Incendie en Gironde: une association anti-corruption porte plainte après la création d'un pare-feu au Cap Ferret par un homme d'affaires

Incendie en Gironde: une association anti-corruption porte plainte après la création d'un pare-feu au Cap Ferret par un homme d'affaires
Des travaux de déforestation menés pour créer de larges pare-feux afin de limiter la propagation de l'incendie de Saumos (Gironde), le 27 juillet 2026.

Des travaux de déforestation menés pour créer de larges pare-feux afin de limiter la propagation de l'incendie de Saumos (Gironde), le 27 juillet 2026. - Photo par ESTELLE RUIZ / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

L'association anti-corruption AC!! dénonce la création d'un pare-feu sur des terrains publics et sans autorisation préalable par un homme d'affaires du Cap Ferret lors du mégafeu en Gironde. Elle réclame une enquête pour "d'éventuelles infractions environnementales".

L'association anti-corruption AC!! a déposé plainte ce mercredi 19 août contre X pour demander une enquête sur les circonstances de la création d'un pare-feu lancé illégalement par un homme d'affaires du Cap Ferret lors du mégafeu en Gironde, avant d'être autorisé par les pouvoirs publics.

Benoît Bartherotte, président de l'Association de défense de la pointe du Cap Ferret (ADPCF), presqu'île huppée où se situe sa propriété de 4 hectares, a pris publiquement l’initiative, le 23 juillet, au lendemain du déclenchement du mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares en Gironde, d'abattre des pins sur plusieurs centaines de mètres de large pour ériger ce pare-feu.

Un chantier débuté sans autorisation sur des terrains publics

L’incendie parti en milieu de journée de Saumos s'approche alors du bourg de Lège-Cap Ferret, plus au nord. Les autorités évacuent des dizaines de milliers de personnes du bourg de Lège et de la presqu'île, face au risque d'avancée des flammes sur l'unique route d'accès au secteur.

L'homme d'affaires de 79 ans rencontré le 29 juillet par l'AFP sur "son" chantier, financé par son association, assume alors "d'être dans l'action" face à "l'urgence", expliquant avoir fait jouer ses réseaux "jusqu'à Brigitte Macron", pour obtenir une autorisation a posteriori.

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Dans sa plainte, AC!! pointe un chantier débuté sans autorisation, sur des terrains qui appartenaient pour partie à la municipalité et à l'Office national des forêts (ONF).

Le chantier de Benoît Bartherotte, à l'extrême sud de la presqu'île, avait été suspendu le 26 juillet à la demande de la mairie, avant de reprendre deux jours plus tard à la suite de "discussions avec les autorités", relève l'association anti-corruption.

"Un culot monstre"

Celle-ci réclame une enquête sur "d'éventuelles infractions environnementales et forestières" et sur "les conditions exactes dans lesquelles certaines autorités publiques ont pu permettre ou faciliter" la poursuite du chantier.

Localement, "on connaît Benoît Bartherotte qui a un culot monstre", commente Jean-Pierre Steiner, ancien commissaire de police membre d'AC!!.

"À travers son association, il a d'abord protégé sa propriété, pas la nature", fustige-t-il, estimant que l'homme d'affaires s'est "exempté" du respect des règles et a ensuite "tordu le bras" des autorités pour faire autoriser un ouvrage réalisé "sans aucune coordination en amont".

Le 27 juillet, un deuxième pare-feu, bien plus vaste, est réalisé légalement par les autorités, plus au nord à l'entrée de la presqu'île, dans des travaux colossaux consistant à créer au total 127 kilomètres de pare-feux pour empêcher la progression des flammes dans le département.

"Ça ne coûte rien au contribuable", se défend Bartherotte

Benoît Bartherotte est installé depuis le début des années 1980 sur la presqu'île, où il s'est fait connaître par ses incessants travaux pour maintenir une digue de lutte contre l'érosion, objet d'un bras de fer judiciaire depuis plusieurs décennies avec les autorités.

Contacté par l'AFP, l'homme d'affaires ne conteste pas avoir agi sans autorisation initiale mais explique l'avoir fait "en substitution de la carence de la force publique".

"On a fait très vite, sans que ça ne coûte rien au contribuable. Alors oui, que des gens soient intervenus pour s'insurger de la suspension de notre chantier et que ces interventions aient déterminé une intervention rapide de l’État, c'est possible, mais c'est sensé", estime-t-il.

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