Kévin Thys s'en prend à la gouvernance communale de Brugelette : "Je suis inquiet"
En fin de conseil communal, ce récent jeudi, le conseiller d'opposition Kévin Thys (RC) a ouvert son sac et il a dit ses quatre vérités au collège communal. La raison de ce coup de gueule : l'absence de réponse à une interpellation citoyenne. "Je dois avouer que je suis inquiet. Plus le temps passe et plus j'entends des citoyens qui se plaignent de ne pas avoir de réponse des élus quand ils leur téléphonent ou quand ils font des mails. Mais, plus spécifiquement, j'aimerais aussi parler de ce début d'été. Le collège a reçu normalement une demande d'interpellation citoyenne pour intervenir lors de ce conseil communal. Malheureusement, de ce que j'ai pu constater, ce citoyen n'a eu aucun retour à sa demande, pas même un accusé de réception."
Pas de "preuve"
Selon le conseiller, le seul retour a été un appel téléphonique, le jour même du conseil communal. "Je voudrais vous prévenir de faire très attention parce qu'un coup de téléphone n'est pas une preuve. Demain, si ce citoyen va se plaindre auprès des autorités supérieures, le conseil communal est en défaut vis-à-vis de son règlement. Avec un coup de téléphone, vous n'avez aucune preuve que vous lui avez donné une réponse. Vous n'avez rien de concret."
Kévin Thys ajoute que la réponse a été faite par un service communal, alors que l'interpellation est faite auprès du collège. La directrice générale, Karolina Kawolska, intervient en ces termes. "Lorsqu'on reçoit une demande, on la transmet au service adéquat qu'il l'inscrit à l'ordre du jour du collège. Celui-ci a déjà élaboré des pistes de réponse. Le bourgmestre a proposé de répondre à cette interpellation le mois prochain, car elle a dû prendre des renseignements sur le sujet."
Le conseiller RC ne doute pas qu'il y a des raisons légitimes, mais il ajoute une couche. "Je veux aussi vous sensibiliser à la politesse et au respect. Quand quelqu'un m'envoie un mail, je ne sais peut-être pas répondre concrètement à ses questions, mais j'accuse bonne réception de son message. C'est ce qu'on appelle avoir du respect et de la politesse pour son électorat ou pour ses administrés."
"De moins en moins d'informations"
Il lance alors l'estocade : "Je vois qu'on ne répond pas aux citoyens, je vois qu'on n'a pas les rapports du collège. Je ne veux pas jeter la pierre aux employés communaux dont on connaît la qualité du travail, mais je m'interroge par rapport à la gouvernance de ces employés communaux, c'est-à-dire le collège. Que se passe-t-il actuellement ? Même le service ordinaire commence à poser problème. Qu'on ait du retard ou des problèmes d'avancement dans des projets extraordinaires, ce n'est pas un problème, mais pas dans les choses courantes de la commune. Ça fonctionnait avant et on voit que ça commence de plus en plus à dérailler. Nous sommes dans un quelque chose de plus en plus obscur. Dans l'opposition, nous avons de moins en moins d'informations. Vous nous parlez de transparence et je pensais que vous aviez la même définition que moi. Soit l'honnêteté, la clarté, les informations, l'accessibilité. Mais je me rends compte que, pour vous, la transparence c'est d'être visible quand il s'agit de se montrer, mais de devenir beaucoup plus translucide quand il faut rentrer des comptes ou donner des pièces justificatives à l'opposition. Donc, finalement, je reconnais que vous êtes transparent selon cette définition-là. On voit la vitrine, mais on ne voit pas ce qu'il y a derrière."
La bourgmestre, Isabelle Liégeois (BE), a estimé ne pas devoir répondre à ces accusations.
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