Il regardait Bruges aux toilettes à Anderlecht et voici son plan pour sauver le foot féminin : Olivier Deschacht se livre, "Reviens vite, Lukaku !"

Il regardait Bruges aux toilettes à Anderlecht et voici son plan pour sauver le foot féminin : Olivier Deschacht se livre, "Reviens vite, Lukaku !"

"À moins que Coosemans ne joue à Anderlecht jusqu'à ses 50 ans, mon record de 603 matchs pour Anderlecht tiendra encore 1 000 ans." Ce n'est que l'une des nombreuses phrases marquantes du consultant et Anderlechtois Olivier Deschacht (45 ans) à la veille du match entre ses deux anciens clubs – il a joué à Gand de ses 10 à 14 ans et vit dans la région gantoise, à Destelbergen. "Gand est favori."

Dimanche, Deschacht sera présent tant sur le canal néerlandophone que francophone de DAZN. "Vanhaezebrouck est au commentaire avec Peter Vandenbempt ? Ouh là, quel stress avec de tels calibres. Je vais devoir être affûté."

"J'ai vibré avec les Flames et voici ma proposition"

Mais revenons d'abord sur le passage dans son podcast "Ongefilterd" ("Sans filtre") qui a choqué la Flandre féminine. Il y avait déclaré qu'il ne parvenait pas à regarder le football féminin.

Deschacht : "Cela fait trois semaines que ça me poursuit. Premièrement : le clip a été mal monté. On rit, mais certainement pas avec le foot féminin, mais avec la réponse de Thomas Buffel, qui mentait en disant qu'il regardait le foot féminin. Deuxièmement : j'ai mal répondu et je m'en excuse. Je ne voulais pas être dénigrant. J'aurais dû dire : 'Je ne regarde pas les matchs parce que cela ne m'intéresse pas vu que l'écart avec le football masculin est trop grand.' Je ne suis pas misogyne ! 99,9 % de mes critiques visent les hommes ! Je suis tout aussi incapable de regarder la Formule 1 ou le padel masculin !"

Olivier Deschacht fait polémique après ses propos sur le foot féminin: "Elles me considèrent peut-être aussi comme le plus mauvais des footballeurs"

"Vous savez quoi ? J'ai regardé les matchs des Flames contre la Pologne à la télévision ! C'est un football un peu chaotique, mais j'ai trouvé super dommage qu'elles soient éliminées. Tessa Wullaert a raison de dire qu'il faut travailler de manière plus professionnelle. Ma proposition : les conditions de licence de tous les clubs de D1 devraient stipuler qu'un pourcentage minimum du budget doit être injecté dans le football féminin."

"Anderlecht s'effondre parfois comme un château de cartes"

Et puis Anderlecht. En août, Deschacht avait déclaré qu'Anderlecht devait titiller le Club Bruges dans la course au titre. "Sur base de ce que j'avais vu, je me disais : 'On peut rester dans le sillage du Club et, qui sait, les battre un jour.' Mais il s'avère que je me suis trompé."

"Dans certains matchs, comme au Beerschot, tout s'effondre comme un château de cartes. Et l'entraîneur lui-même ne sait parfois pas trop quoi faire. Parfois, c'est bien, comme en Pologne, même si l'adversaire était nul. Et parfois, c'est un drame. Il n'y a aucune régularité.'

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Pendant ce temps, le Club Bruges gagne même en Champions League. "Un énorme coup de chapeau pour ce qu'ils font. Mais il faut aussi dire que tout leur réussit. Cette occasion ratée de Lautaro Martinez lors d'Inter – Club, même Olivier Deschacht l'aurait convertie (rires)."

"Recalé en '6', Stroeykens n'est pas un '6'"

Ce qui l'inquiète le plus à Anderlecht, malgré le bon match de Stroeykens, c'est l'entrejeu. "Pour moi, Stroeykens en '6' n'est qu'une solution temporaire. C'est un numéro '10' recalé. Et il n'ouvre pas la bouche – alors qu'à ce poste, vous avez besoin d'un leader, quelqu'un qui est toujours disponible. Comme Baseggio, Vanderhaeghe… Zetterberg qui venait chercher le ballon bas, ou Biglia plus tard dans ma carrière. Mario a de bons pieds, mais il reste un '10'. Et Kana ? C'est un bon joueur, mais allez-vous être champion avec lui ?"

"Depuis le départ de Saliba, nous n'avons plus de milieu de terrain. Amane, par exemple, il est où ? Ils devraient peut-être recruter un bon milieu central lors du mercato de janvier."

"C'est un enfer pour Bentayeb"

Sur le plan offensif, Anderlecht ne crée pas grand-chose. "Je trouve Winkler plutôt bon, en Pologne aussi, il a de la vitesse. Mais lui, tout comme Antman ou Ambros, repique toujours vers l'intérieur. Je sais que c'est la mode de mettre un ailier gaucher à droite et inversement, mais il n'y a aucun centre devant le but ! Pour Bentayeb et jeudi pour Cvetkovic, c'est l'enfer ! Et des dix centres de Maamar, il n'y en a qu'un qui arrive à destination. Je vois aussi trop peu de monde dans la surface sur des centres."

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Peu de nouveaux joueurs le convainquent. "J'aime bien ce Biancone et Pétrot. Et Winkler. Mais je comprends la stratégie de Sibierski : il a recruté énormément de joueurs – onze – dans l'espoir que quatre d'entre eux seront une réussite."

