"Il y a des gens qui meurent tout simplement de faim" : Oleshky, une ville ukrainienne au bord de la famine
Publié le 30/09/2026 22:54
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Article rédigé par France 2 - M. de Chalvron, B. Bervas, @RevelateursFTV - Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions
Mercredi 30 septembre, le JT de 20 Heures enquête sur Oleshky, une ville du sud de l'Ukraine occupée par les Russes depuis 2022. Dans une ville détruite, sans eau ni électricité, 2 000 habitants sont au bord de la famine.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Ce sont des images rares d'une ville coupée du monde et une scène poignante. Sur une route de tous les dangers, à Oleshky (Ukraine), des habitants sur leur vélo rentrent chez eux le plus vite possible, avec leurs bicyclettes chargées de sacs de vivres qu'ils sont allés chercher au péril de leur vie. Dans cette ville, ils risquent la mort pour un peu de nourriture. Les équipes de France Télévisions ont rassemblé des vidéos et des témoignages de cette ville asphyxiée. Sur les murs, les habitants écrivent des messages explicites : "il n'y a pas de nourriture ici, on meurt de faim".
Oleshky est une ville du sud de l'Ukraine, occupée par la Russie depuis 2022. Elle se trouve en face de Kherson (Ukraine), de l'autre côté du fleuve qui, elle, est aux mains de l'armée ukrainienne. Avant la guerre, 24 000 personnes y vivaient. Désormais occupée par l'armée russe et bombardée par les Ukrainiens, la ville est détruite. Il resterait 2 000 personnes dans ce champ de ruines, sans eau ni électricité. Dans un message, une habitante écrit qu'elle est arrivée à bout de ses réserves de nourriture : "Il n'y a plus de conserves. Les poulets ne valent plus rien, ils sont morts. Les chiens ont les côtes saillantes. L'humeur des gens est paniquée, presque suicidaire".
Kseniya Arkhipova, ancienne habitante d’Oleshky, a fui la ville en 2022, mais est toujours en contact avec des proches restés sur place. "Les gens sont en train de finir de manger ce qu'ils avaient réussi à faire pousser dans leur potager. Ils partagent leurs dernières ressources. Il y a des gens qui meurent tout simplement de faim, qui n'ont pas de potager", affirme-t-elle. Les photos que se sont procurées les équipes de France Télévisions montrent une ville à l'agonie, avec des cadavres abandonnés dans la rue, mangés par les animaux. "Il n'y a rien là-bas. Les gens ont été livrés à eux-mêmes. Pas de médicaments, rien du tout. Si vous tombez malade, vous mourrez. Si vous mourez, il n'y a pas de cercueil, rien", alerte un habitant qui a fui la ville récemment.
Plus aucun convoi humanitaire n'est parvenu jusqu'à Oleshky depuis mai 2026. La ville la plus proche, Radensk (Ukraine), est située à une vingtaine de kilomètres, reliée par une seule voie, surnommée la route de la mort. Elle est minée, survolée en permanence par des drones, aussi bien russes qu'ukrainiens. Le 1er septembre, un convoi chargé de vivres a tenté de l'emprunter pour rejoindre la ville. Il a été contraint de s'arrêter et les chauffeurs sont sortis des véhicules qui ont été bombardés. Les camps russes et ukrainiens s'accusent mutuellement d'être les auteurs de cette frappe et d'imposer un blocus sur la ville. L'Ukraine, qui demande l'instauration d'un couloir humanitaire de toute urgence, a organisé dimanche 27 septembre un largage de vivres par drone, insuffisant pour les 2 000 habitants, prisonniers d'Oleshky.
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