Des propos « graves » mais… Les Français partagés sur une démission de Bardella - EXCLUSIF

Des propos « graves » mais… Les Français partagés sur une démission de Bardella - EXCLUSIF

Politique 03/10/2026 07:45 Actualisé le 03/10/2026 09:16

Les propos antisémites attribués au président du Rassemblement national n’affectent nullement son image dans l’opinion, selon l’enquête YouGov réalisée pour Le HuffPost.

Jordan Bardella, ici en déplacement le 19 septembre 2026

SAMEER AL-DOUMY / AFP

Jordan Bardella, ici en déplacement le 19 septembre 2026

EN BREF
• Les révélations de Mediapart sur les propos antisémites de Jordan Bardella suscitent des réactions politiques, mais divisent l’opinion publique française.
• Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost, une large majorité juge les propos « graves ».
• Mais à ce stade, seuls 38 % estiment que le président du RN devraient démissionner et 35 % que Marine Le Pen prenne ses distances avec lui.

L’IA au HuffPost.

Bardella démission ? À la lumière des révélations de Mediapart sur les propos antisémites tenus par Jordan Bardella dans sa jeunesse, des responsables politiques de gauche comme de droite ont appelé le président du RN à en « tirer les conséquences » en démissionnant de ses fonctions. Mais cet avis n’est pas tout à fait partagé par les Français.

La gravité des propos de Jordan Bardella ne fait aucun doute pour 60 % des personnes interrogées dans l’enquête d’opinion menée par notre partenaire YouGov et dont nous publions les résultats ce samedi 3 octobre. Les propos du président du Rassemblement national - pour qui, selon les écrits exhumés, « les banques sont toutes détenues par des Juifs » ou « le juif doit dominé (sic) les autres peuples » - sont même jugés « très graves » par 65 % des sympathisants de gauche et 46 % de ceux ayant des affinités avec la macronie.

Mais si la condamnation est unanime, les conséquences à en tirer ne le sont pas. 47 % des personnes interrogées estiment que ces révélations ne doivent pas pousser Jordan Bardella à démissionner de la présidence du Rassemblement national. Et ils ne sont que 38 % à affirmer le contraire. Au sein des sympathisants RN, la démission du chef n’est même pas un sujet : 92 % des sondés l’excluent et ils ne sont que 3 % à ne pas fermer la porte en répondant un timide « oui probablement ».

L’image de Bardella intacte dans l’opinion

Au sein du parti lepéniste, les révélations de Mediapart sont même balayées d’un revers de main. 62 % des personnes interrogées et revendiquant leur proximité avec l’extrême droite les jugent « pas graves » et ils sont même 34 % à les qualifier de « pas graves du tout ». Dès lors, il n’y a aucune raison pour 90 % d’entre eux que Marine Le Pen prenne ses distances avec son protégé. À l’échelle de l’ensemble des sondés, ils sont 45 % à partager le même avis.

Engagée dans sa quatrième course à l’Élysée, Marine Le Pen affiche sa solidarité avec celui qu’elle entend nommer à Matignon en cas de victoire. « Nous portons à Jordan Bardella une confiance absolue, et rien n’entravera notre volonté et notre détermination », a-t-elle déclaré. Quitte à être éclaboussée et à baisser en popularité ? À ce stade, le risque semble faible. Les deux têtes du RN occupent toujours les deux premières places dans le classement des personnalités YouGov.

Avec 40 % d’opinions favorables, Jordan Bardella devance toujours d’un point la candidate à l’Élysée, comme lors des mois précédents. De quoi conforter un parlementaire RN qui, tout en reconnaissant que la séquence « n’aidait pas » à la stratégie de dédiabolisation du parti, pariait : « Je pense que ça n’aura pas d’impact car on a été tellement attaqué, justement ou injustement, que ça ne porte plus ». À moins, peut-être, que la justice saisie par Jordan Bardella confirme l’authenticité des documents fournis par Mediapart et écorche ainsi définitivement le ripolinage de façade du parti d’extrême droite.

L’enquête a été réalisée sur 1007 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France 29 septembre au 1er octobre 2026.