"Ma rouge face à Hubert me fâche encore"

Deschacht s'est énervé en voyant Maamar se prendre la rouge au Beerschot. "Combien de fois n'ai-je pas été provoqué ? Parfois, j'étais le seul Flamand sur le terrain. À ce moment-là, le stade de Bruges ne visait pas Polak ou Juhasz, hein."

Deschacht a eu quatre cartes rouges dans sa carrière. Il tape du poing sur la table : "Et elles étaient toutes les quatre injustifiées ! Allez revoir celle face à David Hubert (NdlR : lors d'un Gand – Anderlecht, 1-1 en 2013). Je protège simplement mon ballon et il court contre mon coude. Cela me fâche encore jusqu'à ce jour. Nous aurions dû gagner ce match ! Quel est mon bilan contre Gand avec Anderlecht ? 23 victoires en 36 matchs ? Pas mal. N'oubliez pas de le mentionner (rires)."

"Gand sait où courir, Anderlecht pas"

Son pronostic pour dimanche ? "Il y a de grandes chances que ça se passe mal pour Anderlecht. Je suis impressionné par Gand, malgré l'élimination à Rochefort et la défaite à Braga, qui est une équipe du subtop européen. Gand sait remplacer des joueurs sans perte de qualité. Il y a des automatismes à Gand, ce qu'Anderlecht n'a pas. Au Sporting, ils savent tous jouer au football, mais ils ne savent pas où ils doivent courir."

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"Burgess est le meilleur transfert de Gand. S'il serait performant à Anderlecht ? Non, car il joue uniquement dans un système à trois défenseurs centraux. Il faudrait alors changer l'ADN d'Anderlecht."

"Je deviens fou avec tous ces entraîneurs étrangers"

Et si ça se passe mal dimanche, Bruno doit-il être viré ? "Qui iraient-ils chercher d'autre ? Encore un étranger ? Notre D1 est déjà saturée d'étrangers inconnus. Et nos bons entraîneurs s'en vont à l'étranger : Nicky Hayen, Wouter Vrancken, Philippe Clement. Ça me rend fou."

Deschacht n'est en tout cas pas candidat à la succession de Bruno. "Non, certainement pas. Je ne suis pas assez passionné pour m'occuper de football tous les jours. Anderlecht s'est renseigné un jour pour savoir si l'équipe des espoirs m'intéresserait, mais non. Je ne veux même pas être l'entraîneur de l'équipe de mon fils au RC Gand. Les parents me le demandent, parce que je suis – disons – un papa actif."

"Van Damme m'a convaincu de rester à Anderlecht"

Deschacht repense avec nostalgie aux joueurs avec lesquels il a évolué à Anderlecht. "Si Boussoufa avait joué à l'époque actuelle, il serait à Arsenal après un an. Il a délivré 20 passes décisives et marqué 20 buts lors de sa première saison à Anderlecht (NdlR : en réalité, c'était 10 buts et 15 passes décisives). C'était le même niveau que Tzolis. Et 'Bous' est resté 5 saisons à Anderlecht ! C'est inimaginable."

"Personnellement, j'ai eu quelques propositions pour partir à l'étranger. Mais aller jouer le maintien avec l'Espanyol ou Wigan pour, disons, 600 000 euros par an au lieu de 500 000, ça ne m'intéressait pas."

"Jelle Van Damme a été l'exemple pour moi. Il gagne le titre avec Anderlecht et part à Wolverhampton et n'y est même pas titulaire ! C'est là que je me suis dit : "Olivier Deschacht reste sagement à Anderlecht, car Jelle a plus de qualités que toi'."

"Si Anderlecht perd, c'est encore de ma faute"

Sa nouvelle vie de consultant l'oblige à regarder beaucoup de matchs. "Mais en tant que joueur, je regardais aussi, hein. Surtout ceux de nos concurrents : le Club Bruges, le Standard et Genk. Quand on était dans le vestiaire, il m'arrivait d'aller discrètement aux toilettes pour regarder le match de Bruges sur mon téléphone. Les joueurs qui prétendent ne pas regarder les autres : c'est des conneries !"

Deschacht pensait que dans sa nouvelle vie, les gens l'interpelleraient moins concernant le foot, "mais depuis que je suis consultant, c'est encore pire. Quand Anderlecht perd et que je vais au restaurant, les gens m'adressent la parole comme si c'était de ma faute".

"Il leur faut bien un bouc émissaire… Quel joueur d'Anderlecht se ferait réprimer s'il croise des supporters ? Coosemans, peut-être. Mais Kana, Aasgaard ? Non. Donc, c'est le vieux Deschacht qui en prend encore plein la tronche (rires)."

"Je n'ai pas osé m'en prendre à ce Turc anti-Lukaku"

Sa déclaration sur le foot féminin a appris à Deschacht à se mordre la langue de temps en temps. "Je vais vous donner un exemple. Lorsque Lukaku a été critiqué par ce consultant turc qui disait qu'il était trop gros, j'étais sur le point de réagir sur les réseaux sociaux. Mais in extremis, je me suis dit : 'Ne le fais pas, tu risques de te mettre à dos toute la communauté turque'."

En parlant de Lukaku, il lui adresse d'ailleurs le message suivant : "S'il te plaît, reviens vite à Anderlecht. Il a assez fait ses preuves à l'étranger et il a gagné assez d'argent. Il a été l'un des meilleurs contre la France. Il gardait le ballon face à des défenseurs monstrueux. À 16 ans, il était déjà de forte corpulence, mais allez vous frotter à lui."

"Pourquoi n'en marquerait-il pas 25 avec Anderlecht ? Mais il voudra être bien entouré. Il faudra accepter qu'il fasse venir les joueurs qu'il souhaite…"

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