Il engloutit des centaines de milliards dans l'IA sans savoir quand (et si) ils rapporteront: Mark Zuckerberg glace les marchés, Meta chute lourdement à Wall Street

Il engloutit des centaines de milliards dans l'IA sans savoir quand (et si) ils rapporteront: Mark Zuckerberg glace les marchés, Meta chute lourdement à Wall Street

Il engloutit des centaines de milliards dans l'IA sans savoir quand (et si) ils rapporteront: Mark Zuckerberg glace les marchés, Meta chute lourdement à Wall Street

Publié aujourd'hui à 19h43

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Meta a beau afficher des résultats financiers supérieurs aux attentes, les investisseurs commencent à douter de la stratégie de Mark Zuckerberg. Le groupe a perdu plus de 134 milliards de dollars de capitalisation boursière ce jeudi, après avoir annoncé 140 milliards de dollars d'investissements en 2026 et 825 milliards d'engagements financiers futurs. En cause: une course effrénée à l'intelligence artificielle dont la rentabilité reste à démontrer.

Meta fait peur à la Bourse. Ce jeudi, l'action du groupe de Mark Zuckerberg chute lourdement de plus de 7%. En une demi-séance à Wall Street, plus de 134 milliards de dollars de capitalisation se sont envolés. Car Mark Zuckerberg a beau afficher un optimisme à toute épreuve, les investisseurs commencent à s'impatienter.

Ce mercredi pourtant, à l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels, les signaux semblaient être au vert. Meta a enregistré un chiffre d'affaires de 64,60 milliards de dollars sur le trimestre, en progression de 26% sur un an et supérieur aux 63,37 milliards anticipés par les analystes. Le bénéfice par action était lui aussi supérieur aux attentes (hors charges juridiques) et surtout, pour la fin de l'année, la société table sur un chiffre d'affaires de 73 à 76 milliards de dollars, là aussi supérieur aux attentes. D'ailleurs, dans les échanges qui ont suivi la clôture à Wall Street, l'action progressait de près de 3% ce mercredi.

Pourtant ce jeudi, c'est la gueule de bois. Car un point a attiré l'attention des investisseurs: Meta a en effet annoncé qu'il allait dépenser encore davantage pour développer ses technologies d'intelligence artificielle.

Le propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp prévoit désormais de consacrer entre 135 et 145 milliards de dollars à ses dépenses d'investissement en 2026, contre une précédente fourchette de 130 à 145 milliards. Au point médian de cette nouvelle prévision, cela représente quelque 140 milliards de dollars sur une seule année, soit près de 384 millions de dollars par jour.

825 milliards de dollars d'engagements

Et la facture pourrait encore s'alourdir. Meta a révélé que ses engagements financiers futurs atteignaient désormais le montant colossal de 825 milliards de dollars. Cette somme comprend notamment les contrats de location, les accords informatiques et les contrats énergétiques nécessaires au fonctionnement de ses infrastructures. Il ne s'agit pas de pertes comptables, ni de dépenses à régler intégralement cette année, mais ces engagements donnent une idée de l'ampleur des moyens mobilisés par l'entreprise.

Les inquiétudes des marchés ne reposent pas uniquement sur des projections. Elles se traduisent déjà dans les comptes de Meta. Au troisième trimestre, le géant américain a enregistré un flux de trésorerie disponible négatif de 2,12 milliards de dollars, contre un excédent de 10,63 milliards un an plus tôt. Une dégradation spectaculaire qui alimente les interrogations sur la rentabilité de sa course à l'intelligence artificielle.

"Le marché se demande si toutes ces dépenses dans l'intelligence artificielle génèrent réellement les rendements initialement espérés", résume Steve Sosnick, stratégiste en chef d'Interactive Brokers, auprès de Reuters.

Une fuite en avant financière qui inquiète les marchés. Pour financer ces investissements colossaux, le groupe a notamment annoncé la création d'une nouvelle catégorie d'actions sans droit de vote, qui seront distribuées aux actionnaires existants. Chaque actionnaire recevra un titre supplémentaire, dans une opération assimilable à un fractionnement d'actions à raison de deux pour une.

Ces nouveaux titres pourront ensuite servir à lever des capitaux, rémunérer des salariés ou financer de futures acquisitions, sans diluer les droits de vote de Mark Zuckerberg.

Pour rassurer les marchés, Mark Zuckerberg a vanté les succès de son nouvel assistant Muse qui serait déjà utilisé par 10 millions d'Américains et de Canadiens, six semaines à peine après son lancement. Lancé en septembre, ce service permet d'automatiser différentes tâches, comme effectuer des achats, réserver des billets de cinéma ou prendre des rendez-vous.

"Forte croissance, dépenses encore plus rapides"

"Maintenant que Muse a trouvé sa place sur le marché, nous entrons dans une nouvelle phase, plus opérationnelle, axée sur son développement", assure le PDG.

Mark Zuckerberg prévoit de maintenir Muse gratuit pour la majorité des utilisateurs. Pour gagner de l'argent, il mise sur les commissions prélevées sur les transactions, les abonnements payants et la commercialisation de services d'IA aux entreprises.

"Si l'efficacité de calcul continue de progresser rapidement pendant encore quelques années, ce qui nous semble fort probable, Muse sera très rentable sur plusieurs années", a-t-il assuré.

Il faudra qu'il le soit assurément pour justifier les centaines de milliards de dollars que le groupe va engager dans les prochaines années. Et il y a un consensus côté analystes pour en douter. "Meta dépense comme un hyperscaler sans en avoir le modèle économique", estime Josh Gilbert, d'eToro. "Une forte croissance des revenus, reconnait Thomas Monteiro, d'Investing.com, mais une croissance encore plus rapide des dépenses." "Cela soulève la question du véritable retour sur investissement de toutes ces dépenses", résume Melissa Otto de S&P Global.

Pour financer ses ambitions dans l'IA, Meta cherche parallèlement à réduire ses dépenses dans d'autres activités.

Les effectifs du groupe ont ainsi diminué de 15% sur un an. Et sa division Reality Labs, consacrée notamment aux technologies de réalité virtuelle et augmentée, reste un gouffre financier. Meta prévoit que ses pertes pourraient atteindre 19 milliards de dollars cette année dans cette seule activité, avant de reculer à environ 15 milliards en 2027. Un autre secteur d'activité sur lequel Meta a énormément investi... sans retour sur investissement.

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