"Je ne suis pas Cruella": la sénatrice socialiste Catherine Conconne, qui propose d'abattre les chiens errants en Martinique, se défend

"Je ne suis pas Cruella": la sénatrice socialiste Catherine Conconne, qui propose d'abattre les chiens errants en Martinique, se défend

Publié aujourd'hui à 18h43

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Marie-Pierre Bourgeois

Des chiens errants le 14 décembre 2018 à La Réunion

Des chiens errants le 14 décembre 2018 à La Réunion - Khaled Desouki - AFP

La sénatrice socialiste Catherine Conconne veut autoriser l'abattage des "meutes de chiens errants prédateurs" et soulève une levier de boucliers parmi les associations de défense des animaux. L'élue martiniquaise, elle, persiste et signe.

La méthode controversée pour éradiquer les loups bientôt employée contre les chiens errants en outre-mer? C'est le sens d'un amendement à la "loi d'urgence agricole" adoptée début juillet par le Sénat et désormais prête à revenir à l'Assemblée et la chambre haute après un accord au Parlement.

"En Martinique, plus de 500 bêtes ont été prédatées par des chiens errants en 2025 et près de 200 depuis le début de l'année", peut-on lire dans cet amendement déposé par la sénatrice socialiste de Martinique Catherine Conconne.

Des "tirs de défense" déjà utilisés pour les loups prédateurs

Pour mettre fin à ce phénomène qui met en danger les éleveurs de chèvres sur l'île, l'élue martiniquaise propose de "doter les préfets des départements et régions d’outre-mer des outils législatifs nécessaires pour répondre efficacement à la crise de la prédation canine sur les troupeaux".

Concrètement, cela signifie que "des opérations de destruction de ces chiens par les agents de la force publique, les lieutenants de louveterie, les agents assermentés chargés de la police de la chasse, ou toute personne titulaire d’un permis de chasser requis par le préfet" seraient possibles pendant "deux mois" en cas "de persistance d'attaques contre des animaux domestiques ou des personnes".

Selon les chiffres communiqués par le Sénat, près de 90% des chiens présents en Martinique ne sont pas identifiés et n'ont donc pas officiellement de propriétaires. De quoi pousser le groupe socialiste qui soutient cet amendement à défendre la méthode, déjà utilisée dans l'Hexagone, de "tirs de défense" sur des loups en cas d'attaque contre des troupeaux, suscitant régulièrement la polémique.

"Une ou deux meutes de chiens" par an

Mais l'extension de ce dispositif à l'outre-mer passe mal. La Fondation 30 millions d'amis a dénoncé dans un communiqué de presse "une mesure disproportionnée".

"Plutôt que d’opter pour des mesures radicales, il conviendrait de s’intéresser aux causes de l’errance animale", écrit ainsi l'association. Et de pointer du doigt des "abandons sauvages", "l'insuffisance de la stérilisation" et "le manque de moyens consacrés à la prévention et à la sensibilisation" des habitants au phénomène d'errance.

Même son de cloche du côté de la Fondation Brigitte Bardot qui qualifie la mesure de "honteuse". "Nous avons écrit au gouvernement, précisent-ils. Nous attendons une réponse à la hauteur de ce projet inacceptable. On ne laissera pas faire".

La sénatrice socialiste Catherine Conconne, elle, accuse les associations d'être "profondément malhonnêtes".

"Je ne suis pas Cruella et les gens qui me présentent comme une tortionnaire d'animaux n'ont pas lu l'amendement", s'agace l'élue martiniquaise auprès de BFM, évoquant ses rencontres avec des éleveurs endeuillés après des attaques sur leurs chèvres.
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Elle juge plutôt que ce texte ne concernerait "qu'une ou deux meutes" de chiens par an sur l'île et que les mesures d'abattage ne seraient appliquées que "lorsque toutes les tentatives de capture ont échoué".

La mesure permettrait également selon elle d'éviter "des tirs non encadrés d'éleveurs" sur les meutes errantes, comportant de fait des risques pour la population.