Reportage Afrique - JOJ Dakar 2026: en RDC, Mervie Yemebele, un jeune talent de l'épée congolais [1/5]
En République démocratique du Congo, Mervie Yembele, 16 ans, est l’un des neuf athlètes congolais sélectionnés pour participer aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar prévus du 31 octobre au 13 novembre. Sa discipline : l’escrime qu'il pratique au quotidien à Kinshasa.
Les lames des escrimeurs s’entrechoquent dans la commune de Lemba, à Kinshasa. Sur un terrain de sport en plein air, une poignée de jeunes, en tenue blanche, manient l’épée ou le fleuret. Parmi eux, Mervie Yembele. « Je m'entraine tous les matins de 8 h à 11 h ou 12 h, du lundi au samedi ; et le soir, mardi, jeudi et samedi », précise-t-il.
Un programme chargé car à 16 ans, le jeune escrimeur se prépare à participer à ses premiers Jeux olympiques de la jeunesse. Son arme de prédilection : le sabre. « La façon de marquer par l'arme et tout, parade et tout. Avec toute cette rapidité dans une tierce de minutes, c'est vraiment chouette », explique-t-il.
Pourtant, il y a quelques années encore, Mervie Yembele ne connaissait pas l’escrime. C’est en regardant les Jeux olympiques de Rio, au Brésil, en 2016, qu’il découvre cette discipline. « Il y a des gens qui se focalisent maintenant à la télé : "Il y a les Jeux olympiques, il y a les Jeux olympiques !" Je voyais des gens porter des tenues et des lames. Je me demandais : c'était quoi en fait ? Et je pensais que c'était seulement à l'extérieur du pays. Et du coup, après un moment, on a contacté mon maître en me disant que "non, ça existe aussi en RDC". Puis, j'ai adhéré à la Fédération », raconte-t-il.
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Visage dissimulé derrière son masque, jambes fléchies en position de garde, le jeune athlète peaufine sa technique. Son objectif : décrocher une médaille aux Jeux olympiques de la jeunesse. « C'est vraiment un honneur pour moi de participer aux JOJ. La RDC ne compte pas de médaille olympique et du coup, aujourd'hui, je crois que c'est ma chance. Je dois saisir cette opportunité et ramener la toute première médaille olympique pour la République démocratique du Congo », affirme-t-il.
Mais pour atteindre ce rêve, encore faut-il disposer des moyens nécessaires. Un défi pour ce jeune sportif congolais, comme l’explique Anaël Konga, vice-président de la Fédération congolaise d’escrime.
« Les conditions d'entraînement sont vraiment médiocres. La fédération n'a pas de salle, nous n'avons pas de sponsors. On n'arrive pas vraiment à former suffisamment d'athlètes pour répondre aux besoins des compétitions. Le rendement sera assez difficile, mais comme le cœur y est. Alors on essaie de faire avec. »
La Fédération congolaise d’escrime compte un peu plus d’une centaine de licenciés.
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