Il aurait continué à gérer le trafic de drogue depuis un centre de rétention près de Toulouse : quatre hommes mis en examen sept mois après une saisie de 181 kilos
l'essentiel Sept mois après l’interception d’un convoi chargé de 181 kg de résine de cannabis au retour d’Espagne, les policiers ont interpellé quatre nouveaux suspects. Tous ont été mis en examen. Les enquêteurs soupçonnent une organisation structurée.
Le 26 février, au péage sud de Toulouse, les policiers de l’Office antistupéfiants referment leur piège sur deux Peugeot 3008 qui remontent d’Espagne. Dans l’une d’elles, une cache aménagée dans le coffre s’ouvre grâce à un dispositif électromagnétique. À l’intérieur : 181 kg de résine de cannabis. Deux convoyeurs sont arrêtés. Mais les enquêteurs ne bougent pas toutes leurs pièces. D’autres hommes, déjà identifiés, restent sous surveillance.
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Pendant les mois qui suivent, les filatures continuent. Les policiers observent les rendez-vous, les remises de sacs, les déplacements et tentent de reconstituer le circuit de l’argent. Derrière les deux hommes tombés sur l’A61, ils soupçonnent une organisation plus large, capable d’importer la drogue depuis l’Espagne, de la stocker puis de l’écouler dans l’agglomération toulousaine.
Cette deuxième partie de l’enquête vient d’aboutir. Quatre hommes d’une trentaine d’années ont été interpellés en début de semaine et tous mis en examen. Trois ont été placés en détention provisoire. Le quatrième, seul de nationalité française, a été placé sous contrôle judiciaire. Il est notamment défendu par Me Assia Derbali.
De nombreuses écoutes
L’enquête avait débuté à l’automne 2025 autour d’un homme soupçonné de collecter d’importantes sommes d’argent. Peu à peu, les policiers identifient des trajets vers l’Espagne, des véhicules utilisés en convoi et des lieux de stockage. Une voiture "ouvreuse" circule en amont pour repérer d’éventuels contrôles ; derrière elle, la "porteuse" transporte la marchandise. Les enquêteurs soupçonnent plusieurs voyages de ce type, avec parfois des chargements de plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de kilos.
Au fil des écoutes, un homme prend une place importante dans le dossier. Les policiers le soupçonnent d’être le donneur d’ordres. Particularité : une partie des conversations est interceptée alors qu’il se trouve au centre de rétention administrative de Cornebarrieu. Le 26 février, après l’interception du convoi chargé des 181 kg, l’un des suspects le contacte. Les enquêteurs regroupent les indices permettant de lui attribuer ce rôle central.
Des aveux et des silences
L’un des suspects aurait reconnu avoir réceptionné à plusieurs reprises un Peugeot 3008 aménagé revenant d’Espagne, déchargé puis stocké entre des centaines de kilos de résine, avant d’effectuer des livraisons et de récupérer l’argent. Un autre admet avoir transporté des sommes entre plusieurs protagonistes. Un troisième reconnaît avoir servi de nourrice et effectué des livraisons. Le chef présumé, lui, aurait principalement gardé le silence.
Les dernières perquisitions ont permis de saisir, dans un appartement toulousain, un pistolet automatique de calibre 9 mm, plusieurs chargeurs, des dizaines de cartouches, près de 150 grammes de cocaïne et une centaine de grammes de résine. Chez un autre suspect, plus de 4 kg de cannabis et quelques dizaines de grammes de cocaïne ont été retrouvés. Dans un troisième logement, les policiers ont découvert plus de 4 000 euros et une compteuse à billets. Sept mois après la saisie des 181 kg sur l’A61, les enquêteurs sont en passe de combler les dernières zones d’ombre du dossier.