, remontant parfois aux années 1990, n'ont souvent pas donné lieu à des poursuites judiciaires.

Dix femmes accusant Donald Trump de comportements sexuels déplacés ou d’agressions sexuelles ont accepté de témoigner auprès de Ouest-France, alors que plusieurs d’entre elles affirment n’avoir jamais obtenu de véritable réponse judiciaire. Les faits qu’elles relatent remontent pour certains aux années 1990 et s’étendent jusqu’à la campagne présidentielle de 2016. La plupart n’ont jamais porté plainte, expliquant notamment qu’elles ne pensaient pas, à l’époque, qu’une institution accepterait de les écouter.

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En octobre 2016, quelques jours avant l’élection présidentielle américaine, la publication par le Washington Post d’un enregistrement datant de 2005, dans lequel Donald Trump tient des propos vulgaires sur les femmes, avait entraîné une vague de témoignages publics. Cinq des dix femmes interrogées aujourd’hui avaient alors décidé de prendre la parole. Certaines expliquent avoir payé cette décision au prix fort, évoquant des menaces de mort, des messages haineux ou encore des mesures de protection. "Pour beaucoup d’entre nous, parler publiquement a eu un coût personnel extraordinaire", écrivent-elles dans un communiqué commun.

"J'avais honte d'être victime"

Parmi elles, Kristin Anderson affirme avoir été agressée sexuellement par Donald Trump dans un club new-yorkais au début des années 1990. Elle raconte avoir été saisie à l'entrejambe alors qu'elle était assise avec une amie. En se retournant, elle reconnaît son agresseur présumé à sa chevelure. Kristin Anderson n'a jamais engagé de procédure judiciaire et a subi un déferlement de méchancetés lors de sa première prise de parole publique.

D’autres femmes décrivent des situations survenues dans l’entourage professionnel ou mondain de Donald Trump. Stacey Williams affirme notamment avoir été agressée dans les bureaux de la Trump Tower en 1992 ou 1993, alors qu’elle fréquentait Jeffrey Epstein. Rachel Crooks raconte, de son côté, un baiser imposé dans un ascenseur de la Trump Tower en 2005, alors qu’elle travaillait dans une entreprise installée dans l’immeuble. Toutes deux ont rendu leur témoignage public, mais n’ont pas engagé d’action en justice. "À l’intérieur de moi, j’avais honte d’avoir été victime", confie cette dernière à Ouest-France. "Beaucoup de femmes ont parlé, et il [Donald Trump] a largement échappé aux conséquences parce qu’il conserve une base politique puissante."

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Un assouplissement judiciaire grâce à une nouvelle fois

Alva Johnson, qui travaillait pour la campagne présidentielle du Républicain en 2016, affirme que le candidat l'a attirée vers lui pour tenter de l'embrasser malgré son refus. "T'es la seule à avoir eu un bisou du patron", lui diront même des collègues, sur le ton de la plaisanterie. Elle avait porté plainte en 2018 après son départ de la campagne mais sa procédure n'a jamais abouti. "Je recevais d’innombrables menaces de mort détaillant les façons dont on souhaitait me voir tuée, ma famille était également menacée", reprend-elle.

À ce jour, l’affaire de l'écrivaine E. Jean Carroll constitue le principal dossier judiciaire ayant abouti à une condamnation concernant des faits de nature sexuelle reprochés à Donald Trump. Mais une loi de 2026, permettant à certaines victimes de violences sexuelles commises dans la ville de New York de poursuivre au civil des faits normalement prescrits, pourrait changer la donne. Six des dix femmes interrogées par Ouest-France affirment que les faits qu’elles décrivent entrent dans cet assouplissement judiciaire.

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Sollicitée par nos confrères, la Maison-Blanche a qualifié ces accusations de "fausses et diffamatoires" et met en avant le fait que les femmes qui témoignent sont "démocrates".