Internet. Google lance ce mercredi les AI Overviews : ce que ça change pour vos recherches en ligne

Internet. Google lance ce mercredi les AI Overviews : ce que ça change pour vos recherches en ligne

Et si la moindre recherche Google vous proposait une synthèse rédigée en réponse à la question posée, plutôt qu'une liste de sites web ? Avec les AI Overviews (ou Aperçus IA, en français) c'est la petite révolution qui arrive dès ce mercredi pour les internautes. En France, près de 90 % utilisent Google comme moteur de recherche. De quoi affaiblir notablement les audiences des sites auparavant listés par Google, puisque la réponse qui s'y trouve serait donnée en amont - c'est du moins la promesse du géant californien, grâce à son intelligence artificielle Gemini.

Actuellement, plus de 120 pays offrent déjà cette fonctionnalité apparue en 2024, et aujourd'hui disponible dans 11 langues différentes. D'autres moteurs de recherche, comme Bing (Microsoft, avec son IA Copilot), le proposaient déjà. Mais Bing ne dépasse pas 5 % de parts de marché. « Nous mettons tout en œuvre pour déployer les Aperçus IA », avait indiqué Google le 1er juillet, mais sans donner une « date précise de lancement », évoquant seulement « cet été ». En sus de ces aperçus rédigés par intelligence artificielle, Google lance un moteur conversationnel, l'AI Mode (Mode IA), similaire à ceux de ChatGPT (OpenAI) ou Grok (X), par exemple.

Un résumé... et des sources (ou une seule)

Concrètement, les AI Overviews proposeront un résumé de quelques lignes en tête des résultats de la recherche effecutée, en indiquant ensuite ses sources... c'est-à-dire les premiers résultats d'une recherche classique. Très souvent, il s'agira de la page Wikipédia relative au sujet, ou d'un article de presse dont sont issues les informations ainsi résumées.

Aux États-Unis, la fonctionnalité est disponible depuis mai 2024. Et ils ont profondément transformé la recherche web, avec une chute drastique du trafic de certains sites - en particulier les sites d'information. Même les mieux référencés - qui arrivent le plus souvent en tête des recherches Google - ont observé, selon Forbes, une chute de leur trafic de 61% en deux ans quand un résumé par IA est présent au-dessus. C'est ce qui inquiète les éditeurs de nombreux sites internet français - dont ceux des éditeurs de presse. Malgré des liens notoirement tendus entre eux et Google, l'entreprise californienne assure aujourd'hui que « les dernières barrières ont été levées ». En pratique, les 450 médias qui ont auparavant signé un accord avec Google pourront choisir d'apparaître ou non dans les AI Overviews et le Mode IA, auquel cas ils bénéficieront d'une « compensation financière ». Ils auront aussi accès à des données de navigation issues de ces aperçus.

Des résultats de recherches parfois mitigés

Qu'en sera-t-il des résultats, des critères de choix des sources, des détails importants qui parfois peuvent se nicher au cœur d'un article ou d'une description ? Peu de risques avec une question basique - comme « que s'est-il passé dimanche près de Nancy ? ». Testée sur l'outil similaire de Microsoft, la recherche donne un résumé correct de l'accident d'avion qui a fait 11 morts, et des liens adaptés.

Mais avec des recherches sur des événements ou des sujets plus confidentiels, moins tranchés voire sujets à controverse, les résultats sont beaucoup moins probants. Bing n'hésite pas à donner un résumé factuellement erroné, agrémenté d'une « source » notoirement complotiste. Ce qui est susceptible de poser des problèmes de sécurité ou de santé publique, par exemple, selon la recherche effecutée. Le recul, aux États-Unis ou ailleurs, a permis de voir les AI Overviews recommander de... manger des cailloux pour bénéficier d'un bon apport en vitamines et minéraux. Un site web entier est dédié au partage de nombreux échecs d’une intelligence artificielle présentée comme capable de révolutionner nos usages...

L'épineuse question des données

Autant d'exemples regrettables, sans doute voués à devenir l'exception. Mais avec 5 000 milliards de recherches Google chaque année, même de rares exceptions se chiffrent en millions. Quant aux médias français, déjà fragilisés, ils redoutent évidemment une baisse de trafic, mais pas seulement : « Nous souhaitons des discussions et un accord collectif, préalablement au déploiement » des nouvelles fonctionnalités, qui représentent « un énorme défi » déclare Marc Feuillée, président de l’Apig, organisme qui regroupe près de 300 quotidiens français.

« Google va-t-il payer le juste prix ? Mais il n’y a pas que la rémunération : il y a le ciblage des publics, l'exploitation des données, la responsabilité des contenus… Il y a énormément de sujets sur la table », souligne Encarna Marquez, directrice de l'IA chez France Télévisions. Elle s'inquiète pour « le lien » avec les usagers. Un sujet qui n'est pas que franco-français : selon le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, des groupes comme Google « volent effrontément la propriété intellectuelle » des médias d'information.