Infographies. Violences physiques, sexuelles, familiales : votre commune est-elle la plus touchée ?

Infographies. Violences physiques, sexuelles, familiales : votre commune est-elle la plus touchée ?

Coups et blessures, violences sexuelles, violences intrafamiliales... Ces crimes et délits font partie de la dizaine d'indicateurs suivis de près par le ministère de l'Intérieur à l'échelle communale. Son service statistiques a publié le 26 mars la mise à jour de la Géographie de la délinquance à l’échelle communale en 2025.

Ainsi l'an dernier, 473 000 victimes de violences physiques ont été enregistrées par les services de police et de gendarmerie nationales, (dont 114 500 sont mineures, 24%) et 132 300 victimes de violences sexuelles (dont 76 200 sont mineures, 58%).

Plus de la moitié des victimes (54%) ont subi ces violences dans la sphère familiale (conjugale ou non). Sur la même année, 342 800 personnes étaient mises en cause par les services de sécurité pour violences physiques et 84 900 pour violences sexuelles.

+5% de violences physiques

On y apprend aussi que les violences physiques repartent à la hausse (+5 %) en 2025 après une année de quasi-stabilisation (+1%). L’évolution annuelle reste cependant inférieure à l’évolution en moyenne par an depuis 2016 (+8%).

Cette croissance est observée tant pour les violences intrafamiliales (+5%) que celles commises hors cadre familial (+5%).

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+8% de violences sexuelles...

Les violences sexuelles continuent d’augmenter, avec 132 300 victimes enregistrées en 2025, soit une hausse de 8%, proche de celle observée en 2024 (+7%). Cette progression reste toutefois un peu moins rapide que sur la dernière décennie, où l’augmentation moyenne atteignait 11% par an.

Les viols et tentatives de viol connaissent encore une forte hausse (+9%). Sur dix ans, le nombre de victimes recensées a été multiplié par 2,6, passant de 51 900 en 2016 à 132 300 en 2025.

... les trois quarts hors de la sphère familiale

Par ailleurs, près de trois quarts des violences sexuelles enregistrées en 2025 ont lieu en dehors du cadre familial, et plus de la moitié des victimes étaient mineures au moment des faits (58%). Entre 2016 et 2025, les violences sexuelles intrafamiliales ont augmenté plus rapidement que celles commises hors de la famille (+213% contre +139%).

Cette hausse est particulièrement marquée chez les victimes majeures de violences sexuelles conjugales, dont le nombre a été multiplié par plus de quatre sur la période. Malgré cela, ces dernières restent minoritaires, représentant 12% des victimes de violences sexuelles.

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Moins d'une victime sur cinq porte plainte

Quelle que soit l’atteinte à la personne concernée, moins d’une victime sur cinq porte plainte dans un commissariat ou une gendarmerie, à l’exception des violences physiques (21%).

Les taux de victimes ayant déposé plainte sont particulièrement faibles pour les atteintes les plus fréquentes comme les injures (5%), le harcèlement moral (7%) et les violences sexuelles non physiques (harcèlement sexuel, exhibition sexuelle ou envoi d’images à caractère sexuel et non sollicitées, 2%) ou les discriminations (1%).

Les victimes de violences sexuelles physiques, moins nombreuses, effectuent également peu cette démarche (6%). Alors que pour un cambriolage, les victimes portent plainte dans 69% des cas ; 51% pour un vol (ou une tentative de vol) de voiture.

Les victimes qui n’ont pas déclaré les faits donnent le plus souvent les mêmes raisons : cela n’aurait servi à rien, l’atteinte subie n’était pas assez grave pour être signalée, elles pensaient ne pas être prises au sérieux par la police ou la gendarmerie ou ont préféré trouver une autre solution.

Pour quantifier ce phénomène, le service statistique du ministère de l'Intérieur réalise, depuis mars 2022, une enquête sur le vécu et le ressenti en matière de sécurité, dite de « victimation ». Un échantillon de personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus, constitué par l'Insee, est interrogé sur les faits de délinquance qu’elles ont pu subir.

