« J’avais un problème dès que je voyais du bleu ça me rendait malade » : il est jugé par le tribunal de Grasse pour avoir menacé des policiers

« J’avais un problème dès que je voyais du bleu ça me rendait malade » : il est jugé par le tribunal de Grasse pour avoir menacé des policiers

« J’ai pas capté que c’étaient des policiers ». Dans le box vitré de la salle d’audience du tribunal correctionnel de Grasse, l’homme bouge les mains, tente de se justifier. A. 48 ans tente de se justifier. Les faits remontent au 5 juillet dernier, à Cannes. Interpellé par la police, appelée pour un signalement d’un différend familial, A. prend la fuite.

« Les policiers étaient descendus d’un véhicule banalisé et avaient énoncé leur qualité à haute voix, vous les identifiez tout de suite comme policiers », détaille la présidente du tribunal Mariel Dubreuil.

Au lieu de se rendre, A. passe un portillon qu’il bloque et se met à courir. Les policiers lui demandent de s’arrêter et font usage de leur taser, sans succès. L’homme escalade une grille en fer où il se blesse les mains au passage avant d’être rattrapé quelques centaines de mètres plus loin.

L’arrestation est difficile, « vous êtes déchaîné », poursuit la présidente qui décrit un contexte violent, le frère du prévenu se présentant sur les lieux avec une poutre d’un mètre quatre-vingt, dont il menace les policiers. « Qu’est-ce qui fait que vous n’étiez pas vous-même ? », interroge la magistrate. « J’ai paniqué, poursuit le prévenu qui explique avoir vivement réagi à la douleur du taser. J’ai pété les plombs quand ils l’ont utilisé. »

Sentiment d’impunité

Sur les 14 condamnations que porte son casier judiciaire, 8 ont pour victimes des policiers ou des gendarmes, poursuit le tribunal. « J’avais un problème, justifie le prévenu, dès que je voyais du bleu ça me rendait malade. Aujourd’hui, quand je vois un policier ça va. »

La procureur Ludivine Counoy-Nicolle commente : « On est sur un sentiment d’impunité inquiétant, le fait que plusieurs équipages aient dû intervenir est rare. »

Six appels en renfort ont eu lieu. « On imagine la terreur des policiers qui intervenaient pour des violences intrafamiliales », poursuit le ministère public.

« Mon client reconnaît ses torts, plaide maître Elif Kayi-Chasseur. On n’est pas dans une haine froide de la police. » Le tribunal a finalement condamné A. à vingt mois d’emprisonnement et prononcé son maintien en détention.