Ils ont passé plus de 200 jours consécutifs en mer : l'arrivée de 5 000 marins américains de l'USS Abraham Lincoln à Pattaya inquiètent les autorités autour du tourisme sexuel en Thaïlande

Ils ont passé plus de 200 jours consécutifs en mer : l'arrivée de 5 000 marins américains de l'USS Abraham Lincoln à Pattaya inquiètent les autorités autour du tourisme sexuel en Thaïlande

Après 200 jours de mer et la guerre contre l'Iran, le porte-avions USS Abraham Lincoln accoste mercredi près de Pattaya avec 5 000 marins. La station balnéaire thaïlandaise se prépare entre espoirs économiques et craintes liées à la prostitution.

L'arrivée d'un porte-avions américain en Thaïlande, après une mission record au Moyen-Orient, place la station balnéaire face au dilemme entre retombées économiques et risques d'exploitation sexuelle, sur fond de contrôles policiers renforcés.

L'USS Abraham Lincoln doit accoster mercredi 2 septembre 2026 au port de Laem Chabang, près de Pattaya, avec environ 5 000 militaires à bord. Après plus de 200 jours consécutifs passés en mer, cette escale suscite l'espoir d'une relance commerciale locale mais aussi la crainte d'une flambée de la prostitution dans la province de Chonburi, rapporte Reuters.

Un déploiement militaire record

Parti de San Diego en novembre, le navire a opéré au Moyen-Orient dans la guerre avec l'Iran lors d'une mission de plus de 200 jours consécutifs en mer, un record moderne pour l'US Navy. Des médias spécialisés et des parlementaires américains ont récemment alerté sur l'épuisement des troupes, signalant des tentatives de suicide et une nette baisse de moral à bord.

Contrôles préventifs sur le front de mer

Dans la nuit de samedi à dimanche, la police et les services du développement social de Chonburi ont interpellé 25 femmes soupçonnées de racolage sur la plage de Pattaya et l'avenue Pattaya Sai 2 : 18 Thaïlandaises, 5 Laotiennes et 2 Ougandaises . Toutes ont été verbalisées puis relâchées, d'après les autorités locales .

Au total, près de 50 personnes ont été appréhendées lors de rondes ciblées dans les quartiers nocturnes. "Nous faisons de notre mieux, mais c'est difficile", a reconnu le chef de la police de Pattaya, Anek Srathongyoo.

Entre manne économique et risques sanitaires

Haut lieu touristique depuis la guerre du Vietnam, où les militaires américains venaient déjà en permission, Pattaya compte plus de 300 000 chambres d'hôtel. Selon le maire Poramase Ngampiches, chaque soldat pourrait dépenser 1 000 à 3 000 bahts par jour, soit environ 30 à 91 dollars. Lisa Hamilton, présidente de l'association locale des commerces de nuit, salue une opportunité majeure après des mois d'activité au ralenti.

Bien qu'interdite par la loi thaïlandaise, l'industrie du sexe reste très visible. Pipatpong Fakfare, chercheur en gestion touristique à l'université de Bangkok, met en garde contre les risques sanitaires : "L'arrivée soudaine d'un si grand nombre de clients accroît le risque d'exploitation sexuelle et la transmission d'infections." Une part des retombées pourrait aussi se déplacer vers Bangkok, selon l'Association du tourisme de Chonburi.