Je préférerais qu’on nous aime, nous, les Argentins

Je préférerais qu’on nous aime, nous, les Argentins

Opinion.

En 2022, les deux tiers de la planète souhaitaient la victoire de l’Argentine à la Coupe du monde au Qatar. Quatre ans plus tard, l’équipe emmenée par Leo Messi, qui dispute la finale du Mondial ce dimanche 19 juillet face à l’Espagne, suscite rancœur et complotisme chez de nombreux suiveurs. Alors qu’en Argentine, certains y trouvent du plaisir, cette situation attriste ce journaliste de Buenos Aires.

Une supportrice de l’Argentine, à Buenos Aires, après la victoire contre l’Angleterre, le 15 juillet 2026. PHOTO LUIS ROBAYO/AFP

Après le match contre l’Égypte [le 7 juillet], j’ai été surpris par l’indignation exprimée par une bonne partie de la planète face à la victoire de la sélection argentine. Une colère alimentée en partie par ce que certains considéraient comme des erreurs d’arbitrage (certains disaient même que la Fifa avait donné la victoire à l’Argentine), et en partie par une rancœur plus profonde qui couve depuis des années, en particulier chez les supporteurs mexicains et espagnols, mais aussi ailleurs dans le monde.

Comme les messages sur X sont désormais automatiquement traduits, j’ai pu lire les posts des commentateurs et des supporteurs étrangers qui disaient les pires horreurs sur l’Argentine. Parfois, la distinction entre rivalité sportive et animosité contre tout un peuple était évidente, et parfois beaucoup moins. Après avoir lu ces critiques, avoir vertement répondu, puis amèrement regretté, je me suis mis à me demander ce que je pensais de cette agressivité envers mon pays.

J’étais surtout en colère contre ces commentateurs aux CV prestigieux, titulaires de doctorats ou lauréats de prix internationaux, qui abandonnaient toute rigueur professionnelle pour diffuser des théories complotistes. Comme Garry Kasparov. Je le suis depuis des années et j’admire son courage face au régime cri

Offres spéciales

Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous

Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale.

Dès 2,99 €/mois

Sans engagement • Résiliable en ligne

Sur le même sujet

Source de l’article

Seúl (Buenos Aires)

Seúl est une revue en ligne d’opinion et d’analyse, lancée début 2021 par un ancien haut fonctionnaire du gouvernement libéral de droite de Mauricio Macri (2015-2019). Son titre, qui fait allusion à la capitale de la Corée du Sud, est à la fois une boutade et une déclaration de principes dans une Argentine très polarisée politiquement. La première lettre d’intention de la revue décrit : “Nous nous définissons comme des défenseurs de la démocratie et des institutions républicaines d’un côté, et de l’autre, d’un capitalisme basé raisonnablement sur le fonctionnement des marchés et du commerce international. Comparée à Pyongyang, Séoul est indubitablement plus démocratique et prospère”. Implicitement, c’est une manière d’associer le péronisme à la Corée du Nord. Deux tiers du financement de la revue sont assurés par ses abonnés.

Lire la suite

Nos services