Inde: la Commission électorale accusée de supprimer des millions d’électeurs des listes pour favoriser le pouvoir

Inde: la Commission électorale accusée de supprimer des millions d’électeurs des listes pour favoriser le pouvoir

En Inde, une enquête publiée dans la presse mercredi 23 septembre met gravement en cause les méthodes de la Commission électorale et l’accuse d’avoir mené des campagnes de suppression massive d’électeurs. Ces méthodes illégales font écho aux propos de l’opposition et des minorités, qui affirment depuis des années que des électeurs ont été privés de leur droit de vote. Le même jour, la Cour suprême émet des doutes si la même commission serait vraiment indépendante du pouvoir.

Publié le : 23/09/2026 - 20:03

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L'enquête publiée ce matin par The Indian Express relance la controverse sur la purge des listes électorales, et en particulier sur les procédures informatiques de suppression d’électeurs jugés inéligibles. La justice avait déjà critiqué l'usage de logiciels opaques et non audités pour rayer « mécaniquement » des millions d'électeurs, rapporte notre correspondant à New Delhi, Abdoollah Earally.

Désormais, la presse mentionne également de graves dissensions internes : deux des trois commissaires électoraux auraient dénoncé ces méthodes de suppression massives d’électeurs, qu'ils qualifient d'« illégales ». Mais selon la presse, le président de la Commission électorale indienne (ECI) serait passé outre aux objections des deux autres membres à au moins 14 reprises au cours des dix derniers mois au sujet de cette révision qui a conduit à la radiation d'environ 130 millions d'électeurs.

Cette controverse arrive après plusieurs années de critiques de l'opposition et des minorités, qui affirment que ces suppressions massives d’électeurs les ciblent délibérément au profit du pouvoir.

Autre coup dur pour la Commission électorale : dans un éditorial, le quotidien The Hindu l'accuse d'agir comme « un instrument du BJP », le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi.

Dans la démocratie la plus peuplée du monde, une telle controverse est d’autant plus dommageable que le même mercredi 23 septembre, à New Delhi, la Cour suprême a mis en doute l’indépendance de cette Commission électorale.

Alors que cette dernière se défend d’avoir agi hors des règles, le Parti des cafards, s’en mêle aussi avec cette critique : « Hier, les électeurs choisissaient leur gouvernement ; aujourd’hui, c’est le gouvernement qui décide qui peut voter. »

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Empêcher l’inscription d'« immigrés clandestins » sur les listes ?

Dans un communiqué publié mercredi, l'ECI a déclaré avoir pris de nombreuses décisions et engagé des réformes électorales ces derniers mois, mais que l'article de l'Indian Express ne reflète « qu'une partie de la réalité ».

Selon l'ECI, cette révision visait à supprimer les doublons et à empêcher l'inscription d'« immigrés clandestins » sur les listes électorales, un vocabulaire utilisé par le parti hindou au pouvoir pour désigner des personnes de confession musulmane, qu’elles soient étrangères ou indiennes.

Le BJP dénonce depuis de longues années la présence sur les listes électorales de migrants de confession musulmane en situation irrégulière, venus notamment du Bangladesh voisin. Mais des organisations de défense des droits et l'opposition soutiennent que cette révision conduit à l'exclusion d'électeurs légitimes au bénéfice du parti nationaliste hindou lors des scrutins.

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