« J’avais toujours voulu faire ça » : atteint d’un handicap, Colin, 13 ans, a vu son rêve exaucé à La Seyne
Atteint de pseudarthrose, le garçon de treize ans voulait vivre une journée autour de ses deux passions. Dimanche, il a pris la mer avant l’aube avant de passer derrière les fourneaux avec un chef étoilé. Récit.
-
Copier le lien
-
Mail
-
X
-
Facebook
-
Linkedin
-
Whatsapp
M.D
Mathieu Dalaine
Créé le 7 septembre 2026 • 07:35
Mis à jour le 7 septembre 2026 • 07:35
CYRIL HIELY / Nice-matin
Assister à un concert de Jul. Passer un week-end à Disneyland. Ou même rencontrer Kylian Mbappé. Depuis trente-quatre ans, l’association l’Orchidée permet à des enfants gravement malades de « réaliser leur rêve », quel qu’il soit, entourés de leur famille. Celui de Colin, 13 ans, originaire d’Ardèche, était loin d’être ordinaire.
« Il voulait pêcher un gros poisson et le cuisiner avec un chef étoilé », raconte Ghislaine Monthioux, présidente de la structure basée dans le Rhône. Qu’à cela ne tienne. Il aura fallu parcourir quelques centaines de kilomètres pour lui offrir cette journée pas comme les autres.
Ce dimanche matin, avant même que le soleil ne se lève, Colin a embarqué avec Vincent Goletto, aquaculteur et pêcheur passionné. Direction le pied des Deux-Frères, à La Seyne. Atteint de pseudarthrose - une pathologie osseuse grave - et se déplaçant avec une orthoprotèse à la jambe droite, le garçon a manifestement apprécié la sortie.
« J’ai adoré », glisse-t-il. Le « gros poisson » n’a finalement pas mordu à l’hameçon. Mais loups, bonites, thon, dorade coryphène et calamar blanc sont venus garnir le bateau. Une première partie du défi était accomplie. Restait la seconde : passer derrière les fourneaux.
Un lieu atypique
CYRIL HIELY / Nice-matin
Ghislaine avait les coordonnées de Mickaël Feval, qui avait décroché une étoile au Guide Michelin pour son restaurant éponyme à Aix-en-Provence, en 2017 et 2018. Le chef connaissait Patrick Mendes, à la tête des Poissons de Tamaris, entreprise qui valorise les métiers et les produits qualitatifs des artisans-aquaculteurs de la rade de Toulon. Il n’y avait plus qu’à provoquer la rencontre.
Quelques coups de fil plus tard, tout le monde s’est retrouvé à la ferme aquacole sur pilotis « Cachalot », au cœur de la baie de Tamaris. Un lieu atypique dans un cadre idyllique.
Au menu : tartare de poisson, avec quinoa « pour le croquant », radis, courgettes, framboises et une huître « pour le côté iodé ». Puis un carpaccio de loup au citron vert et à la fleur de sel. Mais avant de goûter, Colin doit mettre la main à la pâte. Ou plutôt aux produits de la mer.
« Déjà, j’apprends à écailler, à nettoyer, puis à lever un filet », explique-t-il, les yeux rivés sur les gestes précis de Mickaël Féval, aujourd’hui à la tête d’une table d’hôtes du côté de Bouc-Bel-Air. L’adolescent observe, reproduit, recommence. Puis se lance à son tour dans la préparation de son carpaccio.
« Il est aux anges »
CYRIL HIELY / Nice-matin
Pour Marie, sa maman, ce moment a une saveur particulière. « Depuis qu’il est tout petit, rien n’a été simple pour Colin. Il a dû subir plusieurs greffes osseuses, des séries d’opérations, de longues périodes de rééducation, des allers-retours incessants avec l’hôpital à Lyon… ».
Mais il y a aussi cette passion pour la cuisine qui grandit avec lui. « Là, on voit qu’il est aux anges. » Devant elle, Colin continue de manier son couteau avec application. « J’avais toujours voulu faire ça… », lâche-t-il, concentré sur son assiette. Puis, après quelques secondes : « Ça me conforte dans mon idée. » Son idée ? Faire de l’art culinaire son métier.
« Pour moi, être chef, c’est d’abord de l’amour et du partage », lance Mickaël Feval, particulièrement attaché au travail des produits du terroir. « Quand on m’a parlé du projet, ça m’a semblé naturel de donner un peu de mon temps pour Colin. Et voir son sourire, là, tout de suite, c’est la plus belle des récompenses. »
Pour Ghislaine Monthioux, le pari est lui aussi réussi. « Tout le monde est ravi. Notre souhait, c’est ça : que la famille puisse se dire qu’elle passe un bon moment grâce à l’enfant ».
-
Copier le lien
-
Mail
-
X
-
Facebook
-
Linkedin
-
Whatsapp
Vous utilisez un AdBlock ?
Vous pouvez le désactiver pour soutenir la rédaction du groupe Nice-Matin qui travaille tous les jours pour vous délivrer une information de qualité et vous raconter l'actualité de la Côte d'Azur
Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.
Si vous souhaitez conserver votre Adblock vous pouvez regarder une seule publicité vidéo afin de débloquer l'accès au site lors de votre session