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Profil des victimes

Violences sexuelles : les mineurs d'abord

Les mineurs constituaient toujours la majorité des victimes de violences sexuelles en 2025, avec 58% des cas. Parmi elles, 19% ont moins de 10 ans et 39% ont entre 10 et 17 ans. Bien que leur proportion ait légèrement diminué, ils restent les principales victimes des violences sexuelles intrafamiliales enregistrées par les forces de l’ordre (62% en 2025 contre 72% en 2016).

L’augmentation de ce nombre de victimes s’explique en partie par la hausse des faits anciens signalés (crimes ou délits), notamment pour les personnes qui étaient mineures au moment des faits, ainsi que pour les violences commises dans le cadre familial.

Ainsi, en 2025, 79% des mineurs victimes de violences sexuelles intrafamiliales ont porté plainte pour des faits survenus avant l’année de l’enregistrement, contre 55% pour les violences commises hors du cadre familial.

Après une forte progression entre 2016 et 2021, la part de ces faits anciens signalés s’est toutefois stabilisée depuis 2022.

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Violences physiques : majoritairement des femmes en famille...

En 2025, les victimes de violences physiques, criminelles ou délictuelles, enregistrées par les services de sécurité sont un peu plus souvent des femmes (54%). Leur part est même beaucoup plus importante quand les violences sont commises au sein de la famille (73%) alors qu’elles sont minoritaires parmi les victimes de violences physiques commises en dehors du cadre familial (32%).

Les femmes sont ainsi en moyenne près de trois fois plus victimes que les hommes de violences perpétrées au sein de la famille (5,3 victimes pour 1 000 habitantes, contre 2,1 pour 1 000 habitants).

... et des hommes hors de la sphère familiale

À l’inverse, hors de la sphère familiale, les hommes sont beaucoup plus souvent victimes que les femmes de violences physiques enregistrées (4,4 victimes pour 1 000 habitants, contre 1,9). Le taux d’hommes victimes par habitant est très faible avant l’âge de 10 ans et augmente très rapidement ensuite, atteignant son maximum entre 15 et 19 ans, avec 9,4 victimes pour 1 000 habitants.

Quel que soit l’âge au-delà de 10 ans, les taux masculins sont au moins deux fois supérieurs aux taux féminins lorsque les violences physiques sont commises en dehors de la sphère familiale.

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Profil des mis en cause

342 800 personnes en 2025

En 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont mis en cause 342 800 personnes pour violences physiques (hors homicides et tentatives d’homicide) constituant des crimes et des délits. Comme pour les victimes, la plupart sont majeures (89%) et les violences sont majoritairement commises dans un cadre familial (59%).

Les services de sécurité ont enregistré 84 900 mis en cause pour violences sexuelles en 2025. Ils sont plus souvent majeurs que les victimes (75% contre 42%). Les violences sexuelles pour lesquelles ils sont mis en cause se déroulent majoritairement en dehors de la famille (80%). Un quart des mis en cause mineurs a moins de 13 ans (26% contre 28% en 2016).

Pour les violences physiques comme sexuelles, les mis en cause sont principalement des hommes, respectivement 80% et 95%.

Atteintes aux personnes : plus de 50% de 30-44 ans

61% des auteurs présumés de violences physiques et 50% des mis en cause pour violences sexuelles ont 30 ans ou plus. Ils représentent 72% des mis en cause pour violences physiques intrafamiliales. Mais parmi les 30 ans ou plus, les 30-44 ans représentent plus de la moitié des mis en cause, quelle que soit l’infraction retenue.

Les infractions où les mineurs au moment de la commission des faits sont les plus représentés en tant qu’auteurs présumés sont les violences sexuelles (25% des mis en cause, dont 7% ont moins de 13 ans) et les violences physiques hors cadre familial (24%).