"J'ai hurlé pendant une minute" : Alexander Blockx revient sur l'épisode qui a failli briser sa saison
Depuis plusieurs mois, la carrière d'Alexander Blockx a pris un fameux coup d'accélérateur. Finale du Masters NextGen, première participation à un Grand Chelem, demi-finale d'un Masters 1 000, à Madrid, et un ranking où il a effacé les barrières du top 100 puis du top 50 pour décrocher ce lundi le meilleur classement en carrière suite à sa finale à Estoril : 32e mondial. Ce parcours à vitesse grand V attire bien évidemment les regards extérieurs à la Belgique où son énorme potentiel était déjà connu.
C'est donc dans un podcast américain très populaire, "The Changeover", que l'Anversois s'est récemment exprimé tout en décontraction face à Justin Roberts et Jody Maginley, deux joueurs issus des Caraïbes qui évoluent sur le circuit secondaire. Morceaux choisis…
"Je ne dors pas nu"
L'actuel numéro un belge s'est exprimé sur les difficultés rencontrées ces dernières semaines à cause des fortes températures : "Jouer dans ces conditions, c'est impossible. Un match en cinq sets, ce serait inimaginable. En Europe, quand il fait chaud, c'est incomparable avec les États-Unis, par exemple. S'il fait 25 degrés en Europe, c'est comme 32 aux États-Unis."
guillementParfois mon lit est trempé."
À la question de savoir s'il dormait nu, Alexander a répondu directement : "Non, pas nu. Je te jure. Parfois mon lit est trempé. Il faut être patient. Même si tu n'arrives pas à t'endormir la première heure, il faut attendre."
Ce qui a choqué directement dans cet entretien Justin Roberts et Jody Maginley, c'est la voix de notre compatriote : "Elle devient de plus en plus grave chaque année, c'est dingue. Je suis encore en pleine puberté (rires). À chaque fois que je revois quelqu'un après quelques mois, il me dit : 'Oh merde, ta voix !' Qu'est-ce qui se passe ?"

Dans le podcast, Alexander Blockx est également revenu sur l'incident à Roland-Garros où il s'est tordu la cheville sur une bâche en fond de court lors d'un entraînement avec Fonseca après son premier match.
"Je me sentais vraiment bien physiquement. J'avais gagné en trois sets. Je n'étais pas fatigué. Sur les courts au centre d'entraînement, il n'y a pas beaucoup d'espace derrière la ligne de fond et ils ont installé des bâches pour protéger les terrains de la pluie. Il y a environ quatre mètres puis les bâches. J'ai joué un retour extérieur et au moment où je veux reprendre un appui, je me suis complètement foulé la cheville. Mon pied est resté bloqué dans la bâche. Heureusement que je portais mon attelle, car je m'étais déjà foulé la cheville deux fois auparavant. J'ai entendu un craquement, je me suis dit 'merde' et j'ai hurlé pendant une minute. Je ne pouvais pas contrôler mes émotions. C'était horrible. J'ai eu une rupture du ligament talo-fibulaire antérieur."
guillementJ'ai publié ce message par frustration."
À chaud, Alexander Blockx s'est fendu d'un message sur Twitter (X), "Malheureusement pendant l'entraînement j'ai entendu un craquement dans ma cheville suite à une foulure à des causes des bâches 'vraiment nécessaires' à l'arrière du court… Beaucoup de frustration mais on passe à autre chose", qu'il a ensuite retiré.
"J'étais tellement en colère. J'éprouvais tellement d'émotions. Par frustration, j'ai publié ça. Mon préparateur physique m'a alors dit : 'Je ne vais pas te dire quoi faire, mais je pense que ce serait plus mature et mieux pour ton image de supprimer ce passage. Cette bâche est inutile. Mais il est injuste de critiquer le tournoi'. Je me suis dit : 'c'est vrai'. Je ne suis pas du genre à en faire toute une histoire. C'était juste un coup du sort."
Avec son staff, il a ensuite pensé à poursuivre le tournoi, mais cela n'a pas été fait.

"Un peu dingue sur ce point"
Comme de nombreux joueurs, le droitier de 21 ans a été longtemps superstitieux par rapport à son matériel et surtout sa raquette : "Je suis un peu dingue sur ce point. Maintenant, cela va mieux. Je n'ai rien changé depuis octobre. Avant, je changeais tout le temps. Je faisais un mauvais match et j'appelais Dieter (NdlR : Calle, spécialiste dans la personnalisation des raquettes) : 'Dieter, mon service ne marche pas. Je veux ajouter du poids à ma raquette, genre en tête.' Il me disait : 'Non, non, non'. Maintenant j'ai enfin trouvé ce qui me convient. Avant je jouais avec une raquette légère mais avec du poids en tête. Dieter disait toujours que pour le développement de la technique, c'était mieux. C'est en partie grâce à cela que mon coup droit s'est autant amélioré. Mais pour le reste, le service, le revers et le retour, je n'étais pas au top. Mon coup droit, lui, était incroyable à chaque match. Franchement, j'ai atteint le top 120 uniquement grâce à mon coup droit. Maintenant, la raquette est plus équilibrée."
guillementJe changeais de raquette après chaque mauvais match."
Avec parfois dans le chef d'Alex un comportement complètement opposé à l'ancien : "Un match entier avec la même raquette. Par superstition, peut-être. Dans un tournoi Challenger, j'ai perdu 6-3, 6-7, 6-3. J'ai changé de raquette deux fois pour des balles neuves. J'ai subi un break deux fois. Après ça, je me suis dit : 'Hors de question ! Je ne change plus ! Je joue avec la même raquette !"

