Jane Goodall : « Ce que vous faites fait la différence » : la micro-action quotidienne pour retrouver un sens à sa vie

Jane Goodall : « Ce que vous faites fait la différence » : la micro-action quotidienne pour retrouver un sens à sa vie

Lorsque les grands objectifs semblent hors de portée, une action de quelques minutes seulement peut changer le cours de la journée et redonner le sentiment d'avancer.

Il y a des jours où il est difficile de ne pas se dire : « À quoi ça sert d’essayer ? ». Ce n’est pas forcément une crise. Cela peut simplement être la fatigue accumulée de faire des efforts sans voir de résultats concrets, ou le sentiment que ce que l’on fait est trop insignifiant pour changer quoi que ce soit. C’est un état d’esprit très courant, mais aussi l’un des plus paralysants.

Jane Goodall a passé des décennies à œuvrer pour des causes qui, vues de l’extérieur, semblaient trop vastes pour une seule personne. Ce qu’elle a appris se résume bien en une phrase : « Ce que tu fais fait la différence, et c’est à toi de décider quel genre de différence tu veux faire. » Ce n’est pas un appel à accomplir de grands exploits. C’est une réflexion sur l’échelle à laquelle le sens de l’action prend véritablement tout son sens.

Pourquoi voir grand peut paralyser

Lorsqu’une personne se sent découragée, lui suggérer de « changer le monde » ou de « poursuivre sa raison d’être » a souvent l’effet inverse de celui escompté. Le fossé entre là où elle en est et là où elle devrait être semble trop grand, et cette distance engendre l’immobilisme. Le cerveau interprète l’ampleur du problème comme un signe qu’il est inutile de s’y attaquer.

Ce qui brise ce cercle vicieux, c’est quelque chose de bien plus modeste : une action de deux à dix minutes qui laisse une trace concrète, aussi discrète soit-elle. Non pas parce que cette action va résoudre un problème majeur, mais parce qu’elle redonne au corps et à l’esprit la certitude que quelque chose a changé grâce à ce que j’ai fait.

Trois types de micro-actions pour commencer

La question utile à se poser avant de choisir est simple : qu’est-ce que je peux améliorer de 1 % aujourd’hui ? À partir de là, trois pistes s’offrent à vous :

Pour soi-même :

  • Boire un verre d’eau avant de s’asseoir pour travailler.
  • Sortir se promener dix minutes sans son téléphone portable.
  • Ranger la table ou l’espace où l’on passe le plus de temps.
  • Préparer quelque chose de concret pour demain : les vêtements, le repas, peu importe.

Pour son entourage :

  • Recycler quelque chose qui attendait depuis plusieurs jours.
  • Arroser une plante ou nettoyer un coin qui dérangeait visuellement.
  • Ramasser quelque chose par terre dans la rue en passant.

Pour les autres :

  • Envoyer un message à quelqu’un à qui on n’a pas dit de gentillesse depuis longtemps.
  • Aider à régler une petite formalité qui représente un obstacle pour l’autre.
  • Remercier quelqu’un pour quelque chose de manière concrète, et non pas de façon générique.

Aucune de ces actions ne change la situation globale de qui que ce soit. Ce qui change, en revanche, c’est l’ambiance de la journée, et le sentiment de ne pas avoir simplement laissé passer les heures.

Comment terminer la journée par ce geste

Une pratique qui renforce cet effet consiste à noter, à la fin de la journée, une phrase brève et sans prétention : « Aujourd’hui, j’ai fait ceci et cela a changé cela ». Cela peut être aussi simple que « aujourd’hui, j’ai rangé la table et je me suis senti moins submergé » ou « aujourd’hui, j’ai écrit à ma mère et j’étais content de l’avoir fait ». L’objectif est de rendre visible ce qui, autrement, passerait inaperçu.

Avec le temps, cette liste de petites actions devient la preuve que quelque chose s’est produit, qu’il y a eu des jours où l’on a choisi d’agir plutôt que de rester inactif. Cela a un poids en soi que les grands objectifs parviennent rarement à atteindre à eux seuls.

Goodall ne disait pas qu’un seul geste sauverait quoi que ce soit. Elle disait que chaque personne décide du type de différence qu’elle souhaite apporter. Cette différence n’a pas besoin d’être énorme pour être réelle. Parfois, un geste discret suffit à donner une autre tonalité à la journée, et cela vaut déjà la peine d’être fait.