Série les objets du sport (2/7) : moins de plastique, plus de liberté, pourquoi le protège-tibia des footballeurs ne cesse de raccourcir

Série les objets du sport (2/7) : moins de plastique, plus de liberté, pourquoi le protège-tibia des footballeurs ne cesse de raccourcir

Équipement indispensable pour la sécurité des joueurs, le protège-tibia n'a cessé d'évoluer depuis son apparition, pour devenir de plus en plus discret dans le football actuel, certains joueurs s'en passant carrément.

Aussi étonnant qu'il n'y paraît, le protège-tibia n'est pas né en même temps que le football. Son apparition remonte à l'Antiquité puisque les gladiateurs romains avaient déjà adopté le protège-tibia. Les joueurs des premiers jeux de balle de l'époque en portaient aussi. Le monde du football, lui, devra attendre encore un peu après sa création. Ce n'est qu'en 1874, 11 ans après la création de la Fédération anglaise de football, que l'on trouve une première trace du protège-tibia, invention de Sam Weller Widdowson.

Le joueur de Nottingham Forest est allé chercher son inspiration dans le monde du cricket, sport réputé pour la grandeur de ses protections, avec pour objectif de protéger les joueurs des douloureux coups au niveau du tibia/péroné. À l'époque, le protège-tibia des footballeurs est moins large et long que son homologue utilisé dans le cricket et même si son créateur décide de le raccourcir, il reste très gros et inconfortable. Du coup, les joueurs n'utilisent que très peu l'équipement et ceux qui le portent sont raillés par les autres joueurs.

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Les générations se succèdent et même les stars comme Pelé, Platini & co ne portent toujours pas de protection, désireux de conserver la liberté qui incombe à leur statut d'artiste du ballon rond.

Finalement, alors que le jeu devient de plus en plus physique, que les contacts sont plus rugueux et que la FIFA veut éviter un accident dramatique, elle rend le protège-tibia obligatoire en 1990. Jugées trop rigides, lourdes, inconfortables et irritantes, les premières versions sont loin de faire l'unanimité et sont même jugées responsables de la piètre qualité footballistique proposée lors de la Coupe du monde 1990.

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Face aux remarques des joueurs, les marques vont alors faire évoluer cet équipement de protection pour le rendre plus confortable et léger. Des chevillères sont ajoutées pour une meilleure protection et une meilleure stabilité. Une version délaissée ces dernières années pour un protège-tibia qui est devenu de plus en plus léger et petit. Au point de devenir presque invisible dans le football d'aujourd'hui, certains pesant moins de 100 grammes et dotés d'une technologie qui assure la protection du tibia du joueur, sans entraver la fluidité de ses mouvements.

Les protège-tibias modernes sont de plus en plus petits.
Les protège-tibias modernes sont de plus en plus petits. ©botte

Le protège-tibia va-t-il disparaître ?

S'il est de plus en plus petit, le protège-tibia est carrément délaissé par certains joueurs. Des rapports soulignent d'ailleurs que les gros protège-tibias rigides bloquent une partie de l'amplitude naturelle de la cheville et du mollet à chaque foulée, à chaque changement de direction, à chaque frappe de balle. Sur 90 minutes, cette gêne mécanique se traduit par une fatigue plus rapide, une sensation de jambe lourde et une perte de précision technique. Ce qui explique la diminution de sa taille au fil des années, sans que cela ne soit sanctionné par les instances du football puisqu'aucune taille minimale n'est imposée par le règlement.

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Les joueurs sont mieux protégés qu'avant et optent pour des équipements minimalistes.

Avec une question, ces mini-protège-tibias peuvent-ils mettre en danger le joueur ? Pas vraiment si l'on en croit certains médecins du sport ou membre de staff comme Michel Kergastel, le médecin du Stade Brestois. "Le jeu et l'arbitrage ont changé. Les gestes invasifs, les tacles assassins sont beaucoup plus sanctionnés qu'il y a quelques dizaines d'années, par des cartons rouges (et d'éventuels appels du VAR). Il y a donc moins de gestes brutaux et, souvent, ces mouvements susceptibles de blesser sont retenus. Donc les joueurs sont mieux protégés qu'avant et optent pour des équipements minimalistes, qui ne servent qu'à entrer dans les clous mais ne protègent pas grand-chose", a-t-il confié à nos confrères de L'Équipe.

Et ce dernier de comprendre le choix des joueurs, remettant même en cause l'utilité de cet élément de protection réduit à sa plus simple expression dans le football moderne. "On leur impose déjà suffisamment de choses au quotidien sur la nutrition, la façon de vivre, le suivi traumatologique… Là, ils se gèrent tout seuls, confirme le médecin du Stade Brestois. Et même si je considère que plus on est protégés mieux c'est, à mon échelle, j

e n'ai pas constaté ces dernières années de lourdes blessures qui auraient pu être évitées avec un gros protège-tibia. Les attaques qui blessent viennent souvent de derrière et la plupart des fractures des os de la jambe sont aujourd'hui davantage liées à la sursollicitation qu'à des chocs."

De quoi bientôt mener vers un football sans protège-tibia ?

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