"Deux jours de Seven, c’est une bataille mentale" : au cœur du tournoi avec Morgane Bourgeois

"Deux jours de Seven, c’est une bataille mentale" : au cœur du tournoi avec Morgane Bourgeois

La chronique de Morgane Bourgeois - Après deux jours de SuperSevens, mes jambes sont lourdes, quelques courbatures, mais je repars avec la même impression : le rugby à 7 est, à mes yeux, le rugby dans sa forme "primaire". Celui où chaque course, chaque passe, chaque plaquage compte. Et surtout, une préparation idéale pour le XV.

"Physiquement, je le ressens dès les premières minutes : il n’y a pas vraiment le temps de souffler. À sept contre sept, chaque mètre compte. Les matchs sont courts, 14 minutes, mais l’intensité est maximale : courses à haute intensité, changements de direction, contacts, accélérations… On court beaucoup, on combat beaucoup. Pour moi, c’est une préparation physique particulièrement complète, à 7 comme à XV.

J’aime aussi le 7 pour sa précision. Il réunit tous les skills fondamentaux du rugby, qui doivent être parfaitement maîtrisés. Une mauvaise passe, un plaquage manqué ou un soutien en retard peuvent immédiatement coûter sept points. Avec autant d’espace à défendre et si peu de joueuses pour le couvrir, je trouve qu’on mesure encore davantage l’importance de chaque geste.

Ce que j'emporte du 7 au XV...

Mais ce que j’aime peut-être le plus, c’est ce qu’il m’apprend sur les autres. En quelques matchs, on rencontre une multitude de situations et j’apprends rapidement à jouer avec celles qui m’entourent. Avant ce tournoi, je ne connaissais pas forcément Tonie Fiorese, par exemple. Maintenant, je sais qu’elle galope à 2 000 et qu’elle cherchera souvent à déborder sur l’extérieur. Je sais aussi que Valou (Lothoz) a un très bon changement de direction vers la droite. Ces petits détails deviennent précieux quand tout va très vite. J’apprends les qualités de chacune, mais aussi leurs caractères, leurs tempéraments. En deux jours, je sais avec qui je pourrais "partir faire la guerre".

Parce que deux jours de Seven, c’est aussi une bataille mentale. Le premier jour sert à se qualifier, mais le deuxième est celui qui compte vraiment : celui des finales, quand les corps sont les plus fatigués et que le mental doit prendre le relais. Faire le dernier retour défensif, empêcher l’adversaire d’aller marquer entre les poteaux, continuer à plaquer quand les jambes brûlent : ce sont parfois les actions les plus simples qui font gagner un match et qui, moi, me marquent le plus.

Paradoxalement, le terrain ne représente qu’une petite partie du week-end. Avec deux matchs par jour, cela fait environ 28 minutes de jeu. Le reste, je le partage avec mon équipe : récupération, préparation, repas, discussions, observation des autres matchs… Yannick, notre coach, l’a d’ailleurs souligné : c’est notre vrai week-end de cohésion. C’est finalement ce que j’aime dans le SuperSevens. En deux jours, je cours, je souffre, j’apprends à connaître les autres et surtout, à leur faire confiance. Quand je reviens au XV, j’emporte forcément un peu de tout ça avec moi."