"J'ai posé la question à Donald Trump à bord d'Air Force One. Je voulais connaître son avis sur le bruit qui court"
Au regard des dernières enquêtes d'opinion concernant Donald Trump, il est difficile d'imaginer un quelconque optimisme dans les rangs présidentiels. Selon le sondage mené par l'American Research Group entre le 16 et 20 octobre, la cote de popularité du locataire de la Maison-Blanche est tombée à 29 %. Un peu plus tôt, une enquête d'opinion du New York Times et de la Siena University rapportait un taux d'approbation de 34 % vis-à-vis de la politique du chef d'Etat.
Mais voilà, le président américain garde la banane. Plus encore, il continue de dire à qui veut bien l'entendre que c'est grâce à sa popularité que les Républicains vont remporter les midterms du 3 novembre. Un journaliste du Washington Examiner a d'ailleurs dévoilé une conversation qu'il avait pu avoir à ce sujet avec le locataire de la Maison-Blanche à bord d'Air Force One. "Je lui ai posé la question alors que nous étions installés dans l'avion", a rapporté Byron York. "Je voulais connaître son avis sur le bruit qui court, je voulais savoir si malgré l'enthousiasme qu'il observait dans les meetings de campagne, il pensait que les Républicains allaient perdre la Chambre des représentants comme beaucoup de gens l'affirment." Au lieu de répondre, le milliardaire a tenté de connaître l'avis de son interlocuteur. "Et vous, vous en pensez quoi ?", lui a-t-il lancé. Quand le journaliste lui a fait savoir qu'il était persuadé que le parti présidentiel se dirigeait vers une défaite pour ce scrutin du 4 novembre, le chef d'Etat s'est contenté de balayer cette affirmation : "Les gens disent ça", a-t-il réagi. "Je ne le vois pas. Il y a un tel enthousiasme."
Le président américain s'est alors lancé dans un long monologue sur le succès de ses meetings. Mais, encore une fois, quand le journaliste a tenté de contrebalancer ce que Trump avançait en brandissant sous ses yeux sa cote de popularité en chute libre, il a fait face à un mur : "C'est faux. Je ne suis pas à 38 %", a rétorqué le locataire de la Maison-Blanche. "Je ne crois pas qu'on puisse me battre. Je pense que si j'en avais besoin, ce qui n'est pas le cas, j'aurais 60 %."

Le président américain se raconte-t-il des salades ?
Mais Donald Trump est-il réellement persuadé de ce qu'il avance ? Pense-t-il vraiment être imbattable ? Ce n'est pas la première fois qu'il conteste en tous les cas les résultats des enquêtes d'opinion. On se souvient qu'à la tribune de l'ONU en septembre 2025, il s'était enthousiasmé d'avoir "atteint les meilleurs chiffres jamais enregistrés dans les sondages", alors que les résultats des enquêtes d'opinion lui étaient déjà largement défavorables.
On le sait : le président américain ne retient que les bribes de réalité qui sont à son avantage et ne se gêne d'ailleurs pas pour la déformer quand cela l'arrange. Mais, malgré ses tentatives d'enjoliver la situation, un vent de panique gagne ses rangs, depuis plusieurs mois. Ce qui se remarque même dans le comportement du locataire de la Maison-Blanche, dont les attaques à l'égard de ses adversaires se sont faites encore plus virulentes. Ou encore, dans le choix de certains candidats républicains de se distancier du chef d'Etat. "Monsieur le Président, certaines de vos mesures de contrôle de l'immigration sont allées trop loin", a notamment déclaré récemment dans une vidéo de campagne Maria Elvira Salazar, députée républicaine de Floride.
D'autant que les raisons du désamour grandissant des Américains pour leur président sont nombreuses : "Après 21 mois au pouvoir, il n'a pas livré ses promesses", a exposé le politologue Frédérick Gagnon, interrogé par nos confrères de La Presse. "Le coût de la vie, l'économie et l'inflation causent des maux de tête quotidiens à la population. La création d'emplois et la gestion de l'immigration sont critiquées." Et puis, il y a évidemment la guerre en Iran, qui suscite toujours davantage d'incompréhension auprès des citoyens. "Les électeurs établissent un lien direct entre la guerre et la hausse du coût du pétrole", a poursuivi le spécialiste, concluant toutefois qu'il serait "surprenant" de voir la cote de popularité du président encore davantage chuter dans les prochains jours.
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