"Je bats Cerundolo avec un cordage inconnu"
Et malgré tout son professionnalisme, Alexander Blockx a connu une drôle d'histoire avec son cordage au Masters 1 000 de Madrid. "On était sur la route depuis quatre semaines, j'avais enchaîné les matchs, on était crevés. Je devais jouer les qualifications et je passe de justesse. J'étais presque à court d'électrolytes, je n'avais plus rien, et il ne me restait presque plus de cordage. J'ai vu le tableau principal et je me suis dit : 'Ce serait bien de gagner un ou deux matchs.' Jamais je ne pensais à une demi-finale."
guillementJe ne pensais pas arriver en demi-finale à Madrid."
Ce qui a engendré une situation folle : "Après les deux premiers tours, il me restait du cordage pour sept raquettes. Je me suis dit : 'Je joue contre Auger-Aliassime, top 5, quelles sont mes chances de gagner ? Et si je commande des cordages, ils arriveront trois ou quatre jours plus tard.' Si jamais je n'ai plus de cordages, j'en achèterai dans un magasin. Je gagne contre Félix, je dois rejouer le lendemain et il me restait, je pensais, du matériel pour trois raquettes. Mais en fait, il ne me restait rien. Mon coach téléphone dans trois magasins, mais personne n'avait du Tecnifibre Black Code 1,28 mm. Je devais jouer contre Francisco Cerundolo. On a donc mis le cordage du tournoi, du Head Hawk 1,30 mm. On n'avait pas le choix, on a cordé trois raquettes avec du Head Hawk. Je n'avais jamais joué avec de ma vie. Je n'avais pas changé de cordage depuis six ans."
Ce qui n'a pas empêché notre compatriote de dominer l'Argentin : "Pendant l'échauffement avec mon coach, c'était vraiment agréable. Puis le match a commencé. Là, mon Dieu, je ne sentais plus rien ! Imaginez, le quatrième tour d'un Masters 1 000, et vous jouez avec un cordage que vous n'avez jamais utilisé auparavant ! Heureusement que je servais bien, mon service était incroyable ce jour-là. Mais pendant les échanges, j'étais tellement crispé. Finalement, j'ai gagné. Le lendemain, contre Casper Ruud, j'avais retrouvé mon cordage dans un magasin. Mais ce match contre Francisco, c'était l'enfer ! Je ne sentais aucune balle."
"Je suis raide des hanches"
Avec son mètre 93 et ses 83 kg, celui qui est maintenant sous la houlette de la fédération flamande de tennis avec Ruben Bemelmans comme coach principal est un beau bébé. L'archétype du joueur moderne capable de mettre beaucoup de puissance dans ses coups mais aussi de bien se déplacer.
"Je ne soulève plus aussi lourd qu'avant. Je pense qu'il s'agit surtout de prendre soin de son corps. Pas forcément de faire des charges lourdes chaque semaine. Je travaille beaucoup mon explosivité. La mobilité des hanches est très importante pour moi, car elles sont raides depuis mes débuts. Mes hanches et mes chevilles ne sont pas très fluides. Pendant la période de préparation, on peut soulever des charges lourdes, mais le reste de l'année, il s'agit surtout de prévention. L'important, c'est d'entretenir sa forme physique."
guillementShake Shack devant Five Guys. Smash Burger est pas mal, aussi."
"Les Hamburgers, mon repas plaisir"
Et il semblerait que pour y parvenir, Alexander Blockx ne doit pas trop craquer par rapport à un de ses péchés mignons, les hamburgers, comme il l'a dévoilé dans le podcast suite à une question de Michael Geerts (ATP 337) : "Le meilleur burger, selon moi, c'est Shake Shack. Et Five Guys est juste derrière. C'est mon repas plaisir à chaque fois que je suis aux États-Unis. Smash Burger, c'est pas mal aussi. À Miami, je suis allé chez Chick-fil-A, spécialiste des plats à base de poulet, après le tournoi. J'avais perdu au dernier tour des qualifications et j'attendais comme possible repêché. J'y suis resté quatre jours, j'en avais marre, je voulais rentrer. Le vendredi soir, j'ai pris cinq sandwichs au poulet, des frites, des nuggets et un milk-shake vanille. J'étais aux anges puis malade comme un chien."
"J'adore le hip-hop américain"
Avant de mettre un terme à une discussion de plus d'une heure rythmée par des rigolades, Alexander Blockx évoqua ses goûts musicaux : "J'aime bien J. Cole, Lil Tecca est cool aussi. J'adore le hip-hop américain. Drake est bien aussi. Avant, j'étais un grand fan de The Kid Laroi, mais j'ai l'impression que sa musique n'est plus vraiment mon style. J'ai besoin d'un peu de son pour me détendre."
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