« Il faut préparer nos territoires à ce qui nous attend » : Cuers « Ville basse température l’été » signe une charte à l’échelle intercommunale

« Il faut préparer nos territoires à ce qui nous attend » : Cuers « Ville basse température l’été » signe une charte à l’échelle intercommunale

Les regards de plus de cent professionnels, réunis ce mercredi, au pôle culturel de Cuers, l’hôte du Salon professionnel « Ville basse température l’été » étaient tournés sur la démarche engagée, il y a quatre ans, par le maire de Cuers Bernard Mouttet, et son équipe. « Vous êtes partis d’un constat très simple : celui que tous les maires du Var peuvent aujourd’hui faire dans leurs communes. Nos étés changent, et nos villes et villages doivent changer avec eux », a insisté Didier Brémond, maire de Brignoles et président de l’association des maires du Var, en présence de Véronique Baccino, conseillère départementale représentant le président Jean-Louis Masson. En témoigne « les 53 jours de vague de chaleur de cet été 2026, le plus chaud jamais mesuré en France », a rappelé François de Canson, maire de La Londe, président de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures.

Depuis quatre ans, les actions engagées à Cuers ont été articulées autour de quatre axes : requalifier des rues, adapter des bâtiments publics, réaménager des espaces extérieurs de loisirs, et faire évoluer des règles d’urbanisme.

Les classes de 6e du collège de la Ferrage et les participants au salon dont Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ancienne ministre, élus, techniciens, urbanistes, architectes, acteurs publics et privés, partenaires, institutionnels et étudiants ont permis, lors d’une visite de terrain, de « partager les expériences pour aller plus loin et plus vite », a commenté Didier Brémond.

Au jardin Suzanne-Fournier, les 26 arbres plantés, deux pergolas végétalisées et trois ombrières posées ont permis d’enregistrer « jusqu’à 25 degrés d’écart au sol entre les zones ombragées et les zones en plein soleil ».

Dans les plantes résistantes à la chaleur et à la sécheresse, on retrouve les espèces endémiques, les piliers du maquis et de la garrigue

Au groupe scolaire Jean-Jaurès, le but a été de maintenir une température correcte pour l’accueil des enfants lors des fortes chaleurs. Comment ? En protégeant les façades, en renaturant la cour d’école et en faisant de l’ombre. Résultat : « Les ombrières installées ont réduit la température au sol de plus de 25 degrés. »

Cela n’a pas été le cas avec le goudron ocre, testé pour réduire la chaleur. « Il s’est vite terni et sali. Son coût élevé ne se justifie pas face à son faible gain thermique, constaté lors de son inéluctable encrassement », explique la commune. En revanche, « de vrais bénéfices écologiques » ont été obtenus avec un revêtement innovant nommé Permab pour l’aménagement de quatre places de stationnement avec cette volonté marquée de « déperméabiliser les sols tout en baissant leur température ».

« Agir et accélérer tous ensemble »

Bernard Mouttet entend ne pas rester inactif, soucieux « d’agir et d’accélérer tous ensemble ». Une « nouvelle ambition urbaine » que partage François de Canson pour qui « il s’agit de faire de la qualité de vie le visage concret de la transition écologique », comme l’a expérimentée la commune de Cuers.

Un engagement pour « un bouclier climatique » qui s’inscrit désormais à l’échelle intercommunale comme l’ont souhaité le président et les six maires de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures.

Les élus (les maires de Pierrefeu et de Collobrières étaient excusés, représentés par leurs premiers adjoints), ont signé ce mercredi une charte « Territoire Basse Température l’été », « la première intercommunalité signataire en France », selon Bernard Mouttet. « Nous nous engageons à construire un schéma directeur intercommunal de lutte contre la surchauffe urbaine, à en faire la base d’un programme pluriannuel d’investissements, à prévoir chaque année une enveloppe budgétaire conséquente dédiée et à mutualiser l’expérience, l’ingénierie, et les compétences entre nos communes », a souligné François de Canson.

La commune de Cuers n’a pas seulement ouvert la voie pour l’intercommunalité. Le maire va aussi travailler à l’échelle départementale. Didier Brémond a annoncé proposer à son conseil d’administration « une commission basse température » que présidera Bernard Mouttet au sein de l’association des maires du Var.

  1. Bernartd Mouttet, maire de Cuers, François Arrizzi, maire de Bormes, Bertrand Carletti, maire du Lavandou, François de Canson, maire de La Londe, Patrick Martinelli, maire de Pierrefeu, Christine Amrane, maire de Collobrières.