Jusqu'à 50.000 euros: Roland Lescure annonce que les commerçants sinistrés après le 17 octobre auront accès dès vendredi à un prêt à taux zéro pour leur trésorerie
Jusqu'à 50.000 euros: Roland Lescure annonce que les commerçants sinistrés après le 17 octobre auront accès dès vendredi à un prêt à taux zéro pour leur trésorerie
Publié aujourd'hui à 13h02
Lire dans l'appCes prêts serviront à soulager la trésorerie des commerçants, qui n'auront qu'à déclarer un sinistre auprès de leur assurance pour avoir "droit à ce prêt de trésorerie", a précisé le ministre de l'Économie et des Finances.
Le gouvernement va mettre en place "à partir de vendredi" un prêt à taux zéro jusqu'à "50.000 euros", opéré par Bpifrance, "pour tous les commerces sinistrés" après les violences et les pillages ce week-end, a annoncé ce mardi le ministre de l'Économie Roland Lescure.
Ces prêts gérés par la banque publique d'investissement Bpifrance serviront à soulager la trésorerie des commerçants, qui n'auront qu'à déclarer un sinistre auprès de leur assurance pour avoir "droit à ce prêt de trésorerie", a précisé Roland Lescure à l'issue d'un "conseil des entreprises exceptionnel" à Bercy.
Le prêt doit financer les réparations mais aussi la "reconstitution des stocks", alors que de nombreux commerçants venaient de faire le plein pour Noël.
"Étalement simplifié des charges fiscales et sociales"
Le gouvernement a également donné des instructions au fisc et à l'Urssaf pour permettre un "étalement simplifié des charges fiscales et sociales" des commerçants sinistrés, a annoncé le ministre des Comptes publics David Amiel.
"Au moins 3.000 commerces" ont été dégradés ou pillés en marge des manifestations de samedi contre "la vie chère" puis dimanche dans la soirée, selon le ministre du Commerce Serge Papin. Le gouvernement en recense près de 700 à Marseille.
Pour éviter les licenciements, l'exécutif avait déjà indiqué déclencher un chômage partiel. Les salariés des commerces contraints de fermer toucheront 60% de leur salaire (100% pour les salariés aux Smic). Habituellement, une partie est financée par l'État et l'autre partie par l'employeur. Mais cette fois l'État a décidé de prendre en charge l'intégralité pour les entreprises de moins de 250 salariés.
"Pas de prestations sociales pour des pilleurs"
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a évalué mardi "entre 10.000 et 15.000" le nombre d'emplois concernés, une estimation qui dépendra de la durée des fermetures. Serge Papin a également fait savoir que le "fonds de soutien" précédemment évoqué par le gouvernement serait destiné a priori aux commerces de moins de 50 salariés. Il tiendra compte des pertes de chiffre d'affaires depuis le 17 octobre et ses paramètres doivent être dévoilés en fin de journée.
Pour David Amiel, "il ne peut pas y avoir de prestations sociales pour des pilleurs". Le ministre a indiqué qu'une circulaire demandait aux administrations d'échanger plus vite leurs informations afin de déduire des aides sociales versées les revenus tirés du recel.
Serge Papin et le garde des Sceaux Gérald Darmanin réuniront par ailleurs mercredi les tribunaux de commerce et des activités économiques, à qui ils demanderont une attitude "souple et bienveillante" envers les entreprises fragilisées. Le président du Medef Patrick Martin a accusé mardi matin l'État d'avoir "été défaillant" dans sa gestion des violences urbaines ce week-end. Interrogé sur des commerçants tentés de s'organiser pour se défendre eux-mêmes, Roland Lescure a répondu que leur sécurité relevait avant tout de l'État: "c'est notre rôle, pas le leur".
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