Isère. Suicide de Joris : quatre jeunes placés en garde à vue

Isère. Suicide de Joris : quatre jeunes placés en garde à vue

Quatre jeunes gens, dont un mineur, sont entendus depuis lundi 28 septembre après le suicide de Joris Laurencin. Le 12 juillet, ce jeune homme de 21 ans s’était donné la mort à Châtonnay. Ses proches pointent depuis un harcèlement raciste qui aurait conduit au drame.

V.W. -

Aujourd’hui à 14:05 | mis à jour aujourd’hui à 14:33

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Un harcèlement raciste pourrait-il avoir conduit Joris Laurencin, 21 ans, à commettre l’irréparable : se donner la mort ?

Pour faire toute la lumière sur ce drame dont l’onde de choc a largement dépassé les frontières du Nord-Isère, cet été, quatre jeunes gens, dont un mineur, ont été placés en garde à vue lundi 28 septembre au matin, a appris de sources concordantes le Dauphiné libéré. Tous les quatre, originaires du pays saint-jeannais, sont auditionnés par les gendarmes de la brigade de recherches de Vienne, en charge de l’enquête ouverte par le parquet de Vienne pour « menaces de mort réitérées à raison de la race, harcèlement moral, provocation au suicide, bizutage et injures à raison de la race ».

Joris Laurencin s’est suicidé, le 12 juillet 2026 à Châtonnay, sa famille dénonce un harcèlement raciste. Ils ont porté plainte. Deux enquêtes sont ouvertes.  Photo Capture d’Écran Facebook

Joris Laurencin s’est suicidé, le 12 juillet 2026 à Châtonnay, sa famille dénonce un harcèlement raciste. Ils ont porté plainte. Deux enquêtes sont ouvertes.  Photo Capture d’Écran Facebook

Des SMS d’injures racistes

Le drame était survenu le 12 juillet, dans ce petit village nord-isérois. Joris, jeune homme de 21 ans et cariste de profession, décidait de mettre fin à ses jours. Son corps était découvert le lendemain de sa disparition, sous un arbre à l’orée de la forêt d’une colline de son village de Châtonnay. Ses proches, en premier lieu ses parents et sa sœur, avaient alors découvert que Joris était, selon eux, harcelé depuis plusieurs mois. Point d’orgue de ce harcèlement : trois semaines avant de se donner la mort, précisément le 20 juin en soirée, Joris avait reçu un premier SMS d’injures racistes : “Tu me fais trop le bougnoul toi”. Un SMS suivi immédiatement d’un second menaçant de le tuer : “Je vais te planter”. Des SMS d’un jeune Saint-Jeannais que la famille de Joris désignait jusqu’alors comme l’un des possibles harceleurs. Une plainte était alors déposée par les parents.

Une certaine omerta

Si de premières auditions avaient été réalisées dans le cadre de l’enquête initiale en recherche des causes de la mort, les gendarmes, saisis d’un nouveau cadre d’enquête, ont, au cours de l’été, recensé l’ensemble des personnes pouvant être potentiellement entendues. « De nombreuses auditions doivent être réalisées dans l’environnement familial, professionnel et amical » du jeune homme, avait alors précisé Olivier Rabot, procureur de la République de Vienne.

Devant composer avec une certaine omerta qui s’est depuis instaurée dans la campagne saint-jeannaise, les enquêteurs ont identifié quatre jeunes, dont l’auteur des fameux SMS du 20 juin. Quatre jeunes qui, depuis ce matin, doivent répondre aux questions des enquêteurs.