« Je fais de la musique pour me dire que je suis pas toute seule dans mes problèmes, qu’il y a des gens que ça touche » : au Mas des Escaravatiers, Jennifer Ayache revient sur les presque 30 ans de Superbus
Ce mercredi 19 août, Superbus était à l’affiche du Mas des Escaravatiers, à Puget-sur-Argens. Une premiere pour eux sur la scène du festival. Près de trente ans après avoir créé Superbus, Jennifer Ayache poursuit l’aventure avec OK KO, septième album du groupe, sorti en 2025 après dix ans de pause. Le disque mêle cinq nouvelles compositions et des revisites de leurs titres emblématiques.
Quelques heures avant de monter sur scène, la native de Cannes - partie à Paris à 2 ans mais qui revient sur la Côte « pratiquement chaque année. J’ai encore de la famille à Cannes, mon papa, ma grand-mère, je viens au moins une fois par mois » - est revenue sur son parcours avec Superbus, leur dernier album et ses envies en solo.
Si OK KO, leur 7e album, présente cinq titres originaux, Superbus a aussi choisi de proposer de nouvelles versions de leurs tubes, comme Lola ou Butterfly, sortis au début des années 2000.
Pour Lola, c’est Hoshi et Nicola Sirkis qui appraissent en featuring sur l’album. Un choix lié à leur proximité avec Jennifer Ayache et au message porté par le morceau, qui évoque notamment l’ouverture et l’orientation sexuelle. « Ce sont deux artistes que j’aime beaucoup et avec qui on est assez proches. Ça me paraissait une évidence de leur demander de venir faire un feat sur Lola ». Près de vingt ans après sa sortie, Lola continue de trouver un écho auprès du public. « Ça m’a vraiment touchée et ça me permet d’être complètement libre de parler de sujets comme ceux-là. »
L’album accueille également Rori, une jeune artiste belge, sur une version de Butterfly. « On s’est rencontré il y a deux ans sur un concert et on s’est de suite hyper bien entendu. »
Chantal Lauby, du collectif d’humoristes culte les Nuls et maman de Jennifer Ayache, participe elle aussi à une autre version du titre. Kyo apparaît enfin sur OK KO, morceau inédit, qui donne son nom au disque. Un titre choisi pour son aspect graphique, mais aussi pour son sens. « Je me suis dit que ça résumerait bien l’album qu’on était en train de faire, et nos vie à tous dans ce monde très chaotique. Et puis même si on ne sait pas trop où le monde va, on rends “OK” les situations compliquées... »
Musicalement, le groupe a voulu retrouver une partie de la simplicité de ses débuts, en revenant à une formation plus directe. « On a voulu ne pas forcément tenir compte de ce qui de ce qui se faisait et de vraiment redevenir le groupe de rock simple basique qu’on était quand on a commencé. »
« Je ne cours pas après le fait d’être célèbre »
En parallèle de Superbus, Jennifer Ayache s’est lancée dans un projet solo, construit autour de reprises des années 1990 et 2000. Le premier single, Toi et Moi, sorti le 10 juillet, est une adaptation française du titre de 2005 All About Us du duo russe t.A.T.u.
« C’est un projet pour me faire plaisir. J’avais envie de faire des reprises de chansons que j’aime bien sans forcément en parler aux autres et faire ça avec le groupe. Je me suis mis un petit cahier des charges en me disant je vais faire que des covers des années 90-2000 qui m’ont beaucoup influencée. »
La chanteuse a l’habitude de reprendre ces morceaux seule, ce qui a fait naître cette idée d’un nouvel album en solitaire. « J’ai beaucoup de reprises comme ça que je fais toute seule dans ma chambre, là je me suis dit ce serait peut-être le moment de le faire pour de vrai. »
Cette démarche personnelle intervient presque trois décennies après les débuts très médiatisés de Superbus, dont le succès a parfois été difficile à vivre pour la chanteuse. « Ce n’est pas une période que j’ai beaucoup appréciée. Évidemment ça me faisait ultra plaisir que nos albums marchent mais je ne cours pas après le fait d’être célèbre ». Ce qu’elle retient surtout, c’est le lien avec le public. « C’était plus une espèce de reconnaissance, de me dire : “J’ai fait de la musique dans ma chambre et ça a touché des gens” ». La chanteuse de 42 ans conlut : « C’est pour ça que je fais de la musique. Pour me dire que je suis pas toute seule dans mes problèmes, qu’il y a des gens que ça touche aussi. Et qu’on peut tous se rassembler pour faire la fête. »