"J’aime les petites fesses des petits garçons" : un quinquagénaire évoque des "pulsions" incontrôlables face au tribunal de Nîmes

"J’aime les petites fesses des petits garçons" : un quinquagénaire évoque des "pulsions" incontrôlables face au tribunal de Nîmes

Il avait déjà été condamné dans le passé pour agressions sexuelles. Ce mercredi 12 août, un quinquagénaire a de nouveau été jugé devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Cette fois, pour détention d’images d’un mineur présentant un caractère pornographique. 146 photos ont été retrouvées dans son téléphone. Il a écopé de dix-huit mois de prison.

"Je suis un pédophile". Ce sont les mots que ce quinquagénaire aurait hurlés au téléphone, sous l’effet de l’alcool, dans la nuit du 9 juin. Entendue par sa voisine, la conversation a été signalée dès le lendemain à la gendarmerie de Remoulins. "Vous auriez également dit : "J’aime les petits garçons et les petites fesses des petits garçons." Et que vous ne pouviez pas contrôler vos pulsions", relate, ce mercredi 12 août, Jérôme Reynes, le président de l’audience au tribunal correctionnel de Nîmes.

146 images de jeunes garçons retrouvées sur son téléphone

Face à lui, les mains jointes dans le dos, témoignant une certaine gêne, le prévenu reconnaît avoir tenu ses propos et son attirance pour les jeunes garçons. Ces aveux, il les aurait faits à son amie, car il soupçonnait que ses antécédents judiciaires avaient fuité dans son village, situé à l’est de Nîmes. L’homme, aujourd’hui sous contrôle judiciaire, a, en effet, déjà été écopé de neuf ans de prison pour agressions sexuelles sur mineurs. Il a également été condamné en 2017, déjà, pour détention d’images de mineurs présentant un caractère pornographique.

Lors des investigations, 146 captures d’images provenant d’Instagram ont été retrouvées dans la corbeille du téléphone. Des photos où l’on aperçoit des jeunes enfants, âgés entre 3 et 13 ans, dénudés, "dans des positions pas très naturelles", précise le président.

Des recherches préoccupantes sur Internet

Des découvertes préoccupantes, qui ne s’arrêtent pas là. Les historiques de recherches des sites qu’il a consultés font également apparaître des requêtes particulièrement inquiétantes : "pénétration anale forcée d’une jeune fille", "fille en pleur"… "Ce n’est pas très rassurant", soulève le président. Mais le quinquagénaire l’assure, il n’avait pas l’intention de passer à l’acte. "Le seul moyen de sortir de tout ça, c’est d’être suivi à vie", concède le prévenu, qui assure que le suivi sociojudiciaire qu’il a suivi pendant quinze ans, avant qu’il prenne fin, l’avait beaucoup aidé. "Je me suis tenu éloigné des enfants, je sais que je suis dangereux. Depuis ma première condamnation, je ne suis plus passé à l’acte", poursuit cet homme célibataire et sans enfant.

Le président évoque alors une éventuelle castration chimique, pour mettre fin à ce que l’expert psychiatrique qualifie de "perversion", et qui aurait débuté à l’âge de 16 ans, date de son premier passage à l’acte : "Si c’est le seul moyen, je suis preneur. Car cette attirance pour ces jeunes, c’est affreux", déclare-t-il face au tribunal.

Risque de récidive élevé

Des déclarations qui, pour le procureur Frédéric Kocher, arrivent trop tardivement. "Il n’y a aucune prise de conscience de sa part. Il reconnaît qu’il est attiré, mais quelles démarches il a entreprises ? Il n’a mis en place aucun suivi, alors qu’il dit que ça l’aide", fustige-t-il. Il rappelle également le rapport d’expertise psychiatrique, qui évoque notamment une "dangerosité criminologique avec un risque de récidive élevé". "Donc si l’occasion se présente, je doute que Monsieur se retienne", tranche-t-il. Il requiert dix-huit mois de prison avec mandat de dépôt, un suivi sociojudiciaire d’une durée de dix ans et d’une interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole avec les mineurs.

Mais de son côté, l’avocate de la défense, Me Chrystèle Georges, estime que l’expertise psychiatrique doit être nuancée. "On dit que le niveau de dangerosité est considéré comme moyen à élever à partir d’un résultat de six, alors que lui est à trois. Et puis l’on dit que le sujet est curable et réadaptable avec un suivi strict et un traitement adapté", plaide-t-elle. Elle rappelle également que sur les photos récupérées sur Instagram, il n’y a aucune mise en scène sexualisée.

Après délibéré, le quinquagénaire écope de dix-huit mois d’emprisonnement ferme, assortis d’un suivi sociojudiciaire d’une durée de dix ans avec injonction de soins. Il est également inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). À l’issue de l’audience, l’homme a été conduit par l’escorte policière, menotté, jusqu’à la maison d’arrêt.