«  Je suis en bonne forme » : l’invincible Tadej Pogacar éblouissant dans le contre-la-montre initial de la Vuelta, chez lui, à Monaco

«  Je suis en bonne forme » : l’invincible Tadej Pogacar éblouissant dans le contre-la-montre initial de la Vuelta, chez lui, à Monaco

Déconcertant, ébouriffant, grandiose. On manquerait bien de superlatifs pour évoquer cette nouvelle page de la légende Tadej Pogacar. Écrit sur la ligne d’arrivée du Grand Prix de Formule 1, le succès du bolide slovène s’inscrit dans la même lignée que celui soufflé à Mathieu van der Poel pour 31 centièmes sur la 4e étape du Tour de Suisse il y a deux mois.

Cette fois, la marge a été encore plus réduite. Neuf minuscules centièmes sur le pauvre Britannique Ethan Hayter, qui pensait signer la plus belle victoire de sa carrière, ont suffi à faire rugir le public du Rocher, pas seulement témoin d’une victoire mais d’un message envoyé d’entrée de jeu à ses concurrents, si tant est qu’il y en ait. « Je ne m’attendais pas vraiment à gagner », réagissait en toute décontraction l’ogre Tadej après avoir enfilé, déjà, le maillot rouge de leader.

« C’était agréable de pouvoir tester les routes de la maison en course, et c’est spécial de gagner ici. Quand j’ai entendu à l’oreillette que j’avais deux secondes de retard à l’intermédiaire, je me suis dit que c’était le moment de tout lâcher. J’ai eu des hauts et des bas depuis le Tour de France, mais désormais, je suis en bonne forme », a complété le résident de la Principauté, plus fort que tout le monde, y compris Wout van Aert, 8e. « Je suis certain que j’ai perdu le temps qui me manque dans les virages. Je n’ai pas pris de risques, c’était mon choix. Mais j’ai trouvé certains passages trop techniques. Ce n’est pas une excuse », s’est fendu le Belge.

Les coureurs le savaient pourtant, ce contre-la-montre inaugural avait davantage l’allure d’un prologue. Piégeux, le tracé de 9,4 km dans les rues de la Principauté a fait une victime d’entrée lorsque le vélo du spécialiste français du chrono Bruno Armirail a hypothéqué ses chances de victoire, contraint à en changer au bout de 3 minutes de Vuelta.

Finalement, la mésaventure du triple champion de France du contre-la-montre a été le seul véritable accroc digne de ce nom parmi les potentiels prétendants au podium. Il faut dire que le Suisse Stefan Küng, vainqueur du même exercice en Pologne au début du mois et outsider naturel, n’a pas pris beaucoup de risques dans les virages princiers (12e à l’arrivée).

Chose que le Français Léo Bisiaux a su faire. Brillant, celui qui est loin d’être un spécialiste du contre-la-montre a pourtant reçu la marée de journalistes sur la ligne d’arrivée. Et pour cause, il venait tout juste de signer en 11’’05 le meilleur temps provisoire, coiffant pour une seconde son coéquipier australien Oscar Chamberlain. « C’est super pour bien rentrer dans la Vuelta. L’objectif, c’était pourtant juste de pas se mettre au sol parce qu’il y a trois grosses semaines qui m’attendant avec Félix (Gall, son leader chez Décathlon CMA-CGM, ndlr) ». Malade l’an dernier sur la même course, l’autre crack tricolore derrière Paul Seixas a apprécié ce parcours sinueux et exigeant, aux bons souvenirs de sa discipline d’origine. « Ça se rapproche d’un parcours de cyclo-cross, je ne suis pas si surpris d’avoir les jambes », confiait celui qui n’allait conserver son trône que 5 minutes seulement, battu par Callum Thorney.

Joshua Tarling, au nom du frère

Mais c’est encore un autre Britannique qui a suscité l’émotion sur le Rocher. À l’instar de Léo Bisiaux, Johua Tarling a pris provisoirement la tête, poussé par une force supérieure. Son frère Finn, mortellement renversé à 19 ans par une voiture il y a une semaine sur le Tour du Portugal, était quelque part sur le vélo en même temps que son aîné, au visage incrédule à l’arrivée, envahi par des émotions contraires. Troisième du chrono, le coureur de Netcompany Ineos, acclamé sur le podium pour son maillot blanc, a rendu le plus bel hommage qui soit à son frangin.