Il n’y a rien à jeter dans la copie de Toulon contre Pau (41-20)
Rien, rien, rien, ne jetez rien ! Sérieusement, quel coquin a bien pu suggérer que c’était au printemps que le muguet aimait refleurir ? Cette année, les Toulonnais auront attendu les premières fraîcheurs pour relever le col. Ce samedi 24 octobre, face à la toute-puissante Section paloise, qui déboulait à Mayol sûre de sa force, avec son équipe type et une place de deuxième du championnat à défendre, les joueurs de Franck Azéma ont survolé les débats.
Meilleurs en conquête, irrésistibles en défense, cliniques et délicieux en attaque, dominateurs dans les airs, les coéquipiers d’un Huw Jones complètement métamorphosé ont absolument tout réussi.
Et comme quinze jours plus tôt face au Racing 92, c’est par dix minutes à prendre du plaisir en ferraillant entre copains que le RCT est entré dans son match. Une épaule du révolté Lewis Ludlam arrêtait le tank Beka Gorgadze. Puis le torse et le bras de l’affamé Setariki Tuicuvu empêchaient Théo Attissogbe de s’offrir le premier essai du match.
Alors, avec un cœur immense, les deux soldats accompagnés d’une horde de treize sauvages faisaient complètement déjouer la meilleure attaque du Top 14. Pas habitués à se faire ainsi chahuter, les Béarnais ne trouvaient jamais leur élan. Et puisqu’un sage de la musique française a répété que la meilleure défense était souvent l’attaque, voire la contre-attaque, c’est au sortir de ces dix minutes héroïques que Toulon a blackboulé les Palois.
Oubliez les bleus de travail utilisés jusqu’alors, les Rouge et Noir ont alors décidé d’enfiler leurs habits de lumière. Emmenés par un Melvyn Jaminet en forme internationale et par un Zach Mercer tentaculaire, les Toulonnais faisaient vivre un enfer à une Section hagarde. À la pause, forts d’un triplé de « Mélou » et d’une réalisation de Jones, le RCT menait confortablement 24-6. Et quand il y en a plus ? Il y en a encore !
Au retour des vestiaires, les hommes d’Azéma accéléraient à nouveau. Et par deux fois (Cowie et Gigashvili), pour porter le score à 38-6 dès la 51e minute. Pour la première fois de la saison, Toulon dépassait la barre symbolique des trente points. Et même finalement celle des quarante après la sirène.
À deux points du top 6
Alors, en gourmands que vous êtes, on sait que vous auriez probablement aimé voir vos protégés mettre encore un peu plus le nez des Palois dans le gazon en fin de rencontre. Mais comment regretter le relâchement des vingt dernières minutes, marqué par deux cartons jaunes et deux essais encaissés, au regard de la première heure de jeu de ce RCT complètement méconnaissable ?
Certains leur promettaient l’enfer, et ce samedi soir dans un Mayol pas plein mais électrique, les Varois ont éteint le dauphin du Top 14. Surtout, pour la première fois de la saison, les Toulonnais ont enchaîné un troisième succès de rang, sont revenus à deux longueurs du top 6 et ont prouvé qu’ils avaient le talent (quand ils le décidaient) pour rivaliser avec les tout meilleurs de ce championnat.
Personne n’en doutait au regard des CV posés sur les feuilles de match en ce début de saison ? En tout cas, depuis trois semaines, Toulon semble confirmer sa renaissance et se donne (enfin) le droit de rêver plus